Bénin: Analyse d’un compatriote

En 2021, 3 mois après l’arrivée du prochain président, ceux qui auraient perdu les élections, se mettront à dire que ce n’est pas lui qu’il faut. Mais en réalité, au Bénin, ce n’est pas le président le problème.

Ceux qui croient que le président à lui tout seul ou avec un gouvernement de 21 ou 28 membres devraient tout faire au nom des 11 millions que nous sommes, ce sont eux là plombent le développement du Bénin.

Taisons-nous un peu et mettons-nous au travail.

Dans un pays où les quelques usines que nous avons, dès que les machines tombent en panne, nous sommes obligés d’aller dans des pays voisins pour négocier des mécaniciens pour des réparations élémentaires, tout le monde parle.

Pour installer les antennes relais de MTN et MOOV, il faut aller chercher des Togolais et des Ivoiriens, tout le monde parle.

Quand nos groupes électrogènes tombent en panne, il nous faut des Libanais, des Danois et des Français, mais nous continuons de parler.

La théorie seule ne construit pas une nation, changeons de comportement et le Bénin sera transformé en or.

Nous avons du travail.

Le rendement du dilatoire, c’est nul.

Et cette nullité conduit à la médiocrité, la famine.

Nous crions pour dire que le laboratoire de l’HOMEL est fermé, pourquoi il ne serait pas fermé ?

Avez-vous des ingénieurs capables de réparer les appareils du laboratoire ?

Avez-vous prévu des ingénieurs et techniciens rompus à la tâche ?

Le gynécologue va se transformer en réparateur ? En électronicien ?

Tout le monde dit, nous avons faim au Bénin, quel travail vous avez fait et pour lequel vous n’avez pas été payé ?

Nous ignorons toutes les spécialités qui permettent le bon développement d’une nation et nous voulons être rassasiés.

Nous devons repenser notre nation, et ça ce n’est pas seulement le fait d’un gouvernement.

Nous savons faire grêve pour réclamer de l’argent, mais nous ne savons pas faire grêve pour exiger des bourses pour maitriser les technologies de pointe, nous ne savons pas grêver pour exiger que les étudiants sortis de l’EPAC, de l’IUT obtiennent des bourses pour faire des années de pratiques dont ils ont besoin pour être des ingénieurs rompus à la tâche.

Toutes nos grèves, conduisent au ventre et non à la compétence.

Nous ne demandons que le poisson, nous refusons d’apprendre à pêcher. Aucun peuple ne se développe ainsi.

Reconvertissons-nous, allons en grève pour exiger que des bourses soient données pour la formation de vrais praticiens.

Faisons le point de nos études et sur un million de diplômés Béninois, est-ce que nous avons 100 dont les diplômes obtenus permettent de faire quelque chose avec leurs mains ?

Sur un million de diplômés, combien peuvent intervenir de façon pratique dans des usines ?

Combien peuvent sortir de nos universités et sont capables de réparer ne serait-ce qu’un climatiseur ?

Nous avons des masters et nous sommes à la maison, le déscolarisé devenu coiffeur, arrive à se faire 6000 FCFA par jour, donc au bas mot 180 000 FCFA par mois et avec notre master, nous avons un seul repas de maman ou papa en attendant que demain nous trouve.

Arrêtons de réfléchir à l’envers. Mettons-nous vraiment au travail, seul le diplôme ne donne plus à manger.

J’ai pris des maçons pour travailler sur un chantier et les ouvriers maçons exigent 4 000 FCFA par jour de travail, sans savoir écrire leur nom. Mais pour fabriquer des briques, monter des murs, ils sont opérationnels et ils se demandent comment quelqu’un qui a beaucoup étudié n’arrive pas à manger. Réveillons-nous, reconvertissons-nous massivement.

Les dames du forum, les stylistes qui vous confectionnent de jolies tenues, elles ou ils prennent combien par tenue pour main d’œuvre chez vous qui avez des masters et sont sans job qui devront quand même s’habiller ?

Repensons notre avenir, repensons le devenir de notre Bénin.

J’ai discuté avec des étudiants en licence d’Anglais hier sur le campus. Ils ont déposé leurs mémoires et attendent la soutenance.

A la question, quand est-ce que vous allez soutenir ? Ils répondent en coeur en Août nous croyons, j’étais tombé des nues, je demande, est-ce qu’en Août le rectorat n’est pas en vacance ? Ils répondent oui. Je dis alors, comment pensez-vous soutenir alors? Ils disent, c’est le programme.

Après la soutenance, qu’est-ce que vous allez faire ? Ils disent nous allons faire vacation avec notre licence. Je dis savez-vous quand vous aurez les diplômes dont vous avez besoin pour la vacation ? Ils disent non.

La morale de l’histoire, c’est qu’ils sont sans projets, sans objectifs.

Nous devons donc à tous les niveaux, travailler à l’orientation de la jeunesse. Nous devons canaliser nos jeunes frères pour qu’ils arrivent à un lendemain radieux.

S’attaquer à du vent, se laisser malmener par des politicards qui ne protègent que leurs intérêts ne riment à rien.

Le gouvernement de la rupture passera, les gouvernements à venir passeront, mais le Bénin pour quelques siècles restera le Bénin, il peut changer de nom, mais la terre Béninoise existera pour toujours.

Nous allons nous mettre en rang pour inverser les tendances bientôt.

Commençons déjà à nous réunir pour nous entraider et ensuite barrer la route à tous ceux qui nous ont conduit dans le gouffre.

Relayé par Bassitou N’TIA

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