Burundi: Radiation des plus anciennes ligues des droits de l’homme

La plus ancienne ligue burundaise des droits de l’homme, Iteka, a été « définitivement radiée » de la liste des ONG locales autorisées à travailler au Burundi, selon une ordonnance ministérielle rendue publique mardi 3 janvier.
La dissolution d’Iteka fait suite à la publication d’un rapport co-écrit avec la Fédération internationale des droits de l’homme qui fait état de la répression gouvernementale et des violations massives des droits de l’homme.
Le président de la ligue Iteka, Anschaire Nikoyagize, n’est pas étonné de cette radiation. Depuis des semaines, le gouvernement tente de suspendre l’activité d’organismes accusés d’avoir participé aux manifestations contre le troisième mandat du président Pierre Nkurunziza. Les voix de la défense de droits de l’homme se font de plus en plus rares, du côté de la société civile du moins.

« Il a des organisations qui ont été mises en place par le gouvernement burundais, mais ils ne produisent aucun rapport », explique le défenseur des droits de l’homme, Anschaire Nikoyagize. « Dire non aux différentes décisions des institutions nationales ou internationales, non aux rapports produits par les Nations unies, non au rapport produit par organisations comme la ligue Iteka. Les organisations qui osent dénoncer ne sont plus au pays », poursuit l’expert.

« Respecter le droit »

Pour justifier cette ordonnance de radiation, le gouvernement burundais avance que Iteka « amène l’obscurité au pays » et ne respecte pas le droit en vigueur. « Aujourd’hui au Burundi, venez voir. Il y a plus de six mille associations de la société civile. Une association qui ne respecte la loi burundaise, non », argue Gaston Sindimwo, premier vice-président du Burundi. Et d’ajouter : « Vous devez d’abord respecter le droit qui est dans ce pays. Nous sommes là, et nous allons gérer ce qui nous convient pour le respect des droits de l’homme au Burundi. »

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