Côte d’Ivoire: Pourquoi parler de limitation d’âge effraie certains ivoiriens ?

Il faudrait que Bédié, Ouattara et Gbagbo, se souviennent de leurs différents discours sur la limite d’âge pour les élections présidentielles et qu’ils respectent un peu les ivoiriens dans leur conception sclérosée de la politique.

Quand on prend les anciennes déclarations de ces trois personnages ivoiriens qui ont pris en otage leurs compatriotes, tous ont décidé de prendre leur retraite après 75 ans. Mais alors, où est le problème si le sujet revient dans les préoccupations des députés qui, pour une fois s’attaquent à la vraie racine du problème ?

A force de vouloir tellement chérir les ivoiriens, ceux-là sont devenus trop assistés et dépendants de la vision de leurs ainés politiquement parlant et du coup, ceux-ci se croient dans l’obligation de se tenir à une barre qui leur donne le tournis.

Bédié, Ouattara et Gbagbo, disent quelque chose et font le contraire or, on ne juge un homme que par ses propos. Il semblerait que ces trois-là oublient que ce qu’ils disent est archivé. Ils sont tous les trois conscients qu’au-delà de 75 ans, une personne ne peut plus produire encore moins diriger; mais pourquoi les autres les encouragent à mentir ? Un homme qui ne respecte pas sa parole, est un menteur et un danger pour ceux qui l’écoutent.

Pourquoi ce qui se fait chez les autres, ne fonctionne pas en Côte d’Ivoire ? D’abord et avant tout, la présence en terre ivoirienne de l’armée française, plus équipée, mieux renseignée et outillée que l’armée nationale ivoirienne et qui est tout le temps, consultée par les politiques ivoiriens. Ensuite, le laxisme rationnel des idées et de leurs modes d’application, qui n’a jamais évolué. Et enfin, la recherche de la notoriété et des moyens de la survie individuelle.

Tant que les ivoiriens ne quitteront pas dans la conception de fils à papa ou de celui, sans qui, ils ne sont rien et qu’ils ne peuvent rien devenir, les plus vieux se croiront toujours comme leurs béquilles. Les ivoiriens sont bloqués et dès que quelqu’un veut leur proposer une nouvelle vision, la peur du changement les pousse à être accidentellement injurieux, arrogants et toujours sur la défensive. Pourtant, ils veulent tous du changement, mais personne ne doit oser parler de ce changement.

En quoi évoquer le problème tout simple de la limitation d’âge comme critère d’éligibilité peut pousser à une crainte au point où, on tente de faire croire que sans ces vieux, les jeunes n’auront aucune sécurité ?

On confond tout dans ce pays. Il faut que tout fonctionne comme selon les Us et Coutumes, qui eux-mêmes aussi, ont besoin de se remettre à jour. Ce n’est pas humiliant qu’un vieil homme de plus de 80 ans, aille discuter avec des jeunes présidents des autres nations qui se modernisent et se rajeunissent.

A vouloir les protéger pour en faire des monuments historiques de musée, le modernisme se trouve plus en mal qu’on ne le pense. On cherche toujours des boucs émissaires pour se dédouaner de cette vision étriquée de ce courage qui se cache derrière les paroles et sans jamais se traduire dans les actes.

Il faut laisser pour une fois que les députés veulent prendre leurs responsabilités par rapport aux différents litiges politiques. Il faut les y féliciter, peut-être que c’est une amorce d’éveil de conscience. La peur de changer a beaucoup noyé les ivoiriens et ils se réfèrent toujours à leur vieille garde. Ils doivent avoir ce courage de briser cette chaîne à leurs pieds et libérer leur esprit. La peur de changer est un vrai handicap pour les ivoiriens qui rêvent de devenir des hommes libres. C’est un rêve et pour ce que ce rêve deviennent une réalité, il faut oser et ce courage manque, aux ivoiriens.

                                                        Joël ETTIEN

            Directeur de publication : businessactuality.com

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