Rencontre des présidents Bédié et Gbagbo à Bruxelles

Enfin, ouf, la rencontre a eu lieu, oui, cette journée a marqué son emprunte dans la nouvelle page de l’histoire que veulent réécrire, les deux grands leaders politiques ivoiriens, Bédié et Gbagbo, en ce lundi 29 juillet 2019, dans la résidence privée du président Gbagbo Laurent à Bruxelles. Même si des images récentes, n’ont pas illustré les différentes colonnes des inserts, la rencontre, a eu lieu.

Partis tôt ce matin aux environs de 8h30, le président Bédié et sa délégation se sont retrouvés nez à nez avec le président Gbagbo qui les attendait devant le portail à Bruxelles. Loin de décrire l’atmosphère qui avait envahie la salle pour donner de la chair de poule, le moment était aux regards qui, depuis plus de 10 ans, ne se sont pas vus. Chacun voulant garder le secret de l’émotion, mais elle était plus forte, parce que c’était le rendez-vous de tous les grands esprits. Ce lundi 29 juillet matin, seuls les oiseaux qui venaient de se réveiller, ont percé le secret de cette rencontre et comme les coqs sont inexistants en Belgique pour claironner de leur belle voix, l’évènement, le poids de la rosée à saliver le lever du jour.

Comme dans un conte de fée, chacun marchait selon la cadence que voulait lui imposer le protocole. Enfin, la rencontre a eu lieu. Les mesures de précaution et de prudence, ont ouverts les regards humains, qui ont remplacé les images habituelles (photos et vidéos), pour un tel grand évènement ? Aucun flash n’a éclairé le salon luxueux de celui qui a été longtemps soutenu par tout le monde entier, dans sa prison de la CPI car, à un moment de son histoire, son seul nom, était plus cité dans le monde, Laurent Gbagbo. Les ivoiriens, pour ceux qui suivent l’actualité autrement que sur les médias d’état ivoiriens, à force de dire et de se fourvoyer sur la date, la rencontre les a mis dans le doute, la crainte, la peur, et tous les autres sentiments qui pouvaient s’inviter mystiquement ou spirituellement, l’espoir était grand et immense. Les témoins et les deux grands acteurs, venaient ainsi de se jeter dans les bras de l’histoire, la nouvelle que les ivoiriens attendaient et qui les a surpris, parce que certains n’y croyaient plus, si ce ne sont les sachants, ceux qui étaient dans les bois sacrés. La rencontre de Bruxelles, a eu lieu enfin, n’en déplaise au camp d’en face, qui va commencer à compter les étoiles que de dormir ou laisser simplement, la proie à ses propriétaires.

L’absence des images artificielles, photos ou vidéo, semble-t-il, était voulu et ceux qui y étaient, se sont quittés en gardant le son des paroles en sourdine et comme une espèce de bande déroulante des images dans leur esprit. Elle a eu lieu, dans une atmosphère sans doute détendue et l’histoire leur a souris.

Depuis Paris, comme un homme attendant sa femme en travail et à qui, on venait apprendre que son enfant est né et que c’est un garçon, Yao Basile, le délégué général PDCI RDA Paris Île de France, a réuni tout bureau, pour sabrer leur bouteille de champagne. J’étais là, coincé à l’angle du coin, mon carnet de note à la main, pour regarder le sourire couler sur leurs lèvres, tentant de commenter le communiqué qui a sanctionné ce qu’ils appellent tous, le lundi de la libération de la Côte d’Ivoire et ils ont raison.

Les deux champions politiques ivoiriens qui se sont battus, souvent au prix de leur vie, ont fait table rase de leur passé douloureux, pour tenter de redonner vie, à leur terre d’espérance. Assoa Adou, le secrétaire général du FPI du président Gbagbo, Laurent Akoun, le médecin particulier du président Gbagbo, étaient les témoins oculaires de cette journée mémorable. Le président Bédié, vient une fois encore de séduire son destin politique pour faire la place à la recherche de la passerelle et le président Gbagbo, vient de l’acter.

La bataille sera féroce, c’est pourquoi, il faut incruster les autres pour la gagner. Le FPI du président Gbagbo est fissuré, il faut le ressouder pour en faire une seule force, face à l’ennemi. Le jeune Soro, n’est pas aussi à négliger, est ce qu’ils en ont parlé ? Seul le temps, l’autre nom de Dieu, nous le situera. En tout cas, l’heure est grave.

A chaque camp, de ne point faire la promotion de son champion, mais de conjuguer tous les verbes de la lutte au présent autour des deux leaders qui ont donné la marche à suivre dans leur communiqué. Ce n’est pas la victoire d’un ou d’un tel mais, c’est la fin des hésitations et le commencement d’une nouvelle page.

La suspicion et le doute sont levés. Il faut que dans les différents états-majors, le message de l’union scellée passe. Il faut taire les velléités nuisibles qui détruisent et donnent du temps à l’adversaire. Il appartient aux uns et aux autres, de regarder dans la même direction, avec beaucoup d’humilité, parce que désormais, il y a deux chefs d’orchestre qui cordonneront la mélodie. Le plus dur commence maintenant et il ne faut plus se regarder avec des réserves, mais en entier, l’avenir de la Côte d’Ivoire, en dépend.

Les présidents Bédié et Gbagbo, se sont enfin parlé, ils ont ri, ils ont compati à leurs tristes douleurs. Ils ont essuyé leurs larmes et pansé leurs blessures, lisez le communiqué final, qui a marqué la force de ce temps fort. Plus de place aux GOR ou BOR, mais, aux ivoiriens conscients de l’enjeu politique qui les attend et seules la lucidité et la maturité, les épargneront du pire.

Si c’est ce symbole fort que les ivoiriens attendent, il est officiel. Qui du chevalier attend le cheval ?

Joël ETTIEN

Directeur de publication : businessactuality.com

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