Côte d’Ivoire: Pourquoi demander, un service devient un délit?

Côte d’Ivoire, le pays où demander un service devient un délit. Les ivoiriens font semblant de s’aimer ou du moins c’est ce qu’ils laissent entrevoir, mais la réalité en est autre.

Les ivoiriens ont une apparence formidable et aimable, souvent de solidaire, mais fausse apparence. Quand on est en position de faiblesse, ce qui arrive très souvent, quand on perd un emploi, aussi, les portes se ferment à l’annonce de tes pas. On devient une fausse charge ce qui ça n’arrive pas seulement qu’aux autres.

Vous pensez avoir des vrais amis, des vrais potes, comme ça se dit sur les bords de la lagune ébrié, il ne faut jamais se tromper à demander un service à un ami, votre relation va prendre une nouvelle tournure. Jean Kouassi est un jeune cadre. Il travaillait dans une entreprise de la place. Quand il y travaillait, il avait plein d’amis et il rendait des services.

A la faveur des effets imputés aux différentes crises, il a perdu son emploi. Il était dans une location-vente à Cocody. Il a perdu sa maison, après plus de 10 mois de loyers payés régulièrement.

Son épouse le quitte avec les enfants sous le fallacieux prétexte qu’on ne vit pas d’amour et d’eau fraiche. Jean Kouassi va alors se tourner vers ceux qu’il croyait être ses amis, c’est mal les connaître. Pour recharger parfois son téléphone pour appeler, c’est un problème et il va squatter chez une amie.

Nous avons fait la rencontre de Jean Kouassi ce qui va nous pousser à mettre sous presse, ce constat en Côte d’Ivoire, où demander un service devient un délit, un outrage. Kouassi continue d’être isolé et tel que je l’ai vu, ses jours seront comptés car il n’est pas loin du suicide, celui qui rendait service quand il était cadre.

Pourquoi ne pas dire la vérité quand on ne peut pas au lieu de laisser les gens dans des fausses espérances pour que cela devienne, une offense ? Vous allez voir un ami ou un parent pour lui demander un service, cela devient un fardeau, une charge et les faux rendez-vous vont s’accumuler et vers la fin, ne pouvant pas te dire la vérité sur son incapacité à te le rendre, il te fuit.

Il ne décroche plus son téléphone et laisse des consignes fermes pour ne plus te revoir. Pourtant, c’est simple et honorant de savoir dire non quand on ne peut pas ! Mais en Côte d’Ivoire, devant l’impossible on fait espérer.

Le comportement de celui qui est dans des besoins, se confond par moment à du harcèlement, de la mendicité mais c’est parce qu’il est dans le besoin. C’est celui qui est malade qui va voir le médecin et non le contraire. Mais en Côte d’Ivoire, ils se dédouanent par des fausses expressions humiliantes genre : « est-ce que tu es obligé de tout le temps venir me déranger, je te l’ai promis, laisse-moi le temps. L’amitié n’est pas une prise en charge, etc. » Mais qu’est-ce qu’un ami ?

Il faut que ceux qui détiennent le pouvoir d’aider aient la langue ouverte de dire qu’ils sont capables ou expriment leur limite. Dire la vérité à quelqu’un qui est dans les problèmes, n’est pas blessant et ça devient une corvée, pourtant la roue tourne. Si tous les vendredis, les files d’attente sont longues dans les services mortuaires, la vie n’est rien face à la mort. Vanité, rien que vanité, tout est vanité.

On peut être riche et finir malheureux. Ce sont toujours les autres qui viennent au secours des autres, pourquoi, quand on ne peut pas, cela se transforme en une surcharge pour finir dans la frustration ? Il faut que cette catégorie d’ivoiriens comprenne que c’est l’homme qui fait l’homme et qu’une occasion entraine une autre qui crée des rencontres et d’autres occasions.

Il ne faudrait pas qu’un service devienne un délit, la vie est faite de béquilles, de secours et d’amitié. Ce qu’un ami est capable, un parent ne le peut souvent pas. Soyez honnêtes un jour car la vie a ses codes et chaque saison produit ses fruits. Le mensonge qui devrait être un délit, c’est le contraire, entretemps, le vrai péché, c’est bien le mensonge. Pourtant les jours de culte, les temples sont bondés de fidèles qu’on retrouve méconnaissables.

                                                    Joël ETTIEN

          Directeur de publication : businessactuality.com

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