Côte d’Ivoire: L’annonce des poursuites judiciaires peut-elle entraver le processus de la réconciliation ?

La justice peut-elle influencer le processus de réconciliation enclenché en Côte d’Ivoire ? Le procureur de la république de Côte d’Ivoire au cours d’une conférence de presse qu’il a animée la semaine dernière, a informé l’opinion ivoirienne de la fin des enquêtes sur les malheureux événements survenus pendant la période électorale et  des poursuites seront engagées. Un vent de panique se ressent dans les commentaires inquiétants. Alors on se pose la question de savoir si la mise en application de futures mesures judiciaires pourront affecter le processus de réconciliation mis en place par le président Ouattara.

Des poursuites judiciaires annoncées en Côte d’Ivoire

Peut-on construire une société sans justice ? Ramenons notre analyse en arrière comme si nous étions à cette époque. Quand on n’a pas envie d’une chose, inutile d’aller jusqu’au bout. Pendant que les institutions de la république fonctionnaient à cette époque, on a créé un comité national de transition, appuyé par des appels de désobéissance civile qui conduisirent à des morts et destruction des biens.

On se rappelle qu’à Daoukro, le village natal du président Bédié, un jeune a été assassiné et sa tête a servi de ballon, jusqu’à présent, aucune image venant de ce village pour nous montrer que le président Bédié se serait rendu dans la famille du jeune décapité. Si ces images ont existé, on serait preneurs pour en faire bon usage. C’est parce que la justice est de nature lente qu’elle surprend quand elle veut agir.

Maintenant que l’heure de la vérité va sonner, qui coïncide avec la reprise du dialogue politique, beaucoup se posent la question de savoir si ce dialogue ne va pas prendre un coup. Le dialogue politique est indépendant et ne doit en aucun cas se laisser influencer par le cours de la justice.

On ne peut pas laisser impunis des fauteurs d’actes criminels qui ont causé autant de décès et de dégâts importants.

Quand on pose des actes qui occasionnent des morts par des appels à la désobéissance civile sans que la justice ne fasse son travail d’équité et de réparation, c’est que la Côte d’Ivoire n’est pas vraiment un état de droit.

Qui a fait quoi ? L’ordre est venu de qui pour que les résultats des enquêtes fassent tant paniquer ? Il faut que la justice soit rétablie pour que les parents des victimes et ceux qui ont perdu des biens soient apaisés, sinon à cette allure, l’impunité ne permettra jamais à la Côte d’Ivoire d’être un pays de droit.

Si les ivoiriens veulent un état de droit, ce qu’ils n’ont de cesse de revendiquer, une aubaine leur sera offerte. Ils n’ont de cesse de critiquer cette justice d’être à la solde du pouvoir, voilà une noble occasion de la voir à l’œuvre.

Nous pensons que les ivoiriens ne doivent pas interpréter la fin et la mise en application des résultats des enquêtes. 

Les parents des victimes sauront qui a fait quoi pour qu’ils soient au moins apaisés, au demeurant, dédommagés pour permettre aux âmes des victimes de reposer en paix. Ainsi donc, le processus mis en place pour parler de réconciliation ne sera ni de loin, ni de près, inquiété par la nouvelle donnée par la justice ivoirienne. 

                                                     Joël ETTIEN

      Directeur de publication: businessactuality.com

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