Côte d’Ivoire: Le pays où on efface leur propre histoire.

Côte d’Ivoire, le pays qui n’a pas d’histoire, où les Hommes vivent presque inutile. On efface leurs traces. L’histoire en Côte d’Ivoire se limite au quotidien et l’immortalité n’existe pas. On préfère vénérer l’argent, le bien matériel et l’importance est reléguée aux antipodes des renégats.  

Les grands Hommes de valeur quittent ce monde et le monde ne s’en soucie guère. La mort frappe. La Côte d’Ivoire se laisse berner par l’extérieur qui la suce et sa mémoire se meurt. L’Homme n’a plus d’importance et ses souvenirs s’effacent. A force de vouloir se montrer comme s’ils voulaient se comparer à Dieu, on y méprise des valeurs.

Seuls comptent, les présidents de ce pays qui se donnent le plaisir d’exister immortellement, en laissant de leur vivant, leur nom sur des monuments, et les autres qui ont marqué ce pays, on ne s’en souvient plus dès qu’ils quittent ce monde. La méchanceté des vivants éloigne tout rappel à l’ordre pour réparer ce tort qui cause trop de torts, hélas. 

En Côte d’Ivoire, des valeurs humaines quittent leurs compatriotes, personne ne songe à manifester aucun amour et le pays sombre dans sa débandade culturelle outrancière.

Comment admettre et comprendre qu’un grand comme Isaïe Biton Koulibaly, un autre Fologo, Sansan Kouao, Zadi Kessy, repose dans des villages, où leurs seuls visiteurs, sont les animaux domestiques ? Nanan Krou Boni d’Abongoua et les exemples, on peut en citer des milliers, ces valeureux serviteurs de l’État, personne n’a aucune stèle, encore moins leur nom sur des monuments.

Des planteurs, sportifs, hommes de culture, politiques, tous ceux-là disparaissent à jamais sans aucun souvenir du combat de leur existence pour nourrir intellectuellement les futures générations. Les morts sont tous mécontents, comment peut-on recevoir des bénédictions, si les morts sont morts ? Les ivoiriens ne sont pas reconnaissants et sont à la base de leur propre malheur. Ils ne définissent aucun schéma pour eux et sont des gros consommateurs de l’extérieur, l’histoire des autres.

Il y a par contre un développement vertigineux en Côte d’Ivoire, surtout en matière de construction. Pourquoi au milieu de ces opérations immobilières, les espaces, les centres commerciaux, des rues ne portent pas les noms de certains grands hommes qui ont marqué leur temps et qui se font oublier après leur mort ?

Les collectivités locales, qu’est-ce qu’elles attendent pour baptiser des rues, des monuments, des espaces au nom des grands disparus dans  leur région ?

A-t-on besoin nécessairement d’aller inhumer des personnalités historiques dans leur village lointain pour effacer leur existence ? Qui pourra se rendre à Yacolidabouo pour s’incliner sur la tombe du vieux Zadi Kessy ? Qui se donnerait cette peine à parcourir des milliers de kilomètres à Sinématiali, à Korhogo, Abongoua, à Daloa, Touba, Séguéla pendant que tout se résume à Abidjan ?

Pourquoi ne ferait-il pas à nouveau du cimetière de Williamsville, un haut lieu de repos éternel à ces valeureux témoins de la bravoure et de l’honneur pour des recueillements ?

Il ne se passe jamais de moment sans que les habitants d’Abobo-gare n’implorent les bienfaits de Hamed Bakayoko. Où est-il enterré pour ceux qui veulent lui témoigner de la chaleur, se rendre sur sa tombe pour communier avec leur idole ? C’est jusqu’à Séguéla, quel habitant d’Abobo a de l’argent pour se frayer une telle distance ? Hamed Bakayoko est vraiment mort.

Il y a des personnalités, pas seulement politiques, qui n’appartiennent plus à leur famille mais à la nation et c’est au forceps des services rendus que la nation les plante à nouveau dans le jardin des grands immortels.

Il faut repenser cette manière de jeter certains corps dans les oubliettes pour fâcher l’histoire. On dit souvent que celui qui a planté un simple arbre, avant de mourir, n’a pas vécu inutile, mais pourquoi, on maltraite l’histoire en Côte d’Ivoire ?
                                                

Joël ETTIEN
  Directeur de publication: businessactuality.com

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