Côte d’Ivoire: Absence de réseaux ferroviaires, est-ce un oubli ?

Depuis les temps coloniaux à ce jour, aucun rail n’a été posé en Côte d’Ivoire. Quelles en seraient les raisons ? On parle du métro qui doit faciliter ou alléger le transport abidjanais dans l’espoir d’amoindrir le bouchon, mais on constate par contre la vétusté des rails qui ne favorise pas la dynamique du transport des marchandises et des personnes par le train.

Le réseau ferroviaire oublié en Côte d’Ivoire

Pendant que les autres pays multiplient les moyens de transports ferroviaires, le TGV par exemple, en Côte d’Ivoire c’est quasiment la méconnaissance ou l’oubli dans ce domaine. On parle de tous les grands projets de développement: des ponts et des routes, toutefois les rails n’y sont pas. Ils sont les parents pauvres de ces décisions majeures qui doivent contribuer au développement. Hélas !

Est-ce un oubli ou une méconnaissance ? Il faut y songer car il est important de réveiller la dynamique du secteur ferroviaire. En effet, à partir de ce trafic, des villes ont connu des essors extraordinaires d’animation et des commerces s’étaient développés et ont permis à des familles d’en bénéficier pour scolariser leurs enfants et faire face à d’autres charges. De plus, emprunter le train était aussi un privilège pour certains. D’Abidjan à Bouaké, de Bouaké à Ouagadougou, le paysage luxuriant donnait à rêver et le voyage donnait des souvenirs. Tout ça a disparu.

Du temps du président Houphouët, il avait initié un grand projet transfrontalier qui devrait relier la Côte d’Ivoire au Burkina Faso et au Niger et la société qui s’en occupait, c’était la RAN (Régie Abidjan Niger).

Depuis la mort de ce visionnaire (le président Houphouët Boigny), le nom de la société a changé en plusieurs appellations qui ont fragilisé ce noble projet et qui n’a rien donné. Les rails de cette époque sont encore là, luttant contre l’usure des temps nouveaux, contre l’érosion avec le regard des décideurs tourné ailleurs.

Dans les temps passés, pour se rendre à Bouaké, la deuxième grande ville ivoirienne, les ivoiriens avaient le choix entre le train plus sécurisant et les cars qui n’étaient pas encore nombreux. Aussi, le train de transport des marchandises favorisait le commerce. Aujourd’hui, ce sont des gros camions qui ne respectent pas les normes de sécurité, provoquant des accidents à cause de leurs surcharges, ensuite la prolifération des cars de transport de personnes. Il faut suivre les accidents en perpétuels récidives sur l’autoroute du nord pour nous rejoindre dans cette analyse-rappel.

Il serait judicieux et bénéfique de multiplier les moyens de transport pour donner la possibilité aux ivoiriens du choix de leur transport. Et, pour réduire le nombre des accidents routiers mortels et meurtriers, il faut absolument revoir les rails, même si un métro est prévu.

De la gare d’Agboville, en passant par les autres gares à l’approche de la ville d’Abidjan, l’ambiance n’est plus au rendez-vous et c’est la tristesse. A la garde d’Adjamé, ce sont les femmes commerçantes à la criée qui ont pris pour base arrière la devanture de cette gare autrefois animée. Au Plateau, le même constat se fait criard à l’idée de voir les rails se transformer en décor. Que dire de celle de Treichville ? Aucune autorité pour prendre la décision de revoir ce trafic. Soit on ne connaît pas l’existence ou l’importance, mais il est impérieux de redonner vie aux rails.

En y veillant, on peut créer des liaisons entre les régions ivoiriennes qui faciliteraient le tourisme et le commerce interne. Abidjan-San-Pédro, Abidjan- Aboisso, Abidjan-Man et les exemples sont légions. Ce qu’on appelle la côtière, s’il y avait en plus les rails, la route ne serait pas abîmée en moins de 10 ans.

Qui ne se souvient pas des temps anciens où certains travailleurs dormaient à Agboville pour venir travailler à Abidjan ? Tous ces vieux souvenirs sont tombés dans les oubliettes. S’il faut donner la vie à tous les moyens de transports, le train paraît le plus rassurant et plus économique.

On pouvait à cet effet citer beaucoup d’exemples, mais revoir ce système de transport ferroviaire réduirait assez les risques qu’encourent les voyageurs, commerçants et les routes ne s’abîmeraient pas en moins de temps.

                                                            Joël ETTIEN

            Directeur de publication : businessactaulity.com

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