Côte d’Ivoire: Adieu Hamed et vive Hamed !

Hamed Bakayoko, un livre se ferme et la vie doit suivre son cours normal. Les ivoiriens, des cadres ivoiriens, ont tous bloqué quelques jours pour rendre des hommages au premier ministre Hamed Bakayoko qui a été inhumé dans la stricte intimité familiale dans sa ville natale de Séguéla, en présence du président de la république et de toute la république. Quelle leçon tirée de cette disparition qui fait couler beaucoup de salive et d’encre ? Adieu Hamed et vive Hamed !

Adieu Hamed Bakayoko

Désormais, on parlera de Hamed Bakayoko au passé. Sur la toile, des directs, des commentaires ont jasé pour donner des grains à moudre. Tantôt, c’est la voie de l’empoisonnement qui est retenue, tantôt c’est un cancer foudroyant et le golden boy s’en est allé avec son flot d’interrogations.

Certains ivoiriens sont allés jusqu’à accuser la France de ne s’être pas impliquée dans ses obsèques, pour des loyaux services rendus par le défunt à ce pays via son président Ouattara et ne pas se faire représenter comme ce fut le cas, quand Gon Coulibaly avait tiré sa révérence où le ministre des affaires françaises était présent lui-même, pendant que son pays fêtait le 14 juillet, les rapports entre les deux pays, seraient sans doute au beau fixe. Pourquoi, la France a brillé par son absence remarquée, même pas son ambassadeur ? A ces interrogations, seuls les sachants nous situeront, peut-être pas maintenant, mais beaucoup d’ivoiriens se posent cette question.

 La nation entière a rendu un hommage de reconnaissance au défunt. Au regard de ce qui a été visible, quels sont les critères, d’un héros national ? Les héros nationaux ne meurent pas puisque l’état qui les distinguent par des baptêmes symboliques à des endroits supposés être historiques, est le seul à les distinguer. On attend.

En plus des volontés souhaitées par bon nombre d’ivoiriens, l’autopsie qu’ils attendent sans l’avoir et qui continue de faire jaser les directs et commentaires sur la toile, devenue aujourd’hui, la nourriture par excellence de l’esprit des ivoiriens, cette autopsie ne viendra jamais. Cette autopsie, ne verra jamais le jour ou si elle a été pratiquée, restera dans les tiroirs du secret de la famille.

Hamed est parti avec autant de mystères qu’il restera longtemps dans les esprits de ses compatriotes comme s’il était le seul qui pouvait faire fléchir ou infléchir les décisions sacerdotales du pouvoir. Hamed est parti trop tôt et juste à son apogée, il est parti.

Aux yeux de tous, il a reçu les hommages mérités par la nation, un gros budget a été alloué à ses obsèques, il est parti, dans un linceul et repose désormais, dans le caveau familial, il est parti. Pendant combien de temps, il occupera encore les causeries des salons et les animateurs des réseaux sociaux ? Ni sa femme Tanoh Yolande, encore moins ses propres enfants qui ont vu la dimension de leur père, ne pourront tenter de le remplacer ?

Hamed est parti et la vie logiquement ou de force va et doit suivre son cours normal. Les traces de Hamed seront difficilement extirpées et nettoyées par les rumeurs qui n’auront de suite. Le monde est fait de départs et d’arrivées et parmi ces arrivées, aura-t-il un autre Hamed ?

Un nouveau gouvernement est en attente d’être proposé aux ivoiriens. Parmi les promus, aura-t-il des traces de Hamed ou ils vont tous les effacer, parce qu’ils seront condamnés ? Les ivoiriens ont le regard tourné vers le président de la république qui est libre maintenant, de composer selon sa propre volonté, le choix de ses collaborateurs. Comme pour dire qu’il y a des morts, qui redressent les reins, il a le champ libre et c’est maintenant qu’il offrirait son héritage à ses compatriotes pour son existence à la tête de ce pays. Adieu Hamed et vive Hamed !

                                               Joël ETTIEN

        Directeur de publication : businessactuality.com   

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