Côte d’Ivoire: Il faut que les ivoiriens partent à l’essentiel.

Et si les ivoiriens prenaient un peu de la hauteur dans leur comportement ? En Côte d’Ivoire, la rumeur et les fake-news ont une telle place que pour peu, ils deviennent des champions dans la catégorisation par des expressions rétrogrades, exclusives et presqu’à l’atteinte de la dignité et de l’avancement. Les vrais problèmes qui demeurent depuis la nuit des temps, ils les voient mais les snobent. Il faut que les ivoiriens partent à l’essentiel.

Les ivoiriens semblent détournés des réels problèmes

Dans l’impossibilité et l’incapacité d’affronter une adversité ou un obstacle, ils emploient des expressions du genre : allez au restaurant, vendu son âme, etc. La force leur manque de voir avec lucidité les réels problèmes et les résoudre.

La politique ivoirienne a déchiré beaucoup de tissus sociaux. Les crises sociopolitiques de ces dernières années, ont défragmenté et désorienté le regard de certains ivoiriens. Ils se sont battus pour faire porter leur voix dans les tribunes, sur les réseaux sociaux galvaudés. Allez au restaurant, ça veut dire quoi ? Eh bien, c’est n’est rien d’autre que se faire débaucher par le pouvoir en place, le RHDP qui procrée tout le reste des autres expressions.

La lutte politique a des codes d’accès que seuls les initiés en connaissent les identifiants. Ils ne sont pour la plupart pas formés politiquement et ils sont les premiers à donner des avis contraires qui retardent la lumière des consciences collectives.

Pourquoi le président Bédié joue le jeu et laisse faire sur certains problèmes épineux qui rongent sa nation ? C’est justement parce qu’il est un des initiés majeurs de cette toupie qui est la France. Alors dès qu’un seul se met au-dessus de la mêlée pour voir clair, on le traite de tous les noms et les autres le prennent comme un diable, un traître et la lutte devient difficile.

Dans tous les cas, c’est celui qui a faim qui va au restaurant et là encore, il faut que les portes de ce restaurant soient ouvertes et accessibles à tous. Ils tombent dans la délation, les injures et ils se promènent avec leurs qualificatifs rétrogrades.

Après sa sortie de prison, qu’est-ce qu’a fait le président Gbagbo, la bougie qui avait voulu éclairer des lanternes ? Il a fait sa paix avec le président Ouattara qui n’est en fait que la contradiction secondaire. Bien avant ces accolades, il s’est dirigé tout droit à la cathédrale Saint-Paul d’Abidjan pour aller prendre son chapelet, pour réciter désormais le rosaire.

Il y a des actes et des paroles qui réduisent la vue et rabaissent le courage. Ce n’est pas le président Ouattara et ses sbires qu’il faut dépeindre en diables tout le temps, dans le film, ils ne jouent que le rôle pour lequel ils sont payés par le principal réalisateur qui est la France. A force de les vilipender, ils se sont formés un roc et le pays tourne de dérisions en dérisions.

Les pays africains francophones ne pourront jamais voir le bout du tunnel tant que ceux qui ont la possibilité de poser les vrais problèmes, on les tue. Il faut obliger un jour cette France à s’asseoir avec ses colonies pour revisiter ou revoir de fond en comble les vieux accords qui ne répondent plus aux contingentes actuelles: le monde évolue.

Toutes ces caractéristiques verbales qui plombent le courage des ivoiriens et qui trouvent ses issues dans la catégorisation des expressions impropres à l’élévation intellectuelle, sont l’effet d’une incapacité, d’un abandon, d’un échec, pour des générations.

Partout, c’est l’émotion, le fanatisme, le clanisme et vers la fin, ce qu’ils n’ont pas voulu hier, ils l’adulent aujourd’hui quand cela les arrange. Qui a trahi qui pour qu’on cherche à lapider ceux qui ont compris de faire avec ? Personne n’a trahi et comme c’est la France qui tire les ficelles, dès que ces initiés voient son dos, ils abdiquent en changeant de cap.

Le suivisme et le culte de la personnalité sont des aveux d’échec dans un pays qui a trop à faire et qui ne peut malheureusement rien et qui subit. Il faut arrêter de faire exclure certaines personnes quand on n’a plus de solutions.

Ont-ils leur propre monnaie ? Sont-ils maîtres de leur diplomatie ? Sont-ils véritablement souverains quand il y a une armée française implantée sur leur sol ? De quelle culture brandissent-ils devant le monde entier ? Quelle religion pratiquent-ils ? Ont-ils une vraie identité ? Non, il faut arrêter de juger ou de faire porter des responsabilités aux autres quant à la base on est vaincus et dont on vit sur instruction de l’extérieur.

                                                         Joël ETTIEN

                 Directeur de publication : businessactuality.com   

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