Côte d’Ivoire: « les clans et la succession », une autre guerre qui ne dit pas son nom.

Au-delà des critiques portées à l’endroit de la France pour son ingérence dans les affaires de ses colonies, il y a un autre facteur à souligner: la succession à la tête des états africains. Il faut pour cela que les vieux, fassent de la place aux jeunes en les encadrants.

Des clans naissent à l’intérieur des partis politiques en Côte d’Ivoire

En Côte d’Ivoire par exemple, il y a une autre guerre qui ne dit pas son nom: les clans et la succession. Les aînés ont du mal à céder la place aux jeunes de peur de se voir humilier par ceux-ci. Comme pendant leur règne ils ont tous été méchants et égoïstes, ces aînés se voient dans l’obligation de mourir au pouvoir pour éviter la vengeance de leurs fils.

Pourtant, ces jeunes dans la politesse et le respect du droit d’ainesse se sont sacrifiés pour consolider le pouvoir de leurs ainés qui refusent de partir. Ils créent souvent des conflits de génération en opposant les uns contre les autres.

A voir simplement le fonctionnement dans certains partis politiques, les aînés ont le même fonctionnement: mourir au pouvoir. Ils manquent de confiance et se disent que leurs fils n’ont pas encore la maturité et qu’ils doivent toujours attendre. Jusqu’à quand attendront-ils ? En Côte d’Ivoire, ceux qu’on fait poiroter, ont tous la quarantaine révolue et ils doivent encore attendre pendant que les grandes nations se rajeunissent à leur sommet.

Au PDCI RDA, il faut attendre car sans le « vieux » Bédié, la Côte d’Ivoire serait dans un chao et pourtant il est là quand les chaos se produisent. Au FPI, les Affi ont cru que « le renard » n’allait plus revenir au bercail et se sont apprêtés pour s’affranchir; il est revenu et tout devient compliqué.

Alors, peut-on dire que Charles Blé Goudé avait vu juste les choses en créant son propre parti politique pour éviter de placer toujours des chaises pendant les sorties de son mentor ? Au PDCI RDA, quand le jeune KKB s’était levé pour dire non à son père, le contraignant à prendre sa retraite, il a subi tout et « le vieux » Bédié, qui n’a pourtant rien contre lui, laisse entrevoir qu’il lui a manqué le respect. Ainsi donc, ses militants sans chercher à comprendre avec discernement, ont pris fait et cause pour la protection du « vieux » et désavouent leur célèbre baroudeur KKB.

Quant au RHDP du président Ouattara, où il se trouve plus de technocrates que de politiques, les choses s’enlisent et le rhume s’empare du royaume. Pourtant, le président Ouattara est le seul parmi tout ce gotha à promouvoir sa jeunesse. Toutefois politiquement, il en manque.

La vie politique en Côte d’Ivoire posée sur une mine

Comme en Côte d’Ivoire tout est lié au leader principal, dès qu’un jeune décide le contraire qui est souvent la vérité, il rencontre sur son parcours de vie politique furia et courroux. Parmi les trois grandes formations politiques, le PDCI RDA, le FPI (ou le nouveau parti en gestation) et le RHDP, chacune a sa spécificité. Le PDCI RDA a dirigé ce pays pendant des décennies, donc logiquement, il a formé des cadres. A l’ancien FPI, le président Gbagbo en a formé et enfin au RHDP, la formation politique a été égratignée par des séquelles et du coup, il y a une confusion dans l’animation politique.

Le président Ouattara serait à la recherche des jeunes politiques, on dit bien politiques, qui n’a rien avoir avec la narration teintée de manquement et de contrevérités. Car ils sont pour la plupart des technocrates avertis qui confondent la politique à leur formation professionnelle. Nuance !    

Le combat de la succession générationnelle qui va débuter, les jeunes ont compris l’essence et ne vont pas se laisser faire. Ils vont se jeter dans cette arène qui va bousculer les anciens.

Si le président Ouattara modifie la constitution pour imposer des critères d’âge à l’élection présidentielle, c’est-à-dire avoir 75 ans au maximum, tous cette classe partira et le terrain sera livré à celui des jeunes qui aura un projet fiable et réalisable à proposer.

Si encore le président Ouattara qui aime faire la promotion des jeunes, ne restreint pas les critères de l’éligibilité, la Côte d’Ivoire ne s’en portera jamais bien; encore qu’il y a la France qui est tapie dans l’ombre et qui ne veut rien entendre que ce pays soit véritablement souverain et autonome.

Ce n’est pas parce que l’éléphant est mort, qu’il faut le dépecer avec un morceau de bambou, disait un sage. Il faut que la vieille garde fasse confiance à la jeunesse qui a compris et qui sans nul doute pourra éveiller des consciences.

                                                       Joël ETTIEN

          Directeur de publication : businessactuality.com

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