Afrique du Sud: Cyril Ramaphosa remanie son gouvernement

En Afrique du Sud, le président Cyril Ramaphosa a annoncé jeudi 6 août dans la soirée un remaniement en profondeur de son gouvernement, avec une dizaine de changements à la tête de ministères, pour répondre, entre autres, aux émeutes qui ont touché le pays en juillet. Le gouvernement sud-africain est depuis sous le feu des critiques, pour n’avoir pas su anticiper et réagir à temps. Ce remaniement se veut donc une première réponse.

Le président Cyril Ramaphosa procède à des changements

Le remaniement est marqué par le départ sans surprise du ministre de la Santé, Zweli Mkhize, accusé de corruption. Dix nouveaux ministres, notamment à la Défense et aux Finances, ont été nommés jeudi.

D’importants changements concernent les portefeuilles en lien avec la sécurité. Si le ministre de la police, allié de poids de Cyril Ramaphosa, reste à son poste, la ministre de la Défense fait quant à elle les frais des émeutes. Elle est remplacée par l’actuelle présidente du Parlement. Le ministère dédié à la Sécurité nationale, qui a été fortement critiqué pour son manque d’action lors des pillages, est désormais directement rattaché à la présidence, pour davantage de contrôle.

De plus, un panel d’experts va être chargé d’enquêter sur les dysfonctionnements des services de sécurité lors de cette récente vague de violences.

Zweli Mkhize, 65 ans, médecin de formation largement salué pour sa réactivité face au Covid-19, avait été placé en «congé spécial» début juin suite à l’ouverture d’une enquête pour corruption visant deux de ses proches au ministère, dans le cadre d’un contrat public pour lutter contre la pandémie. Le président Cyril Ramaphosa a précisé, dans une allocution télévisée, que Zweli Mkhize avait demandé de «quitter son poste pour apporter de la stabilité à cette fonction importante».

Des soupçons de corruption sur Zweli Mkhize

Si l’importance du remaniement surprend, le départ de Zweli Mkhize à la Santé, suspendu depuis début juin, était attendu. Des critiques croissantes reprochaient au président son inertie ou son impuissance, alors qu’il avait promis au début de son mandat en 2018 qu’il ne serait pas tendre avec les corrompus.

Et la semaine dernière, l’Unité des enquêtes spéciales (SIU) a saisi la justice pour récupérer l’équivalent de près de neuf millions d’euros provenant d’un contrat irrégulier avec la société de communication Digital Vibes, qui aurait bénéficié à Zweli Mkhize et à son fils.

Dumisan’

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