Côte d’Ivoire: Comment l’opportunisme nous fait perdre le sens des valeurs

En 2000, lorsqu’un nouveau monde commence à voir le jour en Côte d’Ivoire avec l’élection du démocrate Laurent Gbagbo, attendu depuis comme un messie, des individus malintentionnés ont décidé de plonger le pays dans la terreur. En effet, nous quittions le règne sans partage du parti unique, en passant par l’aventure épisodique de la gestion des militaires, à la suite d’un coup d’Etat.

Les différentes phases politiques en Côte d’Ivoire

L’élection de Laurent Gbagbo, à l’issu d’un scrutin raisonnable et quasi démocratique est donc perçu comme la fin de la misère sociale et morale dans le pays. C’est à juste titre que les premières mesures prises par le premier gouvernement sous l’ère Gbagbo sont saluées par les observateurs avisés de la vie politique ivoirienne. Car ces mesures donnent une place prépondérante à la réconciliation nationale.

A cet effet, un forum de réconciliation est initié pour permettre aux ivoiriennes et aux ivoiriens de se parler afin de tracer ensemble le contour d’une Côte d’Ivoire tolérante et toujours hospitalière. Au cours de cette grande assemblée, tous les acteurs de la vie sociale, économique et politique, ainsi que les corps habillés comme on les désigne dans le pays, se sont exprimés pour contribuer à l’apaisement du climat délétère ambiant.

Rébellion en Côte d’Ivoire

L’immixtion de la junte militaire dans la gouvernance a meurtri le paysage politique. Au cours de ce forum, chacun a pris position. Certains ont agi avec franchise tandis que d’autres louvoient. Néanmoins, un semblant de paix pointe à l’horizon. Mais pour combien de temps se demande-t-on ? Les militaires rentrés dans les casernes, l’on pouvait espérer que la normalisation de la vie sociale et politique était en marche pour le bien-être du peuple. Voilà qu’en 2002 et précisément dans la nuit du 18 au 19 septembre, contre toute attente, une tentative de coup d’Etat s’opère, qui se muera plus tard en rébellion.

On se demandait qui pouvait être aussi méchant pour affliger les ivoiriennes et les ivoiriens de cette manière. Aussi, par médias interposés nous découvrons les visages hideux des terroristes qui venaient de porter le glaive dans le cœur de la mère-patrie. Il s’agit de Guillaume Kigbafori Soro et Dramane Ouattara. On apprendra plus tard que Henry Konan Bédié est aussi de la partie. Ces trois individus constituent donc les coalisés contre les intérêts des ivoiriennes et les ivoiriens.

Cependant, il est vrai qu’au nom de la paix et de la réconciliation nationale, un dépassement de soi est nécessaire dans l’intérêt supérieur de la nation. Mais, est-ce une raison pour perdre de vue la quintessence de l’essentiel dans le combat que nous menons depuis une décennie ? C’est-à-dire pardonner sans oublier. Aujourd’hui, par opportunisme, je fais le constat que les gens ont oublié.

Le Président Laurent Gbagbo, le Ministre Blé Goudé et des milliers d’autres ivoiriens sont encore en exil ou en prison et nous nous associons à nos bourreaux pour mener la lutte. Mais quelle lutte ? De grâce, l’opportunisme ne doit pas nous faire perdre le sens des valeurs. Au stade où nous sommes dans la lutte actuelle, le rapprochement avec Soro et Bédié sonne naturellement faux. Car c’est contre eux que nous résistons. Ils sont le problème et non la solution

Désiré Bibi

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