Côte d’Ivoire: Droit de réponse à Frat-Mat

Nous venons de recevoir ce document relatif à un manque de diffusion d’un droit de réponse qui, logiquement, avait le droit de figurer dans le journal gouvernemental ivoirien: Fraternité-Matin et que la direction de ce quotidien, tarde ou refuse de le faire et pourtant, cela dénote de la déontologie.

DROIT DE REPONSE

Dans le numéro 16 842 du Vendredi 12 Février 2021 du quotidien Fraternité Matin, Monsieur Bledson Mathieu a signé une publication sous forme de « reportage ». A la première page de ce numéro référé, il est marqué : TOUMODI : la haine a failli détruire la ville pages 8 à 10. C’est avec stupéfaction que les Grandes familles KOUA KOKO, KOUA NIANGOIN, KOUA KOUASSI NANGLE, TIACOH et MESSOUM du village de TOUMODIKRO, déjà endeuillées par les pertes cruelles et atroces des leurs, à savoir, Feux YAO Amenan, KOUADIO Augustine, YAO Amoin Yvonne et MESSOUM Konan Robert, ont pris connaissance du « reportage ». La présente contribution est leur droit de réponse. 

Aux pages 8 à 10, le sieur Bledson s’efforce à démontrer que :

  • Les crimes et atrocités perpétrés à Toumodi sont la conséquence de l’échec du mot d’ordre de désobéissance civile lancé par l’opposition politique lors de l’élection présidentielle du 31 octobre 2020 ;
  • Les crimes et atrocités perpétrés à Toumodi ont été suscités par certains hommes politiques locaux ayant perdu toute crédibilité mais qui souhaitent revenir aux affaires en salissant leurs adversaires politiques dont les réalisations ont impacté la vie des populations qui, de ce fait, sont acquises à leur cause ;
  • Les crimes et les atrocités sont la conséquence de la manipulation et l’instrumentalisation des Jeunes à travers des Fake News tendant à faire croire que des « Microbes » à la solde du Pouvoir ont été déversés pour attaquer les Jeunes Baoulé.

Ces écrits, d’une extrême gravité et bien loin des réalités pourtant si récentes, obligent les Grandes familles de TOUMODIKRO à rompre le silence et le recueillement qu’impose en pareille circonstance, le deuil qui les frappe très durement.

Avant tout propos, qu’il nous soit permis de rappeler en quoi consiste, en journalisme, « le reportage » ou « l’enquête ».

Le reportage est un article ou ensemble d’articles où un Journaliste relate de manière vivante ce qu’il a vu et entendu. Quant à l’enquête, elle est la recherche de la vérité par l’audition de témoins et l’accumulation d’informations. Dans les faits, la démarche du sieur Bledson ne répond à aucun de ces principes compte tenu du caractère soi-disant d’investigations qu’il donne malhonnêtement à sa publication telle que livrée aux lecteurs.

L’article du sieur Bledson ne nous dit rien sur sa présence à Toumodi ainsi que les personnes interrogées. Il se contente de publier des photos de parents de victimes mais aussi des photos qui n’ont absolument aucun rapport avec les événements de TOUMODIKRO (voir page 9 du quotidien). Ainsi, pas une seule ligne de son article ne précise que les événements de TOUMODI ont eu lieu, certes à ABLI, mais aussi à TOUMODIKRO qui a été, avec le village de ABLI, les théâtres des crimes et atrocités. Cet amalgame délibéré et tendancieux rend suspect le contenu des affirmations et des écrits du sieur Bledson. Mais nous irons encore plus loin pour le démontrer.

De quoi s’est-il agi ces 31 octobre 2020 et 1er novembre 2020 à TOUMODI ?

Autour de 9H30, dans la matinée du 31 octobre 2020, jour de l’élection présidentielle, des Jeunes malinkés arrivés en grand nombre du quartier Dioulakro de Toumodi, ont envahi l’Ecole EPP LA PAIX de TOUMODIKRO abritant les bureaux de vote du village, alors qu’ils n’y étaient pas inscrits. Selon eux, ils sont venus sécuriser le lieu de vote alors même que les Forces de l’Ordre normalement commises à cette mission étaient effectivement présentes.

Ces Jeunes malinkés, malgré la présence des Forces de l’Ordre, se sont livrés à des actes de provocations et d’agressions verbales et physiques à l’endroit des Jeunes de TOUMODIKRO présents sur les lieux. Certains de ces jeunes n’étaient que de passage. Mais jamais aucun des jeunes malinkés n’a été inquiété.

C’est ainsi que les Jeunes du village de TOUMODIKRO, et ceux des quartiers de la ville de Toumodi, ont demandé que le vote n’ait pas lieu dans leur périmètre respectif. Il y a eu des échauffourées qui ont amené les autorités administratives à arrêter les opérations de vote à TOUMODIKRO.

