Côte d’Ivoire/Diaspora: Tagnon Roger, porte-parole de l’UDCI, parle du fonctionnement de l’union

L’union de la diaspora pour la Côte d’Ivoire, l’UDCI, a été présentée officiellement, le samedi 19 janvier 2019, à Paris aux Ivoiriens, pour comprendre, le fonctionnement, de cette union, M. Tagnon Roger, un des porte-paroles, a accepté de nous entretenir. Son interview.

1/ Pouvez-vous vous présenter ?

Oui ! Je suis Roger Tagnon, porte-parole de l’Union de la Diaspora pour la Côte d’Ivoire (UDCI).

L’UDCI est dirigée par un comité de coordination avec à sa tête quarte superviseurs. Nous vous donnerons plus de détails dans les jours à venir

Il faut noter que l’UDCI est une organisation, disons un creuset qui rassemble les Ivoiriens et les Ivoiriennes de différentes sensibilités dans la Diaspora. Ce cadre consiste aussi à créer des passerelles pour que les Ivoiriens se parlent plus facilement.

 2/ Pourquoi avez-vous mis en place L’UDCI ?

Depuis 1999 mais surtout en 2011, notre pays connaît une grande crise qui a complètement déstructuré le tissu social et politique. Le vivre ensemble construit pendant des décennies a volé en éclat à cause des problèmes politiques. Depuis des années, parce qu’ils ont plus de recul par rapport aux événements sur le terrain, les Ivoiriens de la Diaspora réfléchissent pour trouver des solutions qui peuvent contribuer à la normalisation de la vie politique dans le pays. Il faut donc se réjouir quand le Président Bédié lance un appel pour un rassemblement dans une plateforme non idéologique. Lequel appel a été appuyé par le Président Laurent Gbagbo à travers l’adresse du Secrétaire général de son parti.

Nous souffrons tous pour notre pays. C’est ainsi que des membres de partis politiques et d’organisations de la société civile de la Diaspora ivoirienne se sont mis ensemble pour chercher des solutions de façon transversale. Les membres fondateurs ont créé cette union pour organiser la mobilisation de l’ensemble de la Diaspora autour de trois objectifs majeurs :

– Planifier et encadrer les manifestations et activités de sensibilisation de l’opinion publique à l’étranger ;

– Faire le lobbying auprès des organisations internationales ;

– Relayer les messages de la plateforme nationale dans la presse internationale, le cas échéant.

3/ L’UDCI n’est-elle pas une organisation de trop ?

C’est vrai qu’il y a eu une inflation dans la création d’organisations. Mais il faut toujours apprendre des erreurs pour consolider la démarche. L’UDCI n’est donc pas une organisation de trop. En fait, la fracture sociale que vit notre pays constitue un danger qui mérite la mobilisation de toutes les énergies avant la prochaine élection présidentielle de 2020. Toutes les bonnes volontés doivent s’exprimer et s’impliquer en Côte d’Ivoire et à l’étranger afin d’éviter un nouveau drame au pays.

4/ Quel lien y a-t-il entre l’UDCI et la plateforme locale ?

Il faut d’abord dire que la plateforme n’est pas encore créée au niveau national. Nous souhaitons que cela soit fait au plus vite. De toutes les façons, à notre niveau, nous mettons les choses en place pour travailler. Si les partis politiques et organisations de la société civile formalisent la plateforme au pays, c’est tout naturellement que nous, la Diaspora constituerons son prolongement. Dans cette période encore difficile et tendue dans notre pays, l’UDCI entend fédérer l’ensemble des initiatives de la Diaspora. Ayant en commun ce pays, la Côte d’Ivoire, il nous faut nous tenir la main pour le sauver.

 5 / Les Présidents Bédié, Gbagbo et le Ministre Charles Blé Goudé sont-ils informés de la mise en place de L’UDCI ?

