Côte d’Ivoire: Houphouët, Bédié, Guéï, Gbagbo et Ouattara, qui a pu convaincre ?

Qu’est-ce que nous retenons des cinq leaders politiques ivoiriens, Houphouët, Bédié, Guéï, Gbagbo et Ouattara ? Quels souvenirs avons-nous retenu de chez ceux-là ? Nous allons en déceler quelques qualités et peut-être quelques petits défauts dans l’espoir d’éveiller des bougies non encore allumées. Qui a pu convaincre ?

Pour ceux qui ont connu le président Houphouët Boigny, dont beaucoup le pleurent quand ça ne va pas, c’était le tout premier président de ce pays quand sa densité n’excédait pas encore les 3 millions d’habitants. Le président Houphouët Boigny sortait des tout premiers africains ayant véritablement vécu et connu les blancs sous toutes les formes. Il alliait malice et intelligence pour les flatter à l’aider à poser des bases d’un élan de développement. Ainsi, il avait obéi et acceptait toutes les compromissions, pourvu que son pays soit à la tête et non à la queue.

On ne peut plus l’accuser, mais les périodes ont évolué. La population a augmenté et continue d’évoluer ainsi les donnes ne sont plus les mêmes. Le président Houphouët avait partagé les richesses du pays à tout un chacun avec des miettes en gagère presque primaires.

Il leur a tiré de l’admiration pour construire son pays et il a réussi pour le peu de temps.

Konan Bédié qui avait cru que le tout était un acquis, avait voulu imprimer ses marques par des projets de société tangibles. Il croyait que tout était acquis et il a mêlé enthousiasme, joie, plaisir, parce qu’on ne pouvait pas travailler sans se distraire; il a été incompris et la suite, c’est le coup d’état militaire qui a encore ses séquelles qui cicatrisent la mémoire de ses compatriotes. La plaie est encore béante.

Guéï Robert avait compris l’essentiel. Le pays était bourré de malins qui passaient tout leur temps à taper dans les poches des autres pour s’enrichir et semaient la terreur. Il avait réussi à mettre de l’ordre. Malheureusement, il s’est fait tromper par la même politique et la suite, on la connaît.

Laurent Gbagbo est venu avec un enthousiasme sans égal et un changement culturel. Il avait réussi à imposer un nouveau style de vie à ses compatriotes. Il a pu mettre fin aux discours craintifs pour se mettre au travail. Il avait commencé par le changement vestimentaire. Dans un pays où on se lève avec plus de 27°C, il a imposé sa marque de vêtement léger qui avait commencé à emballer ses compatriotes. La liberté d’expression qui se dégageait de son peuple, il leur apprenait à faire de la politique autrement, par des agoras. Il émancipait politiquement ses frères et sœurs ivoiriens. Il n’était pas loin d’inviter ses autres pairs à vouloir battre leur propre monnaie, il a été cueilli par les occidentaux.

Enfin, Alassane Ouattara. Il croit que ses compatriotes sont mûrs pour aller dans sa rapidité des choses or il se trompe. Il parle peu ou prou. Il veut qu’on le juge au résultat dans un pays où 60% sont analphabètes et où, la pauvreté est un signe de lucidité. On voit partout ses œuvres et ses gros œuvres, mais l’ivoirien n’a pas la connaissance pour s’y adapter et il le vomit.

Le banquier que tout le monde voulait s’arracher, aux pieds du mur, il voit qu’il n’est pas aimé et il broie son amertume. Un peuple, il faut lui parler, expliquer ce qu’on fait pour lui et, combien ça va lui coûter et comment il doit le rembourser. Quand on le laisse seul deviner, il se retourne contre vous et c’est ce qui arrive au président Ouattara.

Il veut inciter ses compatriotes au travail, mais il ne leur parle pas. Comment ceux-ci pourront le suivre dans sa cadence frénétique qui leur donne du vertige au lieu de plaisir ? Au départ, en voulant absolument mettre ses compatriotes au pas et au travail, il a appliqué un mode de gouvernance terrifiant qui les a faits tous fuir et c’est le dédain. Beaucoup de ceux qui pouvaient contempler ses prouesses sont en prison et le demeurent encore. Comment veut-il que celui qui a les larmes dans ses yeux puisse le chérir à travers ses réalisations ?    

Comme sur une piste de danse, les ivoiriens attendent l’orchestre qui ne joue pas et vers le milieu, ils vocifèrent. Il a mal et même très mal, mais on ne peut pas bâillonner un peuple pour l’inciter au travail contre son gré. Il ne parle pas et ce silence lui a retourné l’effet contraire. En dehors de son acharnement au travail, comme il est invisible, il n’influence pas de marque à ses compatriotes. Ses sorties sont rares et du coup, les ivoiriens ne savent pas son quotidien pour s’y inféoder et il est critiqué vertement avec des slogans: « on ne mange pas du goudron ». Pourtant ce goudron, il ne l’emportera pas avec lui au paradis, c’est pour eux.

Il faut que l’ivoirien cesse de pleurer sur son sort. Il n’est pas le moins nanti, il a tout et il lui suffit d’un peu de lucidité pour voir qu’il est riche. Mais là encore, il faut que le président lui soit un vrai enseignant, pédagogue, qui lui parle comme un maître parle à ses élèves. Quand on laisse le peuple imaginer, il devient très arrogant.

Voilà à tort ou à raison ce que nous pensons apporter à l’analyse pour éclairer certaines compréhensions. La population n’est plus la même comme du temps du président Houphouët et les enjeux ne sont plus les mêmes; alors il faut l’expliquer. A qui le tour et qui sera le prochain ?

                                           Joël ETTIEN

        Directeur de publication : businessactuality.com  

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