Bénin/Football: Alphonse HONDJO, ancienne gloire du football aujourd’hui « Un faiseur de star »

Né à Porto-Novo et âgé de 69 ans, Alphonse HONDJO un passionné de football,transmet depuis plusieurs années maintenant sa passion et ses expériences aux jeunes de sa nation dont il voit en eux un avenir promoteur pour redorer le blason du football béninois.

Cette ancienne gloire de football qui a fait les beaux jours du football béninois et européen a bien voulu sortir de l’ombre en se prêtant aux questions de l’ équipe de Business & Actuality tv ce mercredi 25 Avril 2018.

Equipe B&A tv: Bonjour Coach, pouvez-vous nous faire une brève biographie de vous?

Alphonse HONDJO: Bonjour, je réponds au nom de Alphonse HONDJO, je suis né en 1949 à Porto-Novo où j’ai joué dans de petits clubs de quartier. Je suis marié à une femme européenne précisément une Française. Je suis catholique de religion.

E. B&A tv: Coach, pouvez-vous nous parler de votre parcours en tant que joueur amateur?

A. H: Comme je le disais, je jouais dans de petits clubs. Cependant l’équipe qui m’a révélé se nomme Islam. Nous jouions sur un terrain appelé Adjarra-Docodji. C’est un passage obligatoire avant d’accéder aux clubs de renom tels que ASOS, ETOILE. Mon passage dans ce petit club se solda par un succès et je fus appelé à jouer avec l’équipe de l’Etoile. Je devais avoir 14 ou 15 ans quand je partis à Lomé pour mes études de comptabilité à Lomé (Togo). Sur les lieux, je rencontrai un certain AYIGBEDE Toussaint qui jouais dans les quartiers. On faisait parfois des paris et on affrontait des équipes adversaires 2 contre 2, je jouais en attaque et lui en défense. C’est ainsi qu’on se faisait un peu de sous pour prendre de la bouillie tous les soirs car la vie n’était pas trop aisée pour moi au Togo.

Et un jour, il me dit qu’il y’a un club de 2ème division qu’on appelle Djazza Sport, club qui était détenu par un Libanais en ce temps. Je l’ai accompagné et j’ai participé à leur entraînement. Malheureusement, je rencontrai sur place mon directeur d’école car j’étais à l’internat; il m’a remonté les bretelles et m’a fait quitté les lieux. Plus tard dans la journée, mon ami Toussaint me dit que le directeur veut que j’évolue dans son club à lui raison pour laquelle il n’a pas apprécié ma présence sur le terrain de Djazza Sport. (Il rit) Mon directeur me surnommait « Petit Soldat ». Je demandai à mon ami quel était le nom du club du directeur et il me répondit Model de Lomé qui est l’un des 2 plus grands clubs de Lomé. J’hésitai car j’aimais beaucoup mon club de Porto-Novo mais mon ami finit par me convaincre de jouer avec l’équipe du directeur.

J’évoluais en cadet, puis on m’a classé junior et par la suite les dirigeants voulu me classer en senior compte tenu de mes performances (j’ai été meilleur buteur lors du championnat scolaire) mais le médecin du club refusa car j’étais trop petit. Et tout ça dans la même année! Au fil du temps je passai en senior avec le club Model de Lomé. Y’avait de très grands joueurs et je me demandai ce que je faisais là! (Il rit)

E. B&A tv: Vous étiez un élève selon vos dits, mais qu’est-ce qui a créé en vous l’amour pour le football pour que vous tournez la page Etude?

A.H: J’ai fréquenté le collège Saint François Xavier où je jouais avec Govou Georges, le père de Sydney GOVOU. Nous avons joué ensemble jusqu’au soir de sa vie. (Il ouvre une parenthèse) Sydney GOVOU est né dans mes bras et jusqu’à présent, il m’appelle affectueusement Papa. Govou Georges était très fort, il éliminait ses adversaires avec une facilité que ça me donnait l’envie de faire comme lui. J’ai ce don de copier ce que les autres font lorsque je les voie. J’avais aussi un cousin qui évoluait avec ASOS de Porto-Novo, il avait des frappes nucléaires (il rit). Quand il revient de ses entraînements avec le ballon, je m’exerçais à frapper comme lui. Et à vouloir copier tous ces bons joueurs, je développai ainsi d’autres talents que les gens extérieurs ont tout de suite remarqué.

L’amour du football est né concrètement lors d’un match avec le club Islam dans lequel j’évoluais. Le terrain était bondé de monde, et n’étant pas habitué à une aussi grande foule, et avec le stress, je marquai un but mais dans mon propre camp et ce dès mon premier ballon. (Il rit) Les supporters étaient rouge de colère! Par la suite, je reçus un ballon et mon capitaine me laissa frapper, je reçu là ses encouragements. Je me retrouvai et je faisais des gestes impensables (Neymar est encore loin de moi dit-il en riant) et à la fin du match on me souleva en triomphe et on me remettait de l’argent. Je me suis dit mais dis donc, je ressens la joie quand je mets un but, mais au-delà de ça on me donne de l’argent (tout en riant), c’est exceptionnel. Voilà comment est venu mon amour pour le football.