Je vous réponds par l’affirmative. Et j’ajouterai que même si les choses ne sont pas encore très apparentes, pour des questions sans doute de calendrier, nous pouvons dire que la plateforme en perspective au pays est un projet initié et porté par l’ensemble des leaders politiques et les responsables des organisations de la société civile au niveau national. Par ailleurs, puisque notre vocation, bien qu’étant de sensibilités différentes est de chercher ensemble des solutions pour ramener la paix, bâtir la réconciliation et la démocratie dans le pays, les membres des partis impliqués dans l’UDCI ont informé leurs états majors. Notre démarche étant louable, vu ce que nous faisons depuis toujours dans la Diaspora, il n’y a pas eu de contre-indication pour le lancement de notre mouvement. Enfin, il faut retenir que notre mémorandum a fait l’objet de diffusion ou de remontée auprès des responsables des parties impliquées.

6/ Quels seront les futurs événements ou activités de l’UDCI après votre cérémonie de lancement du 19 Janvier 2019 à Paris ?

Nous avons en vue une conférence de presse qui va davantage faire connaître notre organisation et envoyer par cette occasion un message à l’opinion par rapport aux souffrances que vit le peuple de Côte d’Ivoire. Ensuite une grande conférence à Paris pour mobiliser toute la Diaspora se tiendra. Il faudra ensuite mener des actions de nature à faire comprendre au pouvoir ivoirien que la situation n’est plus tenable.

7/ Comment l’UDCI compte se faire entendre pour les défis politiques en Côte d’Ivoire ?

D’abord, il conviendra d’harmoniser notre stratégie avec ceux qui sont sur place. Autant nous sommes (ou nous serons) leur prolongement dans la Diaspora, autant il y aura un grand besoin de coordonner les choses avec les acteurs de la plateforme sur le terrain dès qu’elle sera effective ; ceci pour être efficace collectivement.

 8/ la recomposition de La CEI actuellement est-elle une priorité pour vous ?

La seule refonte de la CEI ne va pas régler les problèmes du pays. Et telle que les discussions sur la CEI sont parties, il faut croire qu’il s’agit d’une diversion supplémentaire. Le pouvoir veut gagner du temps. Son objectif est de nous distraire pour atteindre 2020 et passer encore en force. Face au recul démocratique, l’opposition doit s’unir pour proposer un cadre de concertation afin de créer les conditions de normalisation de la vie politique et sociale, indispensable à la réconciliation et la paix durable que nous recherchons tous.

 9/ les récentes élections municipales et régionales en Côte d’Ivoire pour vous ont-elles été bien organisées ?

Il s’est agi en fait d’une arnaque supplémentaire. Le RDR a voulu mettre encore une fois les violences en évidence. Ce parti ne rate aucune occasion pour violenter les Ivoiriens. Il est allergique à la démocratie. Vous avez vu, à ces élections locales, le RDR a fraudé massivement. Et là où il a été déclaré battu, il confisque la gouvernance. On ne peut pas continuer ainsi.

10/ Quel est votre mot de la fin ?

Nous ne saurions terminer cet entretien sans féliciter les deux syndicats de magistrature qui ont exprimé une protestation face à ce qu’il considère à juste titre comme une atteinte grave à la manifestation de la justice et du droit.

Ensuite, nous demandons la libération sans condition du député Alain Lobognon et l’installation des conseils municipaux notamment le plus emblématique, celui du Plateau qu’a remporté le députe-Maire Jacques Ehouo.

Le peuple subit des souffrances depuis plusieurs années. Responsables politiques et acteurs de la société civile que nous sommes, nous avons le devoir de mettre en priorité les préoccupations de ce peuple.

Conscients de toutes les douleurs subies par les populations, lesquelles ont laissé des stigmates et des traumatismes, chacun et chacune doit se surpasser et mettre l’intérêt du pays au-dessus de toute autre préoccupation. Nous devons tout mettre en œuvre pour que le droit à la différence devienne une réalité dans notre pays. Nous appelons donc tous nos compatriotes de toutes sensibilités politiques, ethniques et religieuses de la Diaspora de se joindre à nous. Vu que la patrie est notre patrimoine commun. C’est notre appel.

Interview donnée par l’un des Porte-parole,

Pour l’UDCI (l’Union de la Diaspora pour la Côte d’Ivoire)

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