Côte d’Ivoire: « Je n’ai rien contre les baoulé » dixit Joël ETTIEN

Je marchais avec des soi-disant amis à Paris, sans les avoir connus, sinon je ne suis pas contre l’ethnie baoulé, mais nous sommes en politique. Je n’ai rien contre le président Bédié, qui est à la rigueur, plus âgé que mon grand-père, mais c’est parce qu’il est encore dans la politique et il occupe la tête de l’opposition ivoirienne, c’est pourquoi, de temps en temps, dans nos analyses, nous l’interpellons sur certains sujets, sinon, je n’ai rien contre les baoulé. Qu’on ne fasse pas de moi le diable dans la cour.

Loin de moi la haine des baoulé !

 Je suis à Abidjan, donc sur le terrain. Je prends tous les jours les gbaka, wôrô-wôrô, pour m’enquérir des vraies préoccupations de la base. Je partage sans cesse, leur quotidien. Au lieu de rédiger des articles fictions, je suis sur le terrain et je ne peux plus me permettre de tomber dans l’aigreur et m’associer à la haine. Je ne peux pas non plus, me permettre d’encourager ces défauts dans le cœur de ceux qui me lisent et m’écoutent.

A cause de la politique, les ivoiriens détestent autant le pouvoir que l’opposition. Ils sont dégouttés de cette politique à deux balles et se cherchent. La politique s’éloigne des ivoiriens qui expriment d’autres préoccupations, c’est-à-dire, comment et où trouver de l’argent pour se soigner, scolariser leurs enfants, payer le prix de leur transport, comment trouver du travail, des stages pour les étudiants et la vie est dure sur place pour ceux qui n’ont pas les moyens.

Au lieu de passer tout notre temps à taper sur le pouvoir, qui s’est mis à l’abri des besoins, parce que cette opposition qui devrait se battre pour le coincer de se préoccuper de la condition de vie de ces ivoiriens, n’existe plus.

Les rues ne sont plus animées comme par le passé où dans chaque endroit, on parlait de politique, aujourd’hui, c’est la prudence, la méfiance, et tout les ronge. La politique qui était devenue leur dada, n’est que le dernier de leur souci. Ce courage d’autrefois qui faisait de l’ivoirien, l’homme informé, cultivé et prompt à réagir, cet ivoirien-là, n’existe plus ou du moins, il est en vacances politique.

On me reproche de souvent parler du président Bédié, sans ajouter son titre d’ancien chef d’état, mais que je l’appelle par tous ces attributs, en quoi l’opposition a gagné un combat politique. Seulement, s’il est ressorti parfois que je le cite sans tous ces attributs, j’en suis désolé, mais la réalité sur le terrain, n’est pas celle-là que les ivoiriens attendaient ou attendent pour améliorer leurs conditions de vie.

Venez voir dans les rues, tous ces milliers d’étudiants qui cherchent des simples stages, sans en trouver, alors qu’il leur faut absolument ces stages pour valider leur thèse. Venez voir à Abidjan, ces milliers de femmes, qui déambulent dans les rues, sans aucun espoir et à qui, on peut propose des miettes qui vous livrent leur intimité, parce que leur panier est vide.

On va critiquer ce pouvoir pendant combien de temps et c’est en le faisant que les choses vont changer ? Cette opposition, à force de faire croire aux ivoiriens de prendre leur palabre pour en faire sienne et qui se trouve sans force, il faut qu’elle arrête de leur faire croire, qu’elle mène un combat sincère, c’est du fla fla, comme dit Soro Guillaume.

Pourquoi, cette opposition a peur de la vérité ? Voilà qu’à l’assemblée nationale, il y a plus de 200 sièges et le PDCI RDA ne présente que 120 candidats, dans des conditions dont il sait très bien, qu’il part perdant, le dire aussi, est un crime ?

On nous a dit que Ouattara est un étranger et pour ce faire, on lui a nourri que de la haine et le monsieur est encore au pouvoir et la Côte d’Ivoire respire et les ivoiriens s’étouffent, tout ça à cause de cette considération rétrograde, quand est-ce que les ivoiriens se réveilleront pour prendre part au développement de leur riche pays ? En parler aussi, devient une haine contre les baoulé ? Je n’ai rien contre les baoulé où j’ai cru avoir beaucoup d’amis. Je me rends compte que Dieu et les esprits, m’ont sauvé sinon, ceux-ci pouvaient être capables de m’empoisonner avec ce que j’entends sur moi.

Non, n’encourageons pas les faiblesses, ayons ce courage de leur dire qu’ils ont échoué et qu’ils aient cette honnêteté de céder la place aux jeunes pour le relais, là aussi, le dire, est signe de dédain, mais et la Côte d’Ivoire, on la place où ?

Aucun n’ivoirien ne veut mouiller son maillot comme on le dit et tout le monde est accroché à ses privilèges, je ne suis pas contre le président Bédié, encore moins les baloué, le jour où ils ne feront plus de la politique, ils seront plus dans la vendetta. Je ne suis pas le diable.

                                                       Joël ETTIEN

          Directeur de publication : businessatuality.com

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