Côte d’Ivoire/retour du président Gbagbo: Pourquoi éviter la polémique autour de l’événement.

Le retour du président Gbagbo, parlons-en. Pourquoi et comment éviter de polémiquer sur ce retour pour alourdir l’atmosphère déjà trop délétère ? Il faut que toute la classe politique ivoirienne se souvienne que le passé reste comme un miroir dans lequel, on peut se mirer peu importe le retour de l’image qu’il donne à chacun.

Il faut baisser les tensions autour du retour du président Gbagbo

Depuis un certain moment, le RHDP, parti au pouvoir semble frétiller sur le retour du président Gbagbo, donnant cette impression qu’il mettrait fin à leur hégémonie. Nous pensons que l’ancien président de la république de Côte d’Ivoire, qui s’appelle Laurent Gbagbo, mérite aussi des égards, il n’est pas un personnage fortuit. Il a contribué et participé à l’animation sociopolitique de son pays.

Il a vaincu presque tous ses adversaires commis à le condamner à vie et il s’en sort blanchi. Au-delà des clivages politiques, toute la Côte d’Ivoire, avec à sa tête le président Ouattara devrait jubiler de voir qu’un des leurs est sorti des griffes de cette CPI impitoyable quand il s’agit des noirs africains. On ne devrait pas donner l’impression d’une mésentente entre les ivoiriens.

On ne parle plus de popularité d’un tel ou d’un autre puisque les ivoiriens ne sont pas à la veille d’élection majeure pour se jauger cette popularité. A la place du président Ouattara, nous nous adresserons à la nation pour donner des gages d’assurance et du retour vrai de la réconciliation nationale et de la cohésion sociale. En nommant Kouadio Konan Bertin, dit KKB à la lourde tâche de cette réconciliation, on ne devrait pas derrière lui, tenir des discours enflammant le bas peuple de peur de faire revenir la guerre.

Il faut que le président Ouattara prenne ses responsabilités de chef de tous les ivoiriens et manifester sa joie de voir un des fils et non des moindres. Le président Gbagbo acquitté, le président Ouattara devrait se donner la joie de le recevoir juste après son entrée sur le territoire, peu importe les conditions de son accueil pour sceller la paix et la vraie paix.

En obligeant les uns et les autres à la radicalisation morale, on se donne cette peur pour rien; et si le peuple veut sortir massivement pour cet accueil, que pourront faire les forces de l’ordre ? Qu’il rentre en catimini ou en triomphe, il ne sera pas de passage, et la suite des colonies se bousculant les jours suivants à sa porte, est-ce qu’on pourra le leur interdire ?

Ce qu’ils veulent faire du président Gbagbo, lui-même n’en veut plus. Cette célébrité n’a que trop duré. Il veut rentrer dans son pays comme tous les autres citoyens, comme une équipe nationale qui rentre vainqueur d’une compétition de haut niveau.

L’arrivée du président ne peut-elle résoudre certains problèmes au regard de certains blocages économiques et financiers ? C’est là que la communauté dite internationale, verrait la capacité à résorber les problèmes internes et lâcherait prise. N’est-ce pas une marque de démocratie que tout le pays en jubilerait ?

Non, il ne faut pas paniquer. Comme nous aimons à  le dire, un père de famille qui quitte sa maison tous les matins pour se rendre à son travail, son retour suscite de la joie dans sa famille à plus forte raison, un ancien chef d’état qui a subi une injustice et blanchi et qui doit rentrer participer à l’harmonisation de la vie sociopolitique de son pays où il a beaucoup de militants, d’adeptes, sympathisants et le fait d’être blanchi, suscite une grande curiosité et un gros mystère que tous veulent vivre le même jour ou les jours d’après. 

Pour un peuple qui a vécu la guerre et qui cherche à s’en sortir, inutile de se faire peur, les vrais problèmes ivoiriens ne doivent pas se limiter aux conditions du retour du président Gbagbo, ils sont ailleurs.

                                                                  Joël ETTIEN

                 Directeur de publication : businessactuality.com

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