Coopération France-Mali: que cache l’intervention des militaires français au Mali?

   Des militaires français encore morts au combat au Mali, comme si ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire, se répétait.

Les militaires français meurent dans les combats africains

Qui peut se souvenir des militaires français morts au plus fort de la crise ivoirienne ? Moi, je m’en souviens. Au plus fort de la crise ivoirienne et sous le mandat du président Jacques Chirac, le président Laurent Gbagbo qui ne supportait pas la morgue et le mépris des rebelles positionnés à Bouaké, avait pris la décision de les mettre au pas.

Avec ses officiers supérieurs de l’armée, ils avaient pris la mesure de tous les risques pour en venir à bout de ces rebelles qui avaient bloqué la Côte d’Ivoire, en la divisant en deux. Le trop plein de leur mépris qui mettait à mal, la souveraineté de la Côte d’Ivoire, le président Gbagbo avait décidé de récupérer l’entièreté de son pays.

Il avait expédié ses hélicoptères de guerre, appelés les Sukhoï. Le peuple ivoirien attendait les résultats, quand un bruit assourdissant a retenti à Yamoussoukro, l’armée française venait de détruire la flotte de l’armée ivoirienne. Le prétexte, les avions ivoiriens venaient de tuer des militaires français. Où étaient-ils postés pour que l’intervention, si minutieusement calculée, les atteignent ?

En dépit de tous les cris, les demandes d’ouvrir les cercueils pour voir les corps des militaires français tués ont été nulles. La France s’en est servi pour muscler ses intentions et le président Gbagbo qui était aimé de son peuple, le vote de celui-ci n’a pas été pris en compte pour départager les candidats et celui qui était soutenu par la France a été proclamé, vainqueur. La France a agi et le désordre s’est installé dans ce pays, qui maille à retrouver sa stabilité et la même France ne fait rien, pour réparer, son tort.

Le Mali et l’opération Barkhane

Tout en m’inclinant sur ces valeureux militaires français morts au Mali, pour une fois et non tués, je voudrais présenter nos sincères condoléances à leurs familles respectives.

Posons-nous la question, quelle est cette guerre qui se passe au nord du Mali, pour que la France y mette du temps à lui venir à bout, la grande puissance militaire au monde ? Une personnalité politique française n’avait-t-elle pas raison quand elle disait que : « la France va créer des guerres imaginaires en Afrique pour venir jouer les pompiers à cause des pays émergents, pour les empêcher de pénétrer ces colonies. »

Qui tue qui au nord du Mali au juste, et pourquoi ? On veut le savoir pour que des militaires français y périssent sans cesse . Qu’est-ce que se passe dans cette zone de non droit aux maliens si ce n’est que l’armée française qui y a droit ?

Quand des voix se lèvent pour décrier, on leur tape dessus, comme l’artiste interplanétaire Salif Kéita. Pour qu’il y ait une guerre, il faut bien que des peuples frères d’hier, se mélangent les pédales. Or au Mali, ce n’est pas le cas. Mais alors qui tue qui au nord du Mali ?

Le peuple malien oublié au détriment des militaires français

Quand des maliens meurent, on n’en parle pas, ça ne choque personne. Cependant, dès qu’un français tombe, c’est la ministre de la défense qui va donner des instructions formelles au président IBK. Ces maliens que cette guerre imaginaire a chassés de leur territoire, qu’est-ce qu’on fait d’eux ?

En Côte d’Ivoire, juste après la « mort de ces militaires français», la suite, tout le monde la connait. Est-ce à dire que ce même sort sera réservé au président IBK ? Le feront-ils tomber comme ils l’ont fait en Côte d’Ivoire, en déportant le président Gbagbo à la Haye ?

Quelle moralité, les africains francophones doivent-ils tirer dans un tel cas de figure ? Voilà que la jeunesse malienne, commence à en avoir marre et demande le départ de l’armée française sur son sol, en tendant la main aux russes. A la guerre, comme à la guerre, les maliens semblent avoir retenu la leçon. Ils ne veulent plus se faire conter et veulent anticiper pour conserver leur avenir. Pourquoi la France se bat seule contre les djihadistes ? Est-ce, pour protéger ses propres intérêts géopolitiques, qu’elle crée cette guerre imaginaire ?

Tout se ressemble dans ce conglomérat de confusion qui retarde le développement des pays africains francophones. Ce n’est juste qu’un constat qui est intriguant. Ce qui se passe au Mali, c’est passé en Côte d’Ivoire.

                                                                                     Joël ETTIEN

                                               Directeur de publication : businessactuality.com   

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