Côte d’Ivoire: décès tragique de Ani Guibahi (14 ans), et si on y tirait les grandes leçons.

Décès de Ani Guibahi: La part de responsabilité à M. Ouattara?

Que pensez de la mort du petit Ani Guibahi?

Le drame que le petit Ani Guibahi a vécu en allant s’immoler dans l’avion, en d’autres lieux pouvait susciter des émeutes car sa mort, est un grand signal d’éveil de conscience. Mais hélas, les ivoiriens ne sont que dans la passivité. Quelle est la part de responsabilité du président Ouattara ?

Même s’il ne peut pas décider du sort de son pays à l’international, M. Ouattara sait que son équipe proche, parents et ministres, peuvent beaucoup le compromettre s’il laisse tout faire sans prendre des mesures.

Comment les ministres en charges de l’éducation, de la formation et de l’enseignement peuvent se permettre d’envoyer leurs enfants dans les pays européens et américains acquérir le bon savoir au détriment des enfants des pauvres ? Le cas récent de son ministre Mabri Toikeusse qui a brandi fièrement les diplômes de sa fille, scolarisée en Ecosse, en est une faute très lourde pour laquelle, il devrait être sanctionné, pareil pour madame Camara dont la fille étudie aux USA pour marquer les consciences et rassurer ses administrés.

Pendant le règne du président Gbagbo, les artistes Siro et petit Yodé, ont chanté : « fais attention, monsieur le président. » Dans la chanson, ils attiraient l’attention du président Gbagbo sur la gabegie de ses collaborateurs, mais hélas, c’était trop tard, mais la chanson est d’actualité, je vous la recommande.

Comment ne pas faire l’état des lieux de l’ensemble de l’éducation nationale depuis plus de 70 ans qu’on applique les mêmes dans les écoles, lycées et universités ?

Notre système éducatif, ne répond plus aux exigences et n’obéissent plus à notre mode de développement. La politique de l’éducation et de la formation fondée sur le modèle ancien est sclérosée.

Elle est dans le schéma d’un entonnoir. Plusieurs enfants au départ pour peu d’arrivée. Combien d’étudiants sont au chômage sans aucune ouverture ni espérance pour devenir utile à la société. Sur ce plan, le président de la république n’a pas besoin d’avoir le feu vert de ses décideurs.

Ce n’est pas la construction des universités à foison sur le territoire national, qu’il faut; mais pourquoi et à quelles fins, ces universités ? Voilà déjà à 14 ans, Ani Guibahi a mijoté de quitter la misère et ne sachant rien des moyens de transport, il a cru qu’en se fixant sur l’aile de l’avion, il arriverait sain et sauf à destination, comme les Gbakas le font. Il est mort et les médias français se mettent laconiquement à interpeller des invectives populaires au président Ouattara à travers leurs reportages orientés.

Le problème est colonial et la France veut que les pays africains copient son système scolaire sans tenir compte des réalités de ces pays africains. C’est un vrai danger qui se profile à l’horizon.

Il faut construire avec stratégie…

Prenons un exemple, au nord de la Côte d’Ivoire où la pratique de l’élevage est propice, pourquoi ne pas y implanter une université liée à toutes les formes de l’élevage pour que dès que l’étudiant finisse ses études, il trouve du boulot en se mettant en pratique, ses connaissances en la matière ?

Vers Gagnoa où se trouve la boucle du cacao, une autre université basée à 90% sur les métiers de l’agriculture ainsi de suite, de sorte qu’on réduise le taux de chômage. J’en connais qui ont plus de 40 ans, des diplômes placardés au mur du salon de leurs parents et qui n’arrivent pas à trouver des stages à plus forte raison, trouver du travail. Alors si c’est pour former des chômeurs, autant fermer ces universités.

Quand il n’y a pas de clarté dans la formation, l’éducation, le pays sombre et c’est la porte ouverte à toutes les formes de misère, de pauvreté et les conséquences sont inéluctablement ces spectacles désolants que la mort du petit Ani a livré au monde entier. Ce n’est pas la destruction du quartier Adjifou jouxtant la clôture de l’aéroport, qui est la source, loin de là. Les pauvres habitants de ce quartier, qu’ont-ils à avoir pour payer le lourd tribut d’un problème qui date. Non, pour une fois, le président Ouattara n’aurait pas à les faire déguerpir. Ils n’y ont rien à voir. Comme disait le président Chirac, ta maison brûle et tu regardes ailleurs.

Qu’est-ce qui a bien poussé Ani Guibahi à ce suicide?

Comment un grand pays comme la Côte d‘Ivoire aux richesses incommensurables, ses enfants perdent la visibilité pour aller sombrer dans l’irréel ? Il faut trouver d’autres moyens pour éviter à cette jeunesse ivoirienne, le chômage chronique endémique qui s’inscrit dans sa vie, comme le seul moyen de subsistance. Le chômage n’est pas un diplôme, encore moins une formation.

Tout est lié à l’éducation et à la formation. Il faut y songer pour ne plus revivre et de là où il vit, je ne sais pas si c’est dans les airs ou sur terre, le petit Ani Guibahi se dise enfin, ma mort a servi de leçon pour que les autres survivants afin qu’ils vivent mieux. Comme Jésus Christ, il s’est crucifié pour que le monde entier se retrouve dans les édifices, temples espérant le bonheur qui ne vient jamais et comme personne n’a la clé, tous attendent son retour. Adieu Ani, j’ai compris et repose en paix !

                                                                                       Joël ETTIEN

                   Directeur de publication : businessactuality.com

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