Côte d’Ivoire : « les ivoiriens meurent dans les hôpitaux, je comprends pourquoi » par Brou Marc.

Je comprends les raisons des décès récurrents dans les hôpitaux d’Abidjan, puisque j’y suis depuis deux jours et je me suis confronté à d’énormes problèmes ce matin, au CHU de Cocody, au 12ème étage où on loue le lit à 2000 fr CFA pour une hospitalisation, là, n’est pas le problème, suivez mon regard. 

Que se passe t-il dans les hôpitaux ivoiriens ?

Vendredi 8 janv.-21, ma mère est internée dans les urgences du CHU de Cocody. Je m’y rends pour m’enquérir de son état de santé et je vais faire des découvertes épouvantables. Dans le CHU, à plus de 13 étages, il ne reste que 2 ascenseurs, il parait qu’un petit sert pour le personnel de centre et l’autre, pour tout le monde, y compris les malades. 

Ma mère est au 12ème étage, donc je ne peux pas prendre les escaliers. Ce matin, j’ai vu l’horreur et le risque d’une contagion généralisée de toutes sortes de maladies contagieuses et je comprends les raisons de la fuite des leaders, des personnalités politiques, malades qui courent vers l’étranger pour se faire soigner, parce qu’ils ont délibérément tué la santé de leurs compatriotes. 

Je force pour emprunter l’ascenseur du personnel, parce qu’il y a des malades sur des brancards et les ambulanciers luttent l’espace avec les visiteurs, sans les autres malades. J’arrive au chevet de ma mère, c’est la catastrophe. Un ballon vide est suspendu à sa tête, sur un lit, que mes frères louent par jour à 2000 frs, sans aucun drap, ni lumière.  

Je cherche à rencontrer le personnel, toutes les portes sont closes et les quelques praticiens, dans la grande allée, on ne leur adresse pas la parole, ils sont tous sur les nerfs. Faut-il les corrompre ou dans quel jargon, leur parler. Ma mère est très atteinte de je ne sais quoi et les médicaments sont superposés dans des sachets contenant des comprimés. Devant moi, ma mère est entrain de rendre l’âme et aucun médecin ou infirmière pour me recevoir. 

Les quelques rares praticiens nous envoient balader d’étage en étage et on ne sait à quelle porte tapée et les malades meurent. 

La vétusté des hôpitaux ivoiriens

Le CHU de Cocody est dans un état de délabrement tellement avancé qu’on ne peut pas en sortir guéri. Partout, dans les couloirs, ce sont des planchers qui servent de bouche trou et du rez-de-chaussée au dernier étage. 

Après m’être mis en colère, on me conduit vers 13h au service de radiologie où on me laisse entendre que celle qui reçoit est partie chez elle à la maison, et que le service est fermé, qu’il faut revenir le lundi et si pendant ce temps, ma mère meure, je fais comment ? 

Ainsi, je vous livrerai, des constats, dans la vétusté des hôpitaux à Abidjan et pour ceux de l’intérieur, un patient m’a dit que là-bas aussi, c’est pire. C’est donc des mouroirs, les hôpitaux ivoiriens ? J’ai tout compris, ce n’est qu’une alerte et un cri de cœur et la prochaine fois, je vais poser la question directement, que fait ou à quoi sert le ministère de la santé et de l’hygiène publique ? Est-ce que la santé, est une priorité dans ce pays ? 

                                                                            Joël ETTIEN 

                         Directeur de publication : businessactuality.com 

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