Cameroun: Un affrontement tribal se dessine.

Le poids du ministre des transports écrase les Bassa dans la Sanaga-maritime. Le peuple Bassa dénonce l’extinction de sa représentativité aussi bien dans le gouvernement qu’à la tête des entreprises parapubliques.

Risque d’affrontement tribal dans la Sanaga-Maritime

La sanaga-maritime est  le département dont le chef-lieu est Edéa. Les autochtones de cette contrée sont les Bassa et les Bakoko. Dans cette localité, au  sein du parti au pouvoir, ces deux tribus se battent pour le positionnement et combattent chacun l’élite de l’autre.
Edéa, bastion de la résistance bassa’a contre l’occupation française, est la  ville la plus importante sur la nationale numéro 3 qui relie Douala à Yaoundé.

Ce village des tribus Bakoko et Bassa a connu  un alliage tribal jusqu’au 02 octobre 2015; date à laquelle Jean Ernest MASSENA NGALE BIBEHE est nommé ministre des enseignements secondaires. Cette nomination a fait des vagues de contestation au sein de la communauté politique de la Sanaga-Maritime, quartier latin du Cameroun. Un mécontentement qui s’est accentué après les  premières nominations signées du stylo à bille du ministre en question.

Lesdites nominations avaient déchu tous les bassa en  fonction au rang de directeur au ministère des enseignements secondaires. 
C’est sans subterfuge que Jean Ernest va évincer tous les hauts cadres babimbi (bassa) en fonction à Edea et Douala pour les remplacer par des Bakoko, ses frères ou des Douala, ses beaux- frères.  « Depuis sa nomination à la tête du ministère des enseignements secondaires (MINESEC), Jean ernest MASSENA NGALLA BIBEHE fragilise le vivre-ensemble et promeut un tribalisme cancérogène au sein de la communauté bassa-mpo’o- bâti » déclarait Marinette Yetna, alors sénatrice suppléante. C’est sans le moindre maquillage rhétorique que le ministre a confié à NDONGOLA, proviseur retraité, l’un de ses pères, que « likol li so’og » qui signifie: « que les bassa rentrent chez eux ».

Jean Ernest MASSENA NGALE BIBEHE et la politique d’exclusion

Après avoir majestueusement dirigé la tutelle des enseignements secondaires, ce fils, Bakoko par son père et Bassa ba Yabassi par sa mère, va remplacer l’homme le plus puissant au ministère des transports. Cette nouvelle opportunité va davantage défrayer la chronique  au sein des cadres du parti au pouvoir de la section de la Sanaga-maritime. Cet état  de chose a fractionné l’élite politique du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) en deux clans: celui du ministre et celui du Duc de Ngompem YINDA, ex Directeur de la société sucrière du Cameroun (SOSUCAM). 

Le malaise s’est accentué avec la nomination de Louis EBOUPEKE à la tête de l’Autorité Portuaire du Cameroun, précédemment Directeur  Regional Afrique EIFIL WOrld Foundation. Récemment encore, Fritz NTONE NTONE,  précédemment délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala est nommé au poste de Président du Conseil d’Administration des Aéroports du Cameroun (ADC). Respectivement, frère et beau-frère du ministre des transports, ces nominations sont de l’huile sur le feu des mouvements tribalistes qui écumaient déjà la sérénité politique dans le quartier latin, la ville lumière.

Les chefs traditionnels Bassa, constitués autour d’un lobbying de manière latente excitent et incitent les populations à l’insurrection populaire. L’honorable Marinette Yetna, de manière manifeste s’est lancée dans une bataille ouverte contre cette gestion de la cité. Elle s’y est tellement engagée qu’elle en est morte; morte pour son ton dur dans la réclamation d’une gestion inclusive de la ville lumière.

Dans l’optique de brouiller les pistes d’une enquête dont l’issue serait un alibi pour les mouvements d’humeur, on fait dire sur les réseaux sociaux par un journaliste indépendant que cette parlementaire a succombé à une chirurgie plastique. L’éventualité d’un affrontement tribal très sanglant n’est pas à écarter des issues de cette guerre de positionnement .

Erick NJEY MASSOCK

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