Côte d’Ivoire/Hommage à Bernard Dadié: Adieu l’immortel

Ton âge et ton parcours, dépassent mon existence mais je te connais et je te connaîtrai parce que tu es immortel, pour l’ouverture de ton savoir sur l’humanité. Dommage que tu sois né sur la terre de l’espace francophone, si c’était sous d’autres cieux, une journée entière, te serait dédiée. Mais déjà, nous les ivoiriens, tu restes et tu demeures, notre immortel.

Tu as bercé, instruit, orienté et guidé des vies et éclairé des horizons qui, se sont servis de ton savoir pour leur savoir et aujourd’hui, tu resteras, dans leur vie. Oui, ta vie et ton savoir ont fait et continue de faire. Pendant qu’on nous obligeait à apprendre par cœur leurs auteurs, tu es sorti avec courage pour t’affirmer et tu les as poussés de nous laisser apprendre notre tradition et tu as protégé, nos us et coutumes.

Si tu avais été méchant, tu n’allais jamais dépasser la cinquantaine et tu as bravé toutes les générations et vers la fin, ton corps et ta force, ne pouvaient plus poursuivre le parcours de la vie, tu as tiré ta révérence. Nous sommes faits de chair et d’esprit, et tu as été le seul, à détenir le secret de ta longévité.

Peut-être que c’est parce que tu n’aimais pas l’injustice que tu as vécu si longtemps, mais tes temps, ne sont plus les mêmes, mon cher maître, le maître des temps éclairés. Sur ton chemin, dans ton baluchon, tu avais mis toute l’Afrique et tu as fait ta part.

Nous qui restons, tu nous laisses dans la peur, l’angoisse, l’ingratitude, l’oppression, la tyrannie, la cruauté et ta basse-cour, sera ouverte et ils sont là, pour manger toute ta créature. La dignité que tu nous as liguée, on a déjà perdu son mot de passe. Le courage que tu nous as enseignés, on a botté en touche, ses principes.

Mais, ton fils Gbagbo arrive. Pourquoi, tu n’as poussé encore ton départ ? Peut-être que toi seul, auras les gentils mots de réconfort pour la suite du combat. As-tu laissé les consignes pour la suite du combat ? Sur ce plan, si tu n’as rien dit et que tu es parti, tu as été méchant, maître, mais tel que tu es, je suis sûr que tu lui as laissé, dans un coin de ton temple, un petit ouvrage qui déterminera le parcours.

Gbagbo, Blé et nous autres, qui sommes partis, nous blottir dans des abris destructifs et déshonorants, les blancs que tu as combattus, ils reviendront nous massacrer quand ils sauront que tu es parti. Tu nous laisses à qui ? A Ouattara, waooo, c’est la mort. A la francophonie ? Là, on en parle pas. Bon, de loin de la terre qui t’a vu naître, je prie tous les esprits, de te recevoir. Saches leur traduire, nos souffrances. Le savoir que tu as défendu, les Ouattara, sont venus tout détruire. L’éducation, la formation et notre dignité, les Ouattara, nous ont tout spoliés. Tu n’as rien fait et tu es parti. On fait comment ?

Adieu, Adieu, Adieu…… L’immortel

                                                                                                         Joël ETTIEN

                                                             Directeur de publication : businessactuality.com

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