Côte d’Ivoire/Diaspora: Déclaration de l’Union de la Diaspora pour la Côte d’Ivoire (UDCI) relative au scrutin à l’effet du remplacement du président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire

Le 7 mars 2019, les parlementaires ivoiriens ont été convoqués dans l’hémicycle pour élire un nouveau président de l’Assemblée nationale, en vue de remplacer Guillaume Kibafori Soro, démissionnaire.

Rappelons qu’avant cette date, soit le 26 février 2019, sous la présidence du doyen d’âge des députés, qui assurait l’intérim, les modalités de l’élection du nouveau président avaient été arrêtées de commun accord, notamment la réalisation du scrutin avec un bulletin unique. Mais fort curieusement, la veille du scrutin, les députés du parti du chef de l’Etat (le RDR) décident unilatéralement d’adopter l’utilisation de bulletins de vote multiples.

Cette entorse à la démocratie amène les députés des autres composantes politiques à décider de ne pas participer à ce qu’ils considèrent comme une parodie d’élection. Malgré cette vive protestation, le vote est organisé dans ces conditions, pour porter Amadou Soumahoro à la tête du perchoir avec 153 voix sur 278 députés.

En fait, le changement des règles du jeu en cours de procédure et l’expression d’une minorité pour élire le président de l’Assemblée nationale est pour le moins antidémocratique.

L’Union de la Diaspora pour la Côte d’Ivoire (UDCI) regroupant des Ivoiriens de tous les bords, sans distinction ethnique, religieuse et politique, scrupuleusement attachée à l’expression démocratique, dénonce sans ambages les pratiques du pouvoir qui sont d’un autre âge.

Dans un contexte où le front social est en ébullition depuis plusieurs semaines, outre les frustrations qui se manifestent ici et là depuis plusieurs années, l’UDCI s’inquiète de ce que le chef de l’Etat ne joue pas l’apaisement mais multiplie plutôt des actes de nature à attiser des tensions. Par ailleurs, avec la réconciliation nationale qui n’est pas réussie et un peuple en proie à une paupérisation sans précédent, l’UDCI voudrait ici en appeler à la communauté nationale et internationale sur les dérives dictatoriale, clanique et tribale du pourvoir d’Abidjan.

Vu que le président de l’Assemblée autoproclamé est illégitime, l’UDCI demande aux parlementaires qui n’ont pas voulu cautionner la mascarade électorale, de ne pas participer aux sessions parlementaires en vue d’exiger le rétablissement de l’expression plurielle qui est un héritage obtenu de hautes luttes dans les années 1990.

Enfin, l’UDCI en appelle aux Ivoiriens de la Diaspora de se rassembler pour contribuer sensiblement au rétablissement de la démocratie dans notre pays.

Fait à Paris, le 12 mars 2019

Pour l’Union de la Diaspora pour la Côte d’Ivoire,

Roger Tagnon

Porte-parole

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