Côte d’Ivoire: L’agriculture manque cruellement de mains d’œuvres.

Pendant que la politique occupe la vie des ivoiriens, l’agriculture manque cruellement de mains d’œuvres. Nous avons sillonné depuis quelque temps des zones agricoles et avons remarqué des plantations entières abandonnées dans la brousse et sans employés. Pendant que la jeunesse ivoirienne regarde le visage des hommes politiques, la pauvreté s’incruste dans leur quotidien.

L’agriculture manque cruellement de mains d’œuvres en Côte d’Ivoire

La politique a pris la vie des jeunes ivoiriens et ils ne voient que de la politique. Ouattara doit partir, Gbagbo doit rentrer, Bédié doit recevoir le prix Nobel de la paix etc., l’essentiel de leur vie ne les préoccupe plus et la terre qui les nourrit manque de mains d’œuvres.

Michel K. est un jeune cadre ivoirien. Il s’était acheté un vaste terrain vers Tabou, une ville éloignée d’Abidjan et riche. Il était tombé sous le charme de l’hévéaculture. En voulant faire partie de ces propriétaires terriens ivoiriens, il s’est acheté plusieurs hectares de terrains d’hévéa. Michel, dans la ferveur de se voir parmi les grands producteurs de cette culture agropastorale, va déchanter plus tard. Au départ, il avait sollicité ses parents pour l’entretien.

A la période de saigner, les coups bas ont commencé. Sur plus de 20 hectares, Michel se retrouvait parfois avec seulement 2 tonnes de latex, pendant que son voisin qui réside sur place en récoltait pour la même superficie, plus de 3O tonnes. Michel outré, se rapproche de son voisin et il apprend que ses manœuvres le volent pour aller vendre son latex, à d’autres planteurs au pont bascule et ne lui présentent que 2 tonnes. Michel va les chasser et depuis plus de 2 ans, la plantation est là, sans exploitation. Michel a déchanté et son projet est mort parce que les herbes ont envahi toute sa plantation et il n’y a personne pour saigner son hévéa.

De retour de chez Michel, on se rend à Maféré chez un autre planteur aux prises avec les malfaiteurs de saigneurs. M. Koutouan Hervé est aussi grand planteur d’hévéa, 35 hectares rentrés en production. Maféré est une ville située dans le sud Comoé, non loin d’Aboisso. Toute cette zone est riche en agriculture. Les champs d’hévéas sont à perte de vue. M. Koutouan Hervé est confronté aux mêmes problèmes que Michel. Il est donc obligé de se rendre au Bénin pour chercher des saigneurs.

Ces béninois venus à ses frais, vont aussi lui faire voir de toutes les couleurs et c’est la nuit qu’ils opèrent. Ils louent les tricycles pour les aider à aller vendre son latex à d’autres.

Beaucoup de planteurs sont dans le même cas et des planteurs d’Hévéa restent sans saigneurs et en plus du prix qui fluctue à tout moment, le découragement s’est emparé de ces propriétaires.

La terre ne trahit pas disait le président Houphouët. Mais depuis que la Côte d’Ivoire a connu ses crises militaro-politiques, les jeunes ivoiriens manquent de vraies ambitions. Dans l’hévéaculture, il y a un manque criard de mains d’œuvre. Le saigneur, c’est celui qui écorche l’arbre qui laisse tomber les gouttes de latex dans la petite cuvette, accrochée au tronc. Ils sont eux-mêmes devenus des « seigneurs », au lieu de saigneur et pour les trouver, c’est la croix et la bannière.

Le ministère de l’agriculture devrait encourager les jeunes à se diriger vers cette partie de l’agriculture qui rapporte aussi de l’argent propre et non souillé.

Qu’est-ce que la terre a fait aux jeunes ivoiriens qui préfèrent aller mourir sur les eaux pour des traversées périlleuses à haut risque ? La terre ne trahit jamais et c’est une source pérenne. Il faut que l’état fasse une sensibilisation.

Ce constat est pareil chez certains planteurs de cacao, café et bien d‘autres cultures de rente et c’est dommage que la jeunesse ivoirienne préfère se jeter dans le suivisme politique que de s’orienter dans la vie avec des métiers qui peuvent les nourrir pour la vie.

                                                        Joël ETTIEN

         Directeur de publication : businessactuality.com

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