Côte d’Ivoire/Présidentielle 2020: Dr Abass Yaya BAMBA, Président du CNPI: « Aucun adversaire politique en Côte d’Ivoire ne me fait peur intellectuellement et financièrement ».

Abass Yaya Bamba était face à la presse le samedi 6 juillet 2019 dans le 13e arrondissement de Paris. Le président du Congrès National du Peuple Ivoirien (CNPI) a dévoilé ses ambitions de briguer la magistrature suprême. « Je suis convaincu d’une chose, nous irons arracher cette victoire » à la présidentielle de 2020, a-t-il rassuré ses sympathisants.

Le président du CNPI s’est exprimé devant un parterre de journalistes et une trentaine de sympathisants avec gravité, force et détermination sur la situation en Côte d’Ivoire. Pour lui, ce qui est en cause aujourd’hui, c’est la cohésion nationale et les valeurs de la République auxquelles les ivoiriens étaient jadis profondément attachés. « J’ai été témoin de l’histoire politique de mon pays… la politique que nous prônons, ce n’est pas la politique du sud contre le nord, la politique du sud contre l’est ou la politique de l’est contre l’ouest. Ce sera la politique de la Côte d’Ivoire, la politique des ivoiriens, la politique de ceux qui font l’amitié aux ivoiriens de vivre sur notre terre ». Sa candidature à la présidentielle de 2020 vient donc mettre le doigt sur ce qui est en cause, c’est à dire l’idée que l’on se fait de l’homme et des communautés résidentes autochtones ou pas, de leurs droits et de leur dignité au pays d’Houphouët. « Le débat en Côte d’Ivoire est un débat ethnico-religieux » a -t-il déploré avant de pointer un doigt accusateur vers sa classe politique « L’homme politique intelligent et sage n’oppose pas les communautés
religieuses. Ces peuples-là ne doivent jamais entre-tuer ».

Interrogé sur ses chances, Abass Yaya Bamba coupe court. « Le débat politique n’a rien avoir avec le débat électoral, il faut faire une distinction sémantique de la chose », avant de conclure  « Aucun adversaire politique en Côte d’Ivoire ne me fait peur intellectuellement et financièrement ».

Un directoire pour conquérir la Côte d’Ivoire électorale

Le Congrès National du Peuple Ivoirien (CNPI), n’est ni un parti politique ni un mouvement, il se positionne comme un directoire dirigé par un comité d’experts ayant fin de conseiller son leader dans sa conquête du pouvoir en Côte d’Ivoire. Il est dirigé par un président, le Dr Abass lui-même, qui à son tour s’appuie sur un comité de contrôle, un comité d’experts et une assemblée constitutive dissoute après chaque assise. Cette approche se justifie amplement, explique l’homme d’affaires (PDG de la société de recherche et d’innovations technologiques Y2Fox, Inc aux USA), « Je vais transformer la Côte d’Ivoire en un état d’investisseurs et c’est possible et c’est ce que nous allons faire ». Le directoire est pratiquement un mixage entre les partis politiques et les mouvements parce que « nous disons que nous sommes dans une situation beaucoup plus critique en Côte d’Ivoire, il faut une discipline or au sein des partis politiques, il existe des mécanismes qui peuvent apporter de l’indiscipline. Quant aux mouvements, c’est toujours ce grégaire du groupe qui est prévalu » d’où l’idée de « créer un directoire qui a une mission précise. C’est comme un bataillon dans une armée ».

« Il faut regarder les nominations en Côte d’Ivoire, ce n’est pas bon !» Dr Abass Yaya Bamba

Celui qui a embrassé la politique dès l’âge de 10 ans, veut renégocier les sorties de virage de la Côte d’Ivoire en s’appuyant sur la France. « S’engager en politique et ignorer la France c’est ignorer une part de la bataille. La France est un pays essentiel dans l’avenir de nos pays d’Afrique ». Le candidat du CNPI veut combattre l’exclusion, recréer la solidarité et de fraternité et consolider l’unité entre les groupes ethniques et religieux. « Mon engagement politique c’est un engagement d’unité et nous allons la conquérir espace par espace… Le discours politique ne sera pas un discours tribal ».

Le Congrès National du Peuple Ivoirien veut asseoir une politique sociale centrée sur le vivre ensemble et l’égalité des chances à l’opposé du « rattrapage ethnique » qu’il qualifie de « faute politique ». Pour lui, un chef ne parle pas comme il parle dans la rue. « Je reproche beaucoup de choses au président Ouattara. Quand tu as les mailles du pouvoir, tu as l’opportunité de faire la paix. Quand tu as les mailles du pouvoir, tu as l’opportunité de pardonner. Je reproche à Ouattara d’avoir échoué de réconcilier les ivoiriens. En 1963, il y a eu le ‘complot du chat noir’ mais
Houphouët a géré la situation pacifiquement. « Il faut regarder les nominations en Côte d’Ivoire, ce n’est pas bon. On a l’impression que s’ils ont été nommés, c’est parce qu’ils sont Dioulas ». Notons qu’en prélude à la campagne présidentielle, un groupe d’experts réfléchit sur les problèmes de religions et d’ethnies en Côte d’Ivoire afin d’apporter des réponses à comment façonner le débat? L’objectif étant de rendre le discours du CNDI acceptable
par tous. Mieux « qu’il supplante le problème d’ivoirité qui revient encore » a –t-il lancé.

Ange DE VILLIER

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