Côte d’Ivoire: 3 milliards alloués au ministre KKB pour quel rendement ?

Kouadio Konan Bertin dit KKB, est-il un adversaire, un concurrent ou un partenaire au président Ouattara ? La question mérite d’être posée au regard du budget de fonctionnement alloué à son ministère. Celui qui s’occupe de l’épineux problème de la réconciliation et de la cohésion nationale, son budget se limitant à 3 milliards de francs CFA, quelle serait sa marge de manœuvre ?

3 milliards de francs alloués au ministre KKB

De tous les budgets alloués aux ministères ivoiriens, celui qui est attribué au ministre KKB, est tellement infime qu’on se poserait la question de savoir si c’est du voulu, ou c’est une pression qu’il subit. 3 milliards de francs pour toute l’année 2022, encore que le ministère du budget va retenir 30% de ce « maigre » financement. Il faut revoir, si ce n’est pas trop demander au président Ouattara et à son premier ministre Patrick Achi.

KKB ne peut être perçu comme un adversaire, un concurrent politique pour le président Ouattara. Il est au service de ce dernier et c’est sous ses ordres qu’il s’exécute. S’il réussit, c’est le président Ouattara le plus grand bénéficiaire, mais alors pourquoi lui allouer cette somme dérisoire pendant que les autres ministères se taillent la part du lion ?

On dit souvent que son ministère est politique et non technique. Depuis combien de temps les ivoiriens se détestent et jouent à la malice ? 2O ans de déchirure interne, 3 milliards pour racoler tous ces tissus fissurés ? C’est trop peu. Chez les Akan par exemple, quand une autorité se déplace chez des chefs, il y a des rituels à obtempérer, bouteilles de liqueur, souvent des moutons ou des bœufs sans oublier des gestes à l’endroit des femmes, des jeunes, des groupes de danses, etc, il fera combien de tournées avec ce budget ?

Il n’est pas trop tard pour redresser ce tir que l’on suppose maladroitement visé. De plus, KKB ne peut pas être considéré comme un adversaire politique pour le circonscrire à cette taille si petite. On lui reproche souvent de rester dans ses bureaux de la Tour A pour recevoir, ce qui n’est pas vrai. En effet, il n’y a pas de weekend qu’il ne se déplace pas et comme il le dit lui-même, ce n’est pas tout qu’il faut exposer sur la place publique. On se souvient de son déplacement au nord pour apaiser la guerre entre les Diawara et les Niellé qui lui avait valu la gratitude de Téné Brahima, président du conseil régional. Combien avait-il dépensé sans compter les frais de séjour de toute son équipe ?

Pendant les élections précédentes, il y a eu morts d’hommes dans certaines villes comme M’batto, Toumodi, Bonoua, Divo; comment le président Ouattara pense-t-il trouver des solutions pour ramener la paix définitive ? Il faut immoler des bœufs sans compter les bouteilles de liqueur à la fin des pourparlers et si le ministre de la réconciliation entreprend une seule tournée dans ces zones qui l’attendent, les cœurs seront encore meurtris. Il faut multiplier ces tournées dans toutes les zones conflictuelles qui s’étendent sur 322 462 km2. KKB est limité et il ne faudrait pas qu’on le juge en fin d’année de n’avoir rien fait.

Le ministre KKB affiche une franche et sincère dose de foi, une volonté inébranlable dans cette mission qu’il ne faut surtout pas le limiter pour une question de fonds. Sur les 322 462 km2, il y a plus de 322 462 litiges à régler et nous dirons plus.

Il faut revoir ce budget. Pour certains ivoiriens, c’est bien fait pour KKB. Pour tant de risques qu’il a pris, c’est comme si c’était le prix de ce qu’ils considèrent à tort comme le prix de la trahison après avoir accompagné le candidat Ouattara. Quand on sait ce que l’opinion pense, il ne faut pas lui donner le bâton, il n’attendra pas pour l’utiliser. 3 milliards pour un tel ministère, cela frise à des interrogations.

Le président Ouattara ne peut pas présenter aux yeux des ivoiriens KKB comme son adversaire, encore moins son concurrent, mais plutôt, un partenaire à ses ordres et dont les résultats positifs seront à son avantage.

                                                   Blé Gnazégbo Laurence

                                                      Afrique de l’ouest    

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