Côte d’Ivoire: Election du président de la FIF, les erreurs de la star Didier Drogba qui pourront lui jouer des sales tours.

Voici quelques constats qui ont fait rater l’entrée en scène de la star Didier Drogba à la conquête de la fédération ivoirienne de football, la FIF, et qui pourront lui jouer des tours. Si Didier avait emprunté la bonne voie, il passait haut les mains, mais hélas et suivez mon regard.

Quelques erreurs commises par la star Didier Drogba

Vouloir être président d’une quelconque association a ses codes et ses principes. Notre star, pourquoi ne s’est-il pas associé des conseils de vrais sachants pour le guider dans sa conquête pour qu’il prenne ce chemin trop torturé, ambigu ? Quand il avait eu le sentiment de briguer la présidence de la FIF, de prime abord, il faisait le tour de tous les anciens, les rassurer et au demeurant, les soudoyer. Non seulement, il demande au premier ministre Hamed Bakayoko de le conduire chez le président Ouattara, sans au préalable lui donner les raisons, alors que M. Hamed Bakayoko avait déjà donné sa parole au groupe de Sory.

C’est devant le président Ouattara que Didier expose ses ambitions et lui demande son soutien. Le président le renvoie vers M. Hamed Bakayoko, qui avait donné auparavant sa parole à Sory. Voilà, Hamed qui aime très fort Didier devant le fait accompli, que faire ? Il joue le jeu devant le président Ouattara, sachant très bien qu’il ne sera pas facile de revenir sur sa décision. Voici un premier obstacle.

Didier Drogba sait très bien que les présidents des clubs, ne vivent que sur leurs propres moyens pour faire fonctionner leurs équipes, sinon, sur une année, 50 millions, ne sont pas suffisants pour mettre tout le monde dans les conditions idoines. Il pourrait simplement leur proposer ses 100 millions, mais il ne peut pas vouloir, leur imposer un contrôle, un audit à la fin de chaque année de manière catégorique. Ces grands électeurs, n’ont pas apprécié cette démarche.

Un autre mauvais pas ?

Pourquoi, bien avant, il n’était pas allé voir les anciens qu’il ne côtoie pas souvent car beaucoup n’ayant pas de qualification professionnelle, sont entretenus par la FIF et Didier veut auditer la fédération, c’est-à-dire, les rayer sur la liste de ceux qui doivent leur survie à cette équipe de Sory. Ils se sont tout simplement braqués contre lui, parce qu’il ne leur a rien proposés en retour, ils sont aussi des grands électeurs.

C’est vrai qu’il a de bonnes idées, Drogba, mais si ceux qui doivent le voter, il les contourne pour venir leur imposer, la conduite à tenir, ce sont des pères de famille, qui ne veulent pas qu’on leur enlève leur pain de leur bouche. Voilà une des grandes causes de son embarras.

Ceux que Didier est allé voir, ne sont pas en général des grands électeurs, les arbitres.

Et voilà que quelques responsables de la FIFA, ses amis informés des difficultés de leur ami, descendent à Abidjan pour en savoir davantage. Ils buttent sur des choses qui les dépassent et bloqués, ils sont dans l’obligation de repartir, sans rien faire.

Didier Drogba, d’après ce qui nous a été remonté, fréquente difficilement ses pairs. Il est distant d’eux et pourtant, s’il était accessible, fréquentable, sociable, ce sont ces amis-là, qui le plébisciteraient à la présidence de la FIF. Il est trop blanc dans sa tête, le dira un ancien.

La star Didier Drogba devra faire preuve de patience au cas où…

Nous espérons qu’il ne prendrait pas ce qui lui arrive en mal, pour se laver les mains, il est encore jeune et il a l’avenir devant lui. Il ne faudrait pas qu’il en tire des leçons pour s’éloigner s’il envisageait vraiment apporter sa touche, à ce sport roi et à ses compatriotes dans ce milieu.

Sinon, qui ne sait pas que le football ivoirien traverse des moments difficiles dus à un manque de coaching, de management pour faire revenir le goût de ce sport aux ivoiriens?

Aussi, il faut que ceux qui arrivent, changent complètement de stratégie. Si la Côte d’Ivoire a remporté sa première coupe d’Afrique au Sénégal, c’est en grande partie, avec les locaux, c’est-à-dire des joueurs qui évoluaient dans les clubs locaux (ASEC, AFRICA, STADE, STELLA, …)

Depuis un certain moment, l’équipe nationale nargue les locaux en prenant les professionnels évoluant dans les grands clubs, frustrant et minorant les locaux. Comme ce sont vers ces millionnaires que les responsables de la fédé vont, le football ivoirien est tombé dans les oubliettes et la notoriété des clubs locaux en a pris un coup de glacé pour se retrouver par terre.

Didier a péché par naïveté, mais il pourra se racheter. Qu’il se serve de l’exemple des hommes politiques, le président Gbagbo a passé plus de 40 ans avant de parvenir au pouvoir, M. Ouattara, plus de 20 ans parce qu’ils aimaient vraiment le pays et les ivoiriens. Ils ont été patients, et de cette patience teintée d’amour, ils ont pu accéder au pouvoir. Il faut qu’il en fasse de même.

                                                                 Joël ETTIEN

       Directeur de publication : businessactuality.com

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