Dans l’après-midi du 31 octobre 2020, vers 17 Heures, ces mêmes Jeunes malinkés sont revenus à TOUMODIKRO. Cette fois, ils incendient et détruisent le débit de boissons appartenant à Monsieur KOUADIO Yao Jean, fils de TOUMODIKRO.

Dans la nuit, vers 21 heures, ces Jeunes malinkés sont encore revenus. Cette fois, ils se sont livrés à l’incendie de nombreux commerces et surtout, à la destruction des Compteurs d’eau SODECI.

Cette même nuit, des Cadres du village de TOUMODIKRO ayant été informés, ont usé de leur relation personnelle, pour faire venir des renforts sécuritaires de la Gendarmerie Nationale en provenance de DIMBOKRO et de YAMOUSSOUKRO. Grâce à ces gendarmes venus en renfort sur les lieux, le pire a été évité cette nuit du 31 octobre au 1er novembre 2020.

Le 1er novembre 2020, aux environs de 14 heures, une rencontre de concertation a été organisée par les Autorités administratives, politiques et policières de TOUMODI, en vue de prévenir des affrontements intercommunautaires objectivement prévisibles, en raison des destructions de la veille à TOUMODIKRO. Cette rencontre s’est terminée « en queue de poisson » de telle sorte qu’en sortant de la salle de la Mairie, un mot d’ordre a clairement été donné par une haute autorité politique, une Dame, en ces termes : « … dans ce cas, les Jeunes, allez faire votre travail… ».

Avant la réunion de concertation à la Mairie, des barrages et barricades avaient été dressés par les Jeunes de TOUMODIKRO, aidés en cela par les Jeunes des villages environnants qui sont venus les soutenir. Leur objectif était de prévenir et d’éviter de nouveaux dégâts dans leur périmètre villageois. Mais, sur l’intervention des Autorités administratives et policières, qui visaient selon elles, à faire baisser la tension, les Jeunes de TOUMODIKRO ont levé les barrages et barricades.

Vers 13 Heures de ce 1er novembre, et pendant la rencontre de concertation se tenait encore à la Mairie, les Gendarmes venus en renfort sont retournés dans leurs bases respectives.

Suite à l’échec de la concertation qui avait lieu à la Mairie, un groupe compact de Jeunes malinkés surexcités dont certains étaient en tenues « DOZO », bidons, armes blanches et armes à feu en mains, en provenance du quartier DIOULAKRO, s’est dirigé vers le village de TOUMODIKRO. La suite, on la connaît :

  • 04 personnes brûlées vives après que les criminels ont bloqué les portes et fenêtres de la maison pour qu’ils ne puissent s’échapper ;
  • 30 maisons incendiées et totalement détruites à TOUMODIKRO ;
  • Plusieurs blessés par machettes et par balles à TOUMODIKRO.

Monsieur Bledson, voici les faits. TOUMODIKRO a été le théâtre des crimes et des atrocités. Le village d’ABLI situé à 3 kms de TOUMODI l’a été également. En dehors de ces deux villages, il n’y a pas eu d’autres lieux où des dégâts ont été occasionnés.

Monsieur Bledson, si vous aviez pris la peine de faire votre travail d’investigation, même avec légèreté, vous auriez eu accès à ces informations car beaucoup de victimes sont encore vivantes et auraient pu témoigner. Vos écrits ne sont donc pas le fruit d’un reportage ni d’une enquête.

Nous sommes donc amenés à vous poser la question suivante : Monsieur Bledson, qui vous envoie ? Qui a commandé cet article sous votre plume ? Que recherchez-vous ? Pourquoi tant de haine de votre part à l’égard de TOUMODI ? Pourquoi tant de contre-vérités et d’amalgames de votre part ?

Voyez-vous Monsieur Bledson, de la manière dont vous avez procédé, votre démarche vous a trahi !! Avouez-le ! Dans ces conditions, il n’est pas utile de vous suivre dans vos errements.

