Côte d’Ivoire : Quand on aime son pays, on prend 20 ans d’emprisonnement

Le pouvoir ivoirien vient de rendre un verdict à l’encontre de l’ancien maire du Plateau, M. Akossi Bendjo à qui la justice aux ordres, vient de l’infliger 20 ans d’emprisonnement ferme, 10 milliards d’amende, interdiction de sortir du pays, annulation de son passeport, la saisine de tous ses biens et les ivoiriens observent, immobiles.

Dans la même veine, la même justice vient aussi de condamner, le président de la jeunesse du PDCI RDA, M. Kouassi Valentin, pour avoir tenu des propos d’éveil de conscience à ses militants dans une ville d’Adzopé, il a subi, à la suite de deux jours de torture morale et physique pour une interpellation, sans jugement, le procureur lui prive, sa liberté, il n’a plus le droit de militer, de s’adresser à la presse, de ne plus être sur les réseaux sociaux, interdiction de voyager, remise de son passeport, sans être jugé. Je rappelle qu’il est l’animateur principal de la jeunesse du PDCI RDA et le faisant, le pouvoir le confine dans un isolement absurde.

Le 19 janvier 2018, le président Gbagbo Laurent, venait de subir par contumace, un jugement de la même lourdeur, 20 ans d’emprisonnement et 20 milliards, c’est-à-dire que le président Gbagbo Laurent sous les Ouattara, est un homme qui doit passer toute sa vie dans les cachots. Le président Gbagbo Laurent est à un pas de sortir de sa peine et voilà qu’une autre peine l’attend dans son pays.

Provocation ou influence, tout cela prouve que la Côte d’Ivoire croule sous le poids de toutes les intimidations et pressions pour fragiliser ou écarter dans la pure indécence, les cadres de l’opposition, capables de leur tenir tête dans les affrontements politiques à venir. Mais, à qui profite ce crime ? Ouattara Dramane ne peut pas frelater son champagne en se la coulant douce ? Le peuple est mécontent. Voilà, un président qui a été servi comme un roi par tous les grands cadres du PDCI RDA, quand ils étaient avec lui et à ses services, dans le cadre de leur plateforme RHDP et parce qu’il y a rupture, alors il faut absolument les détruire tous.

La sentence, d’une audience d’une telle importance qui n’a duré seulement qu’1 h 30 mn, l’ancien maire du Plateau M. Akossi Bendjo tombe au moment où, le président de son parti le PDCI RDA, M. Henri Konan Bédié se trouve sur les bords de la seine. Tout s’est passé derrière lui et le même Bédié, les Ouattara réfléchissent comment lui faire la peau, pour ses révélations troublantes et fracassantes et dont le constat laisse entrevoir les failles d’un régime totalitaire et antidémocratique. Alassane Dramane Ouattara est un libéral qui ne supporte pas du tout, la contestation démocratique et veut avoir le monopole, mais est ce que les ivoiriens ont-ils besoin d’un tel dictateur ?

Les Ouattara accepteraient-ils un tel verdict invraisemblable s’appliquer à eux, quand la situation va s’inverser ? En plus, la Côte d’Ivoire n’est pas la chasse gardée d’un clan celui des Ouattara. Ce pays n’est pas non plus une monarchie ou une propriété privée de quiconque, mais un état, dont le pouvoir foule aux pieds, les règles élémentaires. La Côte d’Ivoire, est un état, une république, même si le président méprise ses fondamentaux. C’est clairement contre le PDCI RDA que tout cela est dressé pour lui faire barrage à l’orée des élections de 2020. Mais n’est-ce pas une provocation de trop ?

Alors, si le PDCI RDA contre qui, le pouvoir se dresse pour l’empêcher d’exister, ne fait rien, si sa jeunesse continue de se draper dans ses costumes pour se parader, si les militants de ce parti, majoritaires sur l’ensemble du territoire national, regardent sans mot dire, le pouvoir considérait cet acte comme du pain béni et qui annonce sa victoire. Alors, dans le cas d’espèce, tous les yeux sont rivés au secrétariat exécutif et vers la tour Eiffel où réside le président Bédié. Pour éviter tout soupçon dans cette grande famille politique, il revient à ses décideurs de faire barrage à toutes forfaitures et consolider la solidarité et l’union.

Sous Ouattara, tout ivoirien qui aime son pays et capable de lui tenir tête, prend 20 ans d’emprisonnement et des milliards d’amende toutes ces intimidations, pour se maintenir au pouvoir. Mais, c’est un peuple qui n’a pas encore dit son dernier parce que bientôt, on annonce la visite du président Bédié à Bruxelles pour aller voir son jeune frère Gbagbo et dont la conjonction des deux, risque de provoquer une prise de conscience qui peut se muer à un sursaut national, si c’est le cas, comment ferait le président Ouattara ?

                                                                                        Joël ETTIEN

                                     Directeur de publication : businessactuality.com

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