Côte d’Ivoire: Il faut libérer les autres prisonniers politiques et militaires, pour aller à la paix définitive.

Il faut vider les prisons des honnêtes citoyens qui y croupissent par leur opinion et faire de la place aux délinquants et dangereux de la société. La crise postélectorale de 2010 n’a pas encore fini de laisser la place de la tristesse à la joie, à la réconciliation et à la cohésion sociale, puisque depuis plusieurs années, des détenus y vivent sans être jugés et les libérer pose problème.

Libérez les prisonniers politiques et militaires pour une paix véritable

Nous avons passé quelques jours au tribunal d’Abidjan et les recrus, les vrais assassins et autres fauteurs des délits, sont toujours renvoyés et les procès reportés. Dans les commissariats, les policiers n’en dorment pas, à force de traquer les bandits de grands chemins, des voleurs, et autres délinquants et leurs cellules de garde à vue sont pleines à cause de la surcharge des pensionnaires de la MACA, dont certains y sont pour avoir commis des délits d’opinion.

A la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan, la MACA, les détenus politiques et militaires ne le sont pour la plupart que pour des délits d’opinion et de sauvegarde de la vie. Il faut les libérer pour passer à l’étape suivante, celle qui consiste à donner de la joie aux famille et laisser la place aux délinquants qui se pavanent faute de places dans cette prison surpeuplée.

La plupart de ceux qui y passent les jours douloureux, sont malades, et cela se voit à vue d’œil. Il faut décongestionner l’atmosphère sociale, tout indique que ceux qu’on craint, sont diminués affaiblis, fatigués devenus comme des lions sans dents.

Après que beaucoup y soient décédés, ceux qui ont pu recouvrer la liberté continuent d’implorer la clémence du chef de l’état pour leur libération. Quand ils racontent leur mésaventure, ils ne sont plus prêts à récidiver et la leçon est passée. Les maintenir encore dans ces lieux de privation de leur liberté, peut donner d’autres interprétations qui ne font pas honneur à la dignité.

C’est bien beau de chanter la paix, mais la traduire dans les faits serait faire preuve de patriotisme, surtout quand il s’agit des prisonniers militaires et politiques. C’est vrai qu’il y a une avancée notable à cette volonté politique mais ce n’est pas suffisant, et ignorer ceux qui luttent contre la mort dans les prisons ivoiriennes pour leur opinion, n’est pas salutaire.

Tout redémarre et les politiques ivoiriens avec à leur tête le président Alassane Ouattara, doivent s’harmoniser sur la confiance mutuelle pour décongestionner cette atmosphère. On voit l’amorce des grands travaux routiers, du retour de certains exilés, l’insertion de certains fonctionnaires dans leur fonction, cependant tout sera encore plus beau si les autres prisonniers politiques et militaires recouvriraient la liberté.

Charles Blé Goudé est aussi un cas dont la remise de son passeport contribuerait au renforcement de cette cohésion nationale. Cette résistance pour la remise de son passeport et voir les conditions de son retour, va encore susciter d’autres remous, de manifestations et des marches devant les chancelleries. C’est tout cela qui doit concourir à la mission de paix confiée au ministre de la réconciliation et de la cohésion nationale, KKB.

                                               Blé Gnazégbo Laurence

                                       Envoyée spéciale à Yamoussoukro

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