Côte d’Ivoire: Si la campagne a été calamiteuse, évitons la suite dangereuse.

Une campagne électorale calamiteuse, un mandat à hauts risques et pour une gestion qui s’annonce déjà houleuse et conflictuelle. La Côte d’Ivoire ne s’est jamais mal portée comme elle l’est en ce moment à cause d’une élection dont le candidat Ouattara, n’a pas pu convaincre son électorat et la population tout entière et elle va devenir une patate chaude entre ses mains et pour combien de temps ?

Une campagne calamiteuse

Aucun des arguments que le président Ouattara a tenu pour justifier sa candidature, n’a été rassurant. Au départ, il aurait dû réunir, appeler les opposants pour leur exposer les vraies raisons de ce virement de situation, il ne l’a pas fait. Il a joué aux gros bras avec eux qui sont restés sur leurs positions et voilà la suite.

En plus, il n’a pas pu intervenir très tôt pour calmer le désordre qui le déborde en ce moment. L’opposition ne veut rien entendre comme lui, Ouattara aussi, les a biaisés. Le bras de fer s’est installé et chacun campe sur sa position.

C’est la première fois qu’il n’y a pas eu de campagne véritable sur le terrain, si ce n’est lui seul. Le pays est resté regardant sans se sentir concerné par cette élection, jusqu’à ce qu’on proclame les résultats, les tensions se propagent sur toute l’étendue du territoire (morts par armes blanches, armes à feu, incendie des maisons, dégradation des biens publics et privés, la chasse à l’homme…).

On dénombre trop de morts d’hommes, des destructions des biens publics et privés, aucun camp ne veut compatir et cela n’est pas près de s’arrêter. Les discours sont d’un ton tellement guerrier que l’on voit le pire, venir à grands pas et cela n’effraie personne. Les risques sont énormes et c’est seul le président Ouattara, peut ramener le calme, mais ce n’est pas son problème, il attend l’officialisation et la confirmation de sa « victoire » par le conseil constitutionnel pour venir régler ses comptes, se venger, mais contre qui au juste ?

Naissance de tensions après la campagne

En l’état actuel, les tensions sont trop vives et visibles à l’œil nu. Pourtant, le remède est simple, mettre de côté, l’égo et s’asseoir avec les protagonistes pour apaiser les tensions. Il lui suffit d’arrêter toutes ces tentations d’intimidations, d’arrestation pour redémarrer tout le système. Au fur et à mesure que les militants entendent un petit bruit provenir du domicile de leurs leaders, ils s’empressent à faire des cordons de sécurité.

Alors, est-ce que ces arrestations feront-elles partie, du projet de société du président Ouattara ? L’atmosphère ne s’y prête pas et il faut arrêter.

La médiation des diplomates dont on connait le fond, c’est le président Ouattara lui-même, qui doit réunir ses frères autour d’une table pour actionner le dialogue qui pourra panser les plaies. Un chef, ne se chauffe pas quand tous ses administrés sont mécontents. Il les reçoit pour échanger et ensemble, ils trouvent une solution. En tout cas, c’est un des enseignements forts du président Houphouët.

le président Ouattara semble s’éloigner de son peuple qui le réclame, pourra-t-il les entendre ? Et si la pagaille s’installait au cours de ce troisième mandat, comment fera-il pour gouverner ? il a fait prendre en otage tous ses opposants et la tension est vive.

Les multinationales qui ont leurs intérêts colossaux, vont-elles laisser faire ? Le président Ouattara sait très bien que son pays a une armée étrangère sur son sol. Ses adversaires ont jugé sa candidature d’anticonstitutionnelle, avait-il besoin de tirer sur la corde ?

Pourquoi, créer cette bagarre inutile ? Le président Ouattara doit faciliter, la voie de la paix pour gouverner autrement profitable à tous.

Cette élection est à hauts risques, qui produit plus de braises que de paix, insister dans l’erreur, serait conduire le peuple à l’abattoir. Pour le moment, on attend la prise de service du nouveau président « élu » pour savoir le contenu de son premier message à la nation. Sinon tous les ingrédients sont réunis pour une guerre civile, c’est encore sous le mandat du président Ouattara.

Il faut arrêter d’aller à chaque 5 ans, au palais présidentiel, en marchant sur des cadavres.

                                                     Joël ETTIEN

                 Directeur de publication : businessactuality.com

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