Côte d’Ivoire: Depuis l’Elysée, Ouattara et Macron, rebaptisent le franc CFA par l’Eco.

Le mardi 9 juillet 2019, voici ce que le président Ouattara a dit aux journalistes à sa sortie d’audience avec le président Macron concernant le franc CFA : « le franc CFA se porte très bien et les chefs d’état de la zone BCEAO, ont décidé ensemble à mettre en 2020, en place l’Eco, donc à terme, le franc CFA s’appellera l’Eco….. »                      

L’audience que Macron a accordée au président ivoirien, le mardi 9 juillet 2019, doit faire réfléchir à toute l’Afrique pas seulement aux ivoiriens. Ils viennent de rebaptiser le franc CFA : l’ECO. Donc désormais, c’est l’emballage qui changera et le fond restera toujours le CFA.

Qui d’autre peut faire l’affaire de la France au moment où les africains bouillent de l’intérieur d’en finir avec le franc CFA ? La France sans le franc CFA? Imaginez la suite. Alors, ayant fait de la Côte d‘Ivoire un pays central de la France-Afrique, de facto, tout ce que ce pays décidera, fait son effet immédiatement. Le système France-Afrique invisible mais fort, a fait chuter le président Bédié par un coup d’état en décembre 1999, parce qu’il tenait, un discours patriotique et contre le pouvoir du président Gbagbo, il a déployé toute son artillerie pour lui venir à bout, l’empêcher d’ouvrir les yeux des africains, déjà ouverts, n’attendant qu’un leader éclairé pour actionner le levier et voilà un autre coup d’état suivi d’une rébellion. Le président Gbagbo a été déporté dans une prison néocoloniale, la CPI.

Alors que devons-nous, nous attendre de la visite de Ouattara chez Macron, quand cette France ne sait plus qui, de l’opposition ivoirienne, peut faire son affaire pour le remplacer à Ouattara, c’est ainsi que le sous-préfet Ouattara, court la rassurer pour la garantie de toutes les affaires. Quant à sa sortie d’audience, Ouattara dit, à propos du franc CFA que c’est juste le nom qui changera, il a tout dit. Qui peut servir les intérêts des grandes puissances occidentales surtout françaises, en Côte d’Ivoire, sans rechigner ? La jeunesse africaine est impatiente d’un leader pour débrayer sa vraie indépendance et les Ouattara, Macky Sall, les derniers vassaux de la France-Afrique, doivent-être adulés par la France pour justement servir et valoir ce que droit. Les ivoiriens, semblent être dans le spectacle et l’émotion. L’essentiel leur passera sur leur nez et, cette visite de Ouattara chez Macron est un signal fort pour son maintien au pouvoir. Alors qu’organiser des élections en 2020, serait suicidaire pour ce pays.

On a entendu qu’au cours de cette même rencontre, le président français Macron, veut désormais s’occuper du cas du président Gbagbo. Or donc, il savait que le président Gbagbo était un cas et pourquoi, c’est maintenant qu’il veut s’en occuper ? Le comité national pour la libération de la Côte d’Ivoire que le président Bédié veut initier, fait déjà grincer les dents, alors, il faut l’anticiper. En contribuant à la libération du président Gbagbo, ils vont l’obliger à signer des pactes. Comme dit un ancien, on ne libère pas un prisonnier politique, mais on le réhabite. La force que les ivoiriens veulent mettre dans la plateforme que j’appelle, le comité national pour la libération totale de la Côte d’Ivoire, effraie la France.

Pour les africains, ce n’est pas le nom CFA qui est le problème, c’est plutôt son fonctionnement. S’il faut changer de nom pour leur faire plaisir, ce n’est pas la peine. Que leur monnaie s’appelle Sica ou éburnie, ils veulent s’approprier de tout son mécanisme. Quand Ouattara sort de l’Elysée et boucle le débat, c’est toute la souveraineté de la Côte d‘Ivoire, qu’il vient d’obscurcir et que les ivoiriens veulent leur Gbagbo sur sa terre natale. La France va contribuer à sa libération pour s’attribuer de la paternité et comme ça, le président Bédié et tous les ivoiriens qui espéraient obtenir la libération du président Gbagbo, pour contribuer à la réconciliation échouée volontairement par Ouattara, la France va s’en accaparer. La suite, les ivoiriens seront sous domination de la France avec des sous-préfets comme Ouattara à leur tête. Aucun développement réel ne s’opérera et la Côte d’Ivoire, restera toujours sous perfusion et dépendante.

Ouattara sera encore aux commandes n’en déplaise. Ainsi, la même France est entrain de fabriquer de nouveaux opposants politiques ivoiriens qui feront barrage à la vraie plateforme qui devrait unir, les deux grands partis politiques, le PDCI RDA et le FPI du président Gbagbo que je suggère, cette appellation : « le comité national pour la libération de la Côte d’Ivoire ».  Il y a deux blocs en présence, ceux qui doivent se taire et ceux qui sont dans le complot, qui sont virulents sans craindre d’être arrêtés. Sinon, comment comprendre que dans un pays où les règles élémentaires des droits de l’homme sont bafouées, on puisse recevoir son dictateur avec faste ? A quoi joue la France, le pays des droits de l’homme et du citoyen, en Côte d’Ivoire ?

A entendre çà et là les ivoiriens s’exprimer, on a l’impression qu’ils n’ont pas encore tiré les leçons de ce qu’ils vivent. Ils veulent tous des lauriers pour s’attirer les vues et toutes les vues. L’adversaire n’est pas tombé et chaque ivoirien, s’apprête à danser sans vouloir tirer les grandes leçons de leur guerre, de leur guéguerre et les fauteurs de leurs troubles, les observent. Ils sont dans les églises pour crier à Dieu qui ne leur répond pas, mais ils continuent, entre-temps, qu’est-ce qui a changé dans leur quotidien pour aller réciter le rosaire sur l’autel de la vierge Marie ? Les églises ont remplacé les rues pour l’expression de la démocratie, même de leur liberté.

Les discours vont changer pour galvaniser les consciences longtemps endormies et ils sont inquiets. Les opposants du système ont le droit de dire ou proférer des injures, des diatribes sans aucune menace et gare aux vrais opposants, ils seront arrêtés, jugés en moins de 24h et conduits manu militari en prison. Le paiement de la carte nationale d’identité, ne devrait pas faire objet de tant de bruits, c’est tout le système Ouattara qu’il faut critiquer et contraindre à se mettre à la même table que tous les opposants pour trouver des solutions. La commission électorale indépendante, la CEI, le point d’achoppement, est occultée par une carte nationale d’identité. Si, les ivoiriens se donnent, un nouveau président, c’est quel problème, ils ne pourront pas résoudre que s’attarder sur des futilités pour endormir le bas peuple.  

Quand est-ce que les ivoiriens comprendront que tout ce qui se fait là, n’est que de la pure distraction et du gagne temps car le vrai problème, certains pays leur ont montré le chemin, on ne négocie pas avec un dictateur, on le contraint à partir parce que le pouvoir appartient justement au peuple. Est-ce que le président Ouattara, est-il un danger pour l’Afrique ? A vous de juger !

                                                                                                    Joël ETTIEN

                                                    Directeur de publication : businessactuality.com   

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