CEDEAO: La fin d’un règne ?

Les dernières heures de gloire et d’hégémonie de la CEDEAO sonnent actuellement à Conakry. Les guinéens ne veulent plus entendre parler de la CEDEAO et ils le font savoir depuis l’aéroport de Conakry où des foules scandent leurs désarrois à la délégation des chefs d’état commis d’aller forcer la main de colonel Mamadou Doumbiya à libérer l’ex-président Alpha Condé et à remettre le pouvoir aux civils dans 6 mois.

La CEDEAO mal vue en Guinée Conakry

Le président ivoirien, Alassane Ouattara, le ghanéen Nana Akufo-Ado, le sénégalais, ayant jeté l’éponge au dernier moment, sont des envoyés spéciaux qui goûtent à la fureur populaire guinéenne.

A la suite d’un renversement du pouvoir du président Alpha Condé, les guinéens voient en ces militaires, les seuls à les sortir du bourbier politique et de la mainmise de la France dans leur vie. Les africains viennent de se rendre compte que c’est la CEDEAO qui est à la base de tous leurs ennuis, parce qu’il serait un club d’amis sommés à être à la solde de la France qui contrôle tout et dicte qui placer pour la protection de ses intérêts dans l’espace africain francophone.

La colère qui se lit sur les pancartes et les propos qui fusent depuis l’aéroport de Conakry, si le nouvel homme fort s’amuse à écouter ces émissaires, c’est le peuple tout entier qui le balayerait de son poste de président transitoire. Pour les guinéens, il n’est point question de dicter quoi ce soit à ces courageux militaires au fait de leur souffrance et qui viennent de déboulonner celui qu’ils considéraient de dictature imposée par l’ex-président Alpha Condé.

Le cortège présidentiel dans lequel se trouve l’ivoirien Alassane Ouattara, qui n’est pas du tout en odeur de sainteté avec cette population et celui du ghanéen Nana Akufo-Ado, ont été hué tout au long du trajet.

Le cortège des émissaires hué

Huer des présidents en exercice de la CEDEAO, c’est la toute première fois que nous assistons à cette fin de la mainmise sur cette partie de l’Afrique. La fin de règne de cette communauté dirigée par ceux que les guinéens appellent des pantins de la France-Afrique a sonné et désormais, aucun président africain ne peut se prévaloir libre de mépriser sa propre constitution pour se maintenir au pouvoir. Pour l’heure, l’opposition n’a pas encore dit son dernier mot, mais elle est infime dans la colère populaire qui peut à tout moment s’envenimer.

Ce n’est plus évident qu’ils obtiennent le transfert dans un autre pays de leur ami Alpha Condé. Les guinéens seront devant toutes les portes de négociations de leur mission et rien ne pourra leur échapper. C’est l’échec prévisible. Est-ce la fin de règne de la CEDEAO ? Dans les revendications des guinéens, le président Ouattara serait le premier à avoir tripatouillé sa constitution pour se maintenir et cela avait poussé son meilleur ami Alpha Condé à lui emboiter le pas. De ce fait, il n’est pas le bienvenu dans leur pays, en tout cas sur ce sujet important.

Comment peut-on organiser une élection présidentielle en moins de 6 mois dans un pays rompu aux arcanes de la gabegie ? Le bon sens recommanderait à ces présidents du club, de suivre ce qui se passe et ne pas prendre de position; mais le faisant, la CEDEAO s’est fourvoyée et voilà sa fin.

La junte militaire au pouvoir au Mali va pouvoir se diriger là où elle pourra se rendre pour signer tout accord militaire et ses voisins, viennent de casser le mythe CEDEAO.

On annonce aussi que les militaires auraient trouvé plus de 1 milliard d’euros (vrai ou faux) dans les coffres de l’ex-président guinéen, alors que le guinéen le plus pauvre n’arrive même pas à se nourrir avec un 1$ par jour.

L’Afrique se réveille et il faut l’y encourager.

                                           Joël ETTIEN

           Directeur de publication : businessactuality.com   

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