Côte d’Ivoire: La mort du DJ Arafat, doute et conscience

La mort si brutale de l’icône de la musique ivoirienne DJ Arafat, a suscité et continue de créer des polémiques qui divisent autant ses compatriotes. Cet accident qui a défrayé la chronique, a été pour la plupart imputée à un assassinat. Mais comment et pourquoi, les ivoiriens vivent-ils l’après et le doute qui plane sur sa demeure finale ?

Pourquoi, à propos d’un accidenté, de la trempe d’Arafat, il y a trop de mystères ? Pourquoi, son corps n’a pas été montré et livré à ses parents biologiques, pour qu’ils l’enterrent selon leurs rites ? Pourquoi, le cercueil n’a pas été livré le soir du vendredi des funérailles au stade Houphouët Boigny ? Pourquoi, ce sont les artistes étrangers qui ont eu le privilège de s’attirer la totalité des privilèges des obsèques ? Pourquoi, le comité d’organisation a dribblé ses fans, qui n’attendaient que de voir le corps de leur idole, pour lui dire leurs derniers adieux ? Pourquoi, ce comité d’organisation, qui avait tous les moyens, 130 000 000 frs pour ces funérailles, n’ait pu exposer le corps, dans une grande vitrine au stade Houphouët ?

Les ivoiriens ont douté et continuent de douter. Le mystère qui couvrait le pouvoir, vient d’exploser en l’air. Le pouvoir n’a plus de crédit aux yeux de ses compatriotes. Personne ne respecte ce pouvoir. Alors s’il n’y a plus de respect entre le pouvoir et ses compatriotes, les faussaires font quoi dans ce gouvernement, qui se complaisent dans ces combines ? Pourquoi donc le nom de la franc-maçonnie a pu atterrir dans cet imbroglio ? Aujourd’hui, la situation ambiguë qui emballe la disparition du chanteur du « coupé décalé », a ouvert les yeux des ivoiriens qui suspectent les pratiques de cette confession, autrefois mystique, respectée crainte. Si tel est le cas, la mort du DJ Arafat, Ange Didier Houon, vient d’ouvrir les pendules et les ivoiriens, n’en dorment pas. Dans chaque famille, il suffit seulement qu’il y ait des cadres qui émergent, on les suspecte d’appartenir à des loges. La moralité qui nous revient, c’est que les efforts des uns et des autres, sont suspectés, noyés dans ces pratiques. La Côte d’Ivoire est devenue la risée du monde.

Les rumeurs persistent. Le hic, c’est que pour une fois, ce sont des enfants dits de la rue, qui bénéficiaient de la générosité de leur idole, appelés les chinois, qui sont en colère, ce ne sont pas des tenants d’appareils, de pouvoir, de responsabilité pour dire que s’ils n’obéissent pas, ils risquent leur poste, mais ce sont des enfants en colère, dont à tout moment, peuvent descendre au cimetière pour déterrer le corps de leur « maître ». La situation reste donc tendue et DJ Arafat, est parti avec ses mystères qui ont du mal à convaincre et qui vont rappeler à chaque instant, des souvenirs douloureux. Les chinois, ne veulent pas accepter ce traitement infligé à leur idole et veulent son corps. Il demeure où désormais ? Les interrogations ne vont jamais dissiper ces gros nuages. Il ne pleuvra plus sur la vie si courte de cet immortel de Didier Ange Houon, alias, DJ Arafat.

Il ne pourra jamais sécher les larmes de tous ces milliers de fans qui demeurent suspendus aux lèvres de celui que le monde voit et dont sa puissance de nuisance, son abominable humeur et sa capacité de donner la mort, font de lui, une personnalité craintive. On le connaît et personne n’ose le citer pour dire qu’on va obliger à atténuer ses ardeurs. DJ Arafat est mort. Le peuple ivoirien a du mal à l’oublier et qui lui organise tout le temps, des émissions post-requiem. Il est mort et celle même qu’il a percuté, reste dans les oubliettes. Certains croient que DJ Arafat a été tué, d’autres pensent qu’il a été assassiné pour des rituels. A quand, une loi obligeant les motards de porter des casques ?

Peut-on tirer une conclusion dans cette ténébreuse affaire qui va continuer de nourrir des doutes et risquera d’exploser. Les conséquences resteront toujours à l’ivoirienne. Il a réussi à réconcilier les ivoiriens car, ce que l’avenir leur réserve et sa mort corrobore qu’il y a trop de rituels, ils sont tous pris dans un tourbillon. J’espère qu’ils n’auront pas du tournis à l’infini.

                                                                                              Joël ETTIEN

                                Directeur de publication : businessactuality.com  

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