E. B&A tv: Parlez nous un temps soit peu de votre carrière de footballeur professionnel

A.H: Ma carrière de footballeur professionnel a débuté sur le sol de mes ancêtres, le Bénin. Y’avait un joueur au sein de l’équipe de l’Etoile, il se nomme KOFFI Firmin, il était mon idole. A la fin de chaque match, quand il marche, je posais mes pieds dans ses pas et ça je le faisais de façon habituelle. Après le départ de notre buteur Patrice pour le Canada, il fallait alors trouver un remplaçant, et je fus désigné par les autres. Nous étions aller jouer contre une équipe de la 1ère dimension à Cotonou avec mon équipe Islam et j’ai fait un triplé à la 1ère mi-temps. Mais j’ai pas pu entamer la seconde mi-temps car j’étais physiquement à plat. Après cette prestation, je fus appelé par Etoile et c’est là qu’a débuté ma carrière professionnelle. J’évoluai avec cette équipe et à la fin de l’année 1965 je me retrouvai en sélection nationale. J’étais très heureux de rencontrer de grands joueurs moi qui finissais à peine mes 16 ans.

Mon club avait disputé un match de ligue africaine des clubs contre Silure de Bobodioulasso (Burkina) et je marquai 2 buts à l’aller sur notre sol. Il nous fallait juste un but au match retour pour être qualifié, malheureusement nous sommes passâmes à côté de notre chance. Et cette même année, le président en exercice a dissout toutes les disciplines sportives; du coup y’avait plus de championnat pendant une année. L’équipe nationale avait été appelée pour disputer un match, une sélection a été faite pour la Chine et j’étais parmi. Après notre séjour en Chine, j’ai fait un détour à Paris où j’ai rencontré un ami qui me disait: Alphonse, puiqu’il n’y’a pas de championnat au pays, ne vas-tu pas rester en France pour jouer en amateur? L’idée me parut bonne et j’acceptai. De retour au pays, je préparai mon voyage sur la France, mais le gouvernement étant informé de mon voyage avait bloqué l’aéroport. (tout en riant) Mes bagages sont arrivés en France 24h avant moi! Avec l’aide d’un commandant de l’armée, je pus me rendre en France où j’évoluai avec Bhônes une ville près de Dijon. J’ai pas pu évoluer en vrai pro à cause de ce qui c’était passé dans mon pays.

E. B&A tv: Alors pourquoi Coach avez laissé le manteau de joueur et vêtir celui d’entraîneur-formateur?

A.H: (Tout en riant) Si vous ne quittez pas les choses, elles finiront par vous quitter! Avec l’âge, je ne pouvais plus continuer à jouer au football. Dès mon retour au pays, j’ai vu des jeunes gens qui jouaient au football, ils étaient pétris de talents. Du coup, je me suis dit, il faut leur apporter une connaissance approfondie du football et leur faire bénéficier de mon expérience.

E. B&A tv: Qu’est-ce qui a été l’élément déclencheur de cette décision?

A.H: Après avoir vu tous ces jeunes remplis de talents, j’ai voulu comme je viens de le dire leur apporter mon expérience et de la motivation. Mais après plusieurs enquêtes, je me rendis compte très tôt de la vie difficile que mènent ces jeunes gens; alors je décidai de concert avec ma femme à qui je dis merci et je fais un coucou de leur venir en aide. Ainsi le projet de former, d’encadrer ces jeunes, de les suivre et de les aider nous est né. Il faut que ces jeunes talents soient suivis et encadrés afin d’assurer la relève et changer l’image du football de notre nation. Nous recrutons des jeunes que nous formons et aidons comme nous le pouvons. C’est d’ailleurs cette optique qui nous a permis de faire la rencontre du jeune Rabiou AYIGBEDE que vous connaissez aujourd’hui. Il a été formé ici et aujourd’hui, c’est une joie pour nous de le voir s’épanouir. Tel est ce que nous voulons pour les autres. J’avais jamais prévu être entraîneur-formateur mais cet aspect de la vie a été le déclencheur de ma décision et je suis content de le faire et ce depuis plus d’une décennie.

E. B&A tv: A votre retour de l’occident et voyant des talents, vous avez décidé de mettre sur pied un centre de formation. Quel est le nom de ce centre et quels sont vos objectifs?

A.H: (Tout en riant) C’est un centre de formation virtuel car ne nous sommes pas trop connu. Le centre a pour nom HONDJO FOOTBALL DÉVELOPPEMENT, j’ai dû réfléchir longuement pour trouver un nom, mais en fin de compte c’est un ami nommé Angeorin qui m’a conseillé ce nom de peur de le voir se faire voler par une autre personne. Mes objectifs, bon… je veux avoir un centre de formation afin de pouvoir protéger tous ses enfants avec moi, leur offrir une chance de pouvoir un jour s’exprimer dans la vie active et sociale. Ouvrir un centre de formation qui disposerait d’une école, une infirmerie et tout ce qui pourrait contribuer à leur épanouissement. Aussi, j’envisage favoriser voir même créer un championnat national pour les centres de formation afin de révéler au grand public tous ces talents.

