Côte d’Ivoire: Faut-il continuer d’accuser KKB d’avoir trahi sa nation ?

Avec le recul, peut-on continuer de juger les autres d’avoir trahi la nation ivoirienne ? Kouadio Konan Bertin, dit KKB, a-t-il a été compris ou doit-il toujours porter le poids d’une trahison nationale ?

KKB a-t-il vraiment trahi ?

Au regard de ce que vivent les ivoiriens, leur raisonnement doit évoluer et suivre la cadence. Si les présidents en charge de la politique ivoirienne qui se sont fait la guerre s’entrelacent aujourd’hui, pourquoi cataloguer KKB ?

Qui ne connaît pas le président Ouattara et ses réseaux d’amis qui ont mis tout en leur possession pour arracher le pouvoir ? Le président Bédié était au pouvoir, ils l’ont frappé par un coup d’état et il est tombé. Ensuite le président Gueï Robert était venu pour balayer et il s’est balayé lui-même et sur sa mort demeure encore des zones d’ombre. Le président Gbagbo qui avait l’armée, le peuple, s’est vu foudroyer par tant d’obus sur sa résidence et la fin, on la connaît. Quand le président Ouattara veut quelque chose, il s’en donne les moyens et rien ni personne ne peut le contrarier.

On parle de son troisième mandat anticonstitutionnel validé par KKB, et s’il n’avait pas été là ?

Imaginons qu’au soir du 30 octobre 2020 il n’y avait pas eu d’élection, ç’aurait été le chao. Une guerre sanglante allait s’abattre sur les ivoiriens et comme il ne s’est rien passé, ceux-ci en lieu et place de thésauriser ce KKB, ils continuent de le vilipender. Mais le temps étant l’autre de Dieu, déballe sa grande lumière sur cette nation.

Quand dans un pays le pouvoir est vaquant, c’est l’armée qui s’en charge et dans le cas d’espèce, il n’y a pas eu de coup d’état. Le camp Ouattara voulant absolument garder ses privilèges et pouvoirs, aurait inexorablement donné des instructions pour ouvrir le feu sur les ivoiriens.

Si les autres ne voulaient pas y aller, pourquoi sont-ils allés déposer leurs dossiers de candidature en fanfare ?

Il n’y a pas plus grand que ce sacrifice que KKB a pris pour sauver la nation ivoirienne et comme le pire leur a été épargnés, alors pour dire merci au sacrifié, c’est la lapidation. Pourquoi attendre que les gens meurent en sacrifice pour les vénérer et les rendre immortels ?

Il faut que certains ivoiriens arrêtent de naviguer dans la grande émotion pour ne pas voir en face la réalité des vérités. KKB n’était pas au pouvoir quand les titans se battaient et cet appétit qui les opposait était encore vivace. Comment faire pour éviter le chao à ce pays ? KKB s’était livré pour sauver son peuple d’une guerre.

En 2010, on annonçait qu’il y avait plus de 3000 morts et si ce n’était pas KKB, combien de morts allait-il avoir en 2020 ? Pourquoi quand on a cette possibilité d’éviter, on préfère toujours que le pire arrive pour pleurer ?

KKB n’est pas un traître

Sans tomber dans un jugement complaisant ou amical, la réalité, c’est ce qui se passe en ce moment. Entre les ivoiriens, il n’y a aucun problème si ce n’est entre les leaders politiques majeurs : Ouattara, Gbagbo et Bédié. Ce que les ivoiriens n’ont pas pu éviter en 2010, ils ont voulu le réécrire en 2020. Ainsi avec le temps, nous nous excluons de qualifier KKB de traître ou de vendu.

Gbagbo et Ouattara, les deux acteurs majeurs et capitaux de la crise se sont jetés dans les bras, c’est eux qui avaient leur problème que le peuple a pris pour argent comptant.

Aujourd’hui, il (KKB) manque à son parti politique le PDCI RDA qu’on le veuille ou non et l’homme ne s’en cache pas, il reste et demeure toujours PDCI RDA.

Il s’est sacrifié pour sauver son pays. Juste un peu de maturité et bonne analyse, c’est maintenant qu’on comprend qu’il avait compris plutôt ce que les autres comprennent maintenant.

De député, il est devenu ministre. Ce n’est pas une récompense, mais un droit pour le laver de tout soupçon.

                                                      Joël ETTIEN

                 Directeur de publication : businessactuality.com

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