Bénin/Sélection U-20: Après la chute des écureuils au pays de Barro, Alphonse HONDJO, ancienne gloire du football donne ses impressions

La sélection Béninoise des U-20 en déplacement sur le sol gambien n’a pas réussi à dissiper le doute et l’inquiétude dans l’esprit des supporters.

On attendait d’être convaincus et rassurés par ces jeunes et surtout après la nomination à la tête de la sélection de Valère AHOUANDINOU, hélas, nous sommes rentrés malheureusement la tête baissée et pleine d’interrogations. Ce résultat une fois de plus négatif nous ouvre les yeux sur le travail qu’il y’a à faire au sein de notre fédération et de ce groupe. Cette équipe a besoin d’être travaillée à l’avance, il faut un temps de préparation pour qu’elle puisse créer des automatismes, les joueurs ont besoin de se connaître et ça, il le faut absolument.

Cet échec, on le doit à personne si ce n’est à nous. L’avant dernier match en RDC paraissait être un match d’entraînement pour les congolais. Nous avons été dominés de la première minute jusqu’à la dernière. Qu’est-ce qui ne va pas? Faut-il casser ce groupe et en reconstituer un autre? Cela se présenterait comme une bonne initiative, cependant le risque de perdre certains talents est bien là, et évident. Car au sein de cet effectif existent de bons joueurs. L’échec que connaît aujourd’hui nos sélections est occasionné par une absence de championnat et un manque de suivi. Ces jeunes qui aujourd’hui jouent pour la sélection des U-20, demain, on ne les verra plus parce qu’ils auront la catégorie à cause de leur âge. Alors qui sera choisi pour représenter les U-20 aux prochaines compétitions internationales? Si toutefois il existait un suivi qui commençait de puis la catégorie des minimes, je crois que nous serons toujours en mesure de fournir des joueurs pour défendre les couleurs de notre drapeau. Encore faut-il qu’il y’ ait un championnat pour les mettre en jambes comme on le dit.

Encadrer une équipe compétitive nécessite une bonne sélection, et une sélection réussie nécessite une fouille minutieuse. Comment nous faisons les sélections chez nous au Bénin? On se dit, je suis à la tête donc si j’ai un cousin qui joue alors je le positionne ou je positionne tel ou tel en contrepartie de quelque chose ou soit je suis contraint de faire ainsi. Cette politique sélective nous mènera toujours dans le décor, et ce, jusqu’à ce qu’on change de stratégies. Je rapporte les mots d’un jeune béninois qui évolue en Afrique du Sud à l’un de ses compères ici au Bénin « Ne cherches pas à jouer dans le championnat béninois, ni pour la sélection nationale ». A entendre ces paroles, il y’a de quoi à se poser des questions. Si nous voulons avoir de bons sélectionneurs, il faut leur laisser une large manœuvre et les laisser être indépendants dans leurs choix. Prenons le cas de Jean Marc GUILLOU en Côte d’Ivoire avec les petits qu’il a révélé  par le biais de l’Asec Mimosas, un club de 1ère division; il a eu le temps de former ces jeunes, de les faire gravir les catégories jusqu’à atteindre la catégorie sénior; ceci est un bon exemple pour tout sélectionneur. Il ne s’agit pas d’avoir des diplômes d’entraîneurs pour dire qu’on montera une équipe en si peu de temps. Si le sélectionneur est recruté plutôt, soit 2 ans avant les compétitions internationales, il aura le temps de connaître ses joueurs et de former une équipe type, ce qui lui éviterait les impositions de joueurs des uns et des autres.

Le Bénin a besoin de préparer ses relèves. On ne peut pas se lever du jour au lendemain, prendre une masse pour ensuite sire que c’est la la génération des U-20. Sur quelle base ce choix a t-il été fait et avec quel œil? J’aime parlé de l’équipe nationale de la France non pas parce que j’ai la double nationalité mais parce que je sais comment elle fonctionne. Il y’a une continuité en ce qui concerne la préparation de la relève, les jeunes sont formés pour ensuite être intégrés. Malheureusement c’est pas le cas dans mon pays, le Bénin. On ne saurait débuter une fondation par le haut mais plutôt par le bas; et ce bas c’est la base, la formation, la préparation. Il y’a des jeunes pétris de talents ici dans nos villes et dans nos contrées, il faut aller les chercher, et une fois qu’on les aura trouvés, il faudra s’atteler à les former et non à les détruire. Une relève on la prépare à partir de l’âge de de l’adolescence c’est-à-dire à partir de 12 ou 15ans où il est encore facile d’inculquer la base du football.

D’aucuns accuseront le sélectionneur pour les déboires que nous traversons, mais lui, n’est pas le problème en soi. Il a les compétences pour faire fonctionner cette équipe mais comme on le dit il y’a un « Mais ». Regardez comment a été faite sa nomination à la tête de la sélection et en combien de temps! On ne peut pas recruter puis bâtir une équipe en seulement 3 semaines! Ça relèverait du miracle. J’ai pour coutume de dire à mes poulains que j’encadre dans mon centre de formation « HONDJO FOOTBALL DÉVELOPPEMENT » qu’on ne joue pas pour gagner mais plutôt on se prépare pour le faire. Y’a pas eu de temps de préparation pour cette sélection, alors les résultats parlent d’eux-même. Quand bien même que AHOUANDINOU réussisse à faire briller ce groupe, qu’en sera t-il pour les autres après qui viendront et qui sont censés être la relève? Vu que dans notre pays la relève n’existe pas.

nos objectifs non seulement mais aussi le profil de nos sélectionneurs. Il est temps que les dirigeants de la fédération pensent au football et à la nation plutôt qu’au remplissage des greniers.

Mettons nous au travail pendant qu’il est encore temps et pendant que nous disposons des ressources pour le faire. Je crois en mon pays et en tous ces jeunes. Le soleil doit se lever pour nous!

 

Armand-Nicaise ABO

2 pensées sur “Bénin/Sélection U-20: Après la chute des écureuils au pays de Barro, Alphonse HONDJO, ancienne gloire du football donne ses impressions

  • 19 mai 2018 à 15 h 17 min
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    Alphonse HONDJO, une ancienne gloire passionnée et pétri de talents pour transmettre aux jeunes son amour pour le beau football ! Un super pédagogue !
    Quand les dirigeants feront-ils enfin appel à votre expérience, à votre grand savoir-faire ? Courage, tenez bon

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