CPI: La défense de Blé Goudé s’emploie à désamorcer les accusations

Depuis la semaine dernière, les avocats de Laurent Gbagbo, l’ancien président ivoirien, et son coaccusé, Charles Blé Goudé, ex-leader des Jeunes patriotes, poursuivis pour crimes contre l’humanité durant la crise post-électorale de 2010-2011, plaident leur acquittement devant la Cour pénale internationale.

Ils se sont appuyés sur les témoignages les plus importants de l’accusation, les témoins de l’intérieur au sein de l’appareil sécuritaire, pour resituer le contexte et dégager toute responsabilité de leur client. Parmi ces témoignages, celui du général Philippe Mangou.

L’accusation présentait le témoin numéro 9, le général Philippe Mangou, comme son témoin clé. Ancien chef d’état-major des armées au moment de la crise, son témoignage devait apporter des éclairages au procès sur la manière dont les autorités ont géré chaque « incident » de la crise post-électorale. Mais les informations fournies par ce haut gradé semblent plutôt servir à la défense.

A la barre, le général Philippe Mangou explique que les Forces de défense et de sécurité étaient sous-équipées et faisaient face dans certains quartiers populaires à une guérilla urbaine : le commando invisible s’était fondu au milieu des civils. « L’ennemi avait pris en otage les populations », se souvient-il. Le général décrit un conflit « asymétrique ». Pour les avocats de la défense, cela prouve que les forces loyales à Laurent Gbagbo étaient sur la défensive.

Philippe Mangou a témoigné du 25 septembre au 7 octobre 2017, note la défense de Charles Blé Goudé. « Le procureur ne lui a pas posé de question », ironise Me Ndry Claver, l’un des avocats de l’ex-leader des Jeunes patriotes. « Rien n’a filtré des réunions stratégiques », ajoute-t-il.

Concernant le recrutement de jeunes au sein de l’armée et le rôle présumé joué par Charles Blé Goudé, ses avocats s’appuient sur les déclarations du général Mangou pour montrer que ce dernier n’avait « jamais eu l’intention de recruter des jeunes ». Conclusion des conseils de la défense : le procureur n’écoute pas ses propres témoins.

rfi Afrique

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