Pis encore, des interrogations de bon sens, qu’exige la situation et qui n’auraient pu échapper à un vrai journaliste d’enquête ou de reportage ne vous ont pas effleuré l’esprit. Posées, ces interrogations auraient pourtant eu l’avantage de contribuer à l’éclatement de la vérité, si tant est que celle-ci était vraiment votre objectif. Mais vous les avez ignorées, sciemment ; délibérément. En voici quelques-unes : 

  • Pourquoi TOUMODIKRO serait le théâtre des opérations si ce sont les Jeunes de TOUMODIKRO qui ont été instrumentalisés ou manipulés pour provoquer les affrontements, comme vous le prétendez ?
  • Pour quels intérêts les Jeunes de TOUMODIKRO s’auto-attaqueraient-ils ?
  • Pourquoi les renforts des villages environnants devraient-ils se trouver en position de défense ?
  • Pourquoi il n’a pas été question, ne serait-ce qu’un seul instant, d’une descente des Jeunes de TOUMODIKRO et des villages environnants sur DIOULAKRO ? On aurait alors compris qu’il se serait simplement agi d’une riposte infligée à des agresseurs.
  • Quelle est la distance qui sépare TOUMODIKRO et DIOULAKRO ?
  • Pourquoi TOUMODIKRO a été le seul théâtre des opérations le 31 octobre 2020 alors que bien d’autres villages et quartiers de la ville de TOUMODI n’ont pas pris part au vote ?
  • Pourquoi les Forces de l’Ordre se sont abstenues de s’interposer pour arrêter la horde de Jeunes malinkés qui se dirigeaient vers le village de TOUMODIKRO au vu et au su de TOUS ?
  • Qui a accueilli, nourri, hébergé à l’EPP DOMINIQUE OUATTARA ROMBO EXTENSION les 70 « militaires supposés » arrivés à TOUMODI, et ce, durant une semaine avant le jour du vote ? Les Autorités administratives locales en étaient pourtant informées. Qu’ont-elles fait ces Autorités ?

Au vu de tout ce qui précède, les Grandes familles de TOUMODIKRO considèrent que :

  • Les crimes et atrocités perpétrés à TOUMODIKRO ont été ciblés et savamment prémédités ;
  • Il n’y a aucun précédent historique en termes de conflits de cohabitation à TOUMODI qui justifient ces crimes et atrocités ;
  • Il n’y a aucune excuse à une telle barbarie ;
  • Seule une instruction judiciaire suivie d’un procès équitable éclairera l’opinion nationale et internationale sur les causes réelles et sérieuses de ces atrocités.

Au demeurant, les Grandes familles de TOUMODIKRO constatent que certaines autorités politiques, alors même que l’instruction de ces événements douloureux n’est pas encore amorcée, se livrent à des déclarations pour se mettre hors de cause. Leur démarche est celle du sieur Bledson que nous incriminons. A vous tous, sachez selon l’adage que, « qui s’excuse sans y avoir été invité, s’accuse ». Nous ne ménagerons aucun effort pour faire établir, un JOUR, les responsabilités quel que soit votre statut. Il ne saurait être question de faire des victimes, leurs propres bourreaux !!

Monsieur Bledson, si dans le cadre de votre foire aux amalgames et contre-vérités, vous aviez un tant soit peu fait un peu d’histoire de TOUMODI, vous auriez très vite compris que TOUMODI regorge d’éminents Cadres bien avant l’indépendance de notre pays. TOUMODI a donné à notre pays, beaucoup de Ministres et de très Hauts Cadres éminents qui ont permis son développement et son rayonnement. D’ailleurs, il n’est pas exagéré d’affirmer que c’est le rayonnement de TOUMODI qui attire de nouveaux « ressortissants auto-proclamés » qui pensent cacher ou ternir par quelques écrits suspects, la somme du dur labeur, durant des décennies, de tous ces Hauts Cadres. Les faits sont têtus, dit-on !! Les faits ne choisissent pas leur camp.

Enfin, Monsieur Bledson, vous avez échoué dans votre tentative de venir au secours, à l’occasion des prochaines joutes électorales de mars 2021, de candidats dont vous êtes, incontestablement, très proche. Les populations de TOUMODI ont de la mémoire et sauront vous donner la réplique appropriée à votre projet hideux. NON Monsieur Bledson, ne plaisantez pas avec le malheur et la douleur des autres. Veuillez respecter le Deuil qui frappe TOUMODIKRO, ABLI et tout le Département de TOUMODI.

C’est le lieu d’exprimer nos remerciements infinis à tous ceux qui nous ont apporté et qui continuent de nous apporter leur compassion, leur réconfort, leur soutien moral et financier en cette douloureuse circonstance. Puisse le Tout-Puissant vous combler et veiller sur vous au quotidien.

Les Grandes familles de TOUMODIKRO exigent que le présent droit de réponse soit publié dans les mêmes conditions que l’article incriminé du sieur Bledson Mathieu à savoir :

  • A la page 1 : En grand titre
  • Aux pages 8 à 10, la publication de l’intégralité du présent droit de réponse.

Pour les Grandes Familles :

  • KOUA KOUASSI NANGLE
  • KOUA KOKO
  • KOUA NIANGOIN

Pour les Familles :

  • TIACOH
  • MESSOUM
  • NANGLE
  • NIANGOIN

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