Côte d’Ivoire: La justice ivoirienne inculpe un imam pour des faits «d’apologie du terrorisme»

L’imam Aguib Touré avait été arrêté le 3 juillet. Il est désormais inculpé pour faits d’apologie de terrorisme, a annoncé ce vendredi le procureur de la République ivoirienne Richard Adou.

Il est également accusé d’avoir tenu des propos incitant à la haine et à la « xénophobie ». Une information judiciaire a été ouverte et le dossier est devant le juge d’instruction. Arrêté le 3 juillet, Aguib Touré, un imam de la commune populaire d’Abobo à Abidjan, est un habitué des sermons diffusés sur les réseaux sociaux. Le dernier en date critiquait vertement le gouvernement et notamment les expulsions menées dans les quartiers précaires.

Face au tollé provoqué par son arrestation, le procureur de la République a tenu à s’expliquer ce vendredi lors d’une conférence de presse. Richard Adou a démenti toute atteinte à la liberté d’expression et assuré que l’imam Aguib Touré n’était pas poursuivi pour ses propos largement médiatisés mais pour des faits de « xénophobie », de discrimination d’incitation à la haine et « d’apologie du terrorisme ».

« Critiquer n’est pas une infraction, tout le monde a la possibilité de critiquer ce qu’il veut. (…) Ce que la loi réprouve, c’est des critiques qui peuvent impacter négativement la paix sociale, la cohésion sociale, c’est que qui est reproché à l’imam. Il a appelé à ce que les musulmans n’aillent pas inscrire leurs enfants dans des écoles chrétiennes ou protestantes. Il a également fait la promotion du jihadisme. C’est ce que nous appelons l’apologie du terrorisme. »

« A la suite des attentats de Grand Bassam », qui ont fait 19 morts en mars 2016 en Côte d’Ivoire, « mon client a été l’un des premiers responsables religieux à condamner avec fermeté le terrorisme », a réagi Souleymane Diallo, l’avocat de l’imam. « Mon client est profondément bouleversé » par ces accusations d’apologie du terrorisme, a-t-il ajouté.

L’imam Aguib Touré est actuellement en « détention provisoire » et risque, selon le parquet, cinq à dix ans de prison.

rfi Afrique

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