E. B&A tv: Après tout ce temps passé avec ces jeunes, que pensez-vous de leur attitude?

A.H: Avec moi…, ces jeunes se comportent très bien et même qu’ils développent un esprit d’équipe, ils ont appris à ne plus céder au découragement et à ne pas se laisser abattre par les situations. Ils sont devenus matures si je peux m’exprimer ainsi!

E. B&A tv: Quelles types de relations entretenez-vous avec les entraîneurs des autres centre de formation et certains entraîneurs de club?

A.H: Là! je crois que je vais vous décevoir, elle est pourrie cette relation; elle n’est pas bonne. Nous n’avons pas les mêmes manières de voir les choses et la formation de ces jeunes talents n’est pas le point fort de certains entraîneurs et même de certains formateurs. Je ne les combats pas mais je déteste leur façon de former ces jeunes.

E. B&A tv: Quelles types de relations nourrissez-vous avec la fédération béninoise de football?

A.H: Aujourd’hui je vous l’apprends, je suis le Secrétaire Général des Anciennes Gloires de football du Bénin. Je me suis battu pour former cette fédération car ces personnes qui ont servi le pays ne sont pas récompensées à leur juste valeur. J’entretiens si je peux le dire ainsi une relation étroite avec la fédération.

E. B&A tv: Envisagez-vous faire participer vos jeunes au championnat national?

A.H: Oui, mais il y’a un hic! J’ai un ami qui est le président d’un club nommé le Réal de Parakou, son équipe vient de monter en 2ème division; nous nous sommes rencontrés la fois dernière pour discuter de cette histoire. Tenez-vous bien, il m’a rapporté avoir dépensé 53 millions de Francs CFA et moi pour l’instant j’ai pas cette somme. Ma vision actuellement est de faire un tournoi de centre de formation où je ferai venir des sponsors, des recruteurs et des managers européens que je connais, qui sont prêts et qui n’attendent plus que ce moment afin de faire connaître ces jeunes pépites. Cette initiative est déjà acceptée par Sydney Govou, mais il faut quelque chose de concret et pour réussir ce mouvement il faut 8 millions de francs CFA. Je crois qu’avec ça, les jeunes auront plusieurs opportunités et ça sera pour eux l’occasion de faire exploser leur talent.

E. B&A tv: Quelle serait votre réponse si on vous demandait de coacher la sélection nationale du Bénin?

A.H: Pour le moment j’ai refusé! Il y’a un mois en arrière, je me suis vu offert les clés du club Dragon, j’ai hésité à cause de mon centre de formation et après quelques incompréhension au sein du club, j’ai démissionné.

E. B&A tv: Entretenez-vous des relations avec des clubs ou des centres de formation de l’occident?

A.H: Oui! J’ai des relations avec certains clubs européens tels que Dijon, Firmini! Cependant cette relation n’est pas encore écrite car le centre n’existant pas de façon formelle. Pour information, j’ai déjà fait partir certains de mes jeunes dans ces clubs pour des stages et dans plusieurs autres centre de formation en Afrique.

E. B&A tv: Quels sont vos mots d’encouragements à l’endroit de vos jeunes?

A.H: Je leur demande de ne pas se laisser aller au découragement, et de d’avoir l’espérance d’un avenir radieux!

E. B&A tv: Quel est votre mot de fin?

A.H: Je remercie l’équipe de B&A tv pour cette marque de distinction, et que tous ceux qui veulent prendre la tête de notre fédération nous fasse un programme en bonne et dure forme pour ainsi venir en aide à toutes cette jeunesse.

 

Coach HONDJO parlant à ses poulains lors d'un match amical le 25 Avril 2O18 à Djègan Kpèvi
Coach HONDJO parlant à ses poulains lors d’un match amical le 25 Avril 2O18 à Djègan Kpèvi
Coach HONDJO avec Bassitou N'TIA de Business & Actuality tv
Coach HONDJO avec Bassitou N’TIA de Business & Actuality tv
Coach HONDJO avec Armand-Nicaise ABO de Business & Actuality tv
Coach HONDJO avec Armand-Nicaise ABO de Business & Actuality tv
Coach HONDJO et son poulain Rabiou AYIGBEDE
Coach HONDJO et son poulain Rabiou AYIGBEDE

Interview réalisée par Armand-Nicaise ABO et Bassitou N’TIA

 

Une pensée sur “Bénin/Football: Alphonse HONDJO, ancienne gloire du football aujourd’hui « Un faiseur de star »

  • 27 avril 2018 à 8 h 03 min
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    Bravo Alphonse pour ta pugnacité je te verrais bien dans la formation des coachs la plupart ne sont pas du tout pédagogue et devrait venir te voir travailler avec tes poulains bonne continuation amicalement

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