Danemark: le pays veut expédier 300 prisonniers étrangers au Kosovo

C’est une première pour un pays membre de l’Union européenne. Le Danemark compte envoyer 300 prisonniers étrangers purger leur peine dans une prison au Kosovo. L’accord entre les deux pays a été confirmé ce jeudi 16 décembre et un traité va désormais être soumis à l’approbation des deux tiers du Parlement danois pour être mené à terme.

Le Danemark tente de décourager les demandeurs d’asiles de venir s’installer sur son territoire. On se souvient de la polémique qui avait suivi la signature d’un protocole d’entente sur les questions d’asile et de migration fin avril à Kigali. Cet accord scellé avec le Kosovo s’inscrit dans cette logique. Il entre dans le cadre d’une loi votée -largement- en juin dernier selon laquelle tout demandeur d’asile au Danemark sera, une fois sa demande enregistrée, envoyé dans un centre d’accueil en dehors de l’Union européenne.

Les 300 détenus étrangers qui pourraient être envoyés au Kosovo, à 2000 kilomètres du Danemark, doivent tous être expulsés vers leur pays d’origine une fois leur peine purgée. Les détenus vont être envoyés dans une prison dans l’est du pays. Une fois sur place, ils seront toujours soumis aux lois en vigueur au Danemark, mais les agents pénitentiaires seront tous Kosovars et ce seront eux qui auront la responsabilité de leur bien-être et de leur sécurité. Les autorités danoises comptent verser 210 millions d’euros au Kosovo pour ce service et se sont également engagées à verser une aide de 6 millions d’euros par an au titre de la transition écologique, explique Romain Lemaresquier, du service Europe de RFI.

Augmenter la capacité des prisons

Le Danemark veut réformer son système judiciaire et augmenter la capacité de ses prisons. Cet accord avec le Kosovo s’inscrit dans cette logique selon le ministère danois de la Justice. Depuis 2015, la population carcérale a bondi de 19% au Danemark pour atteindre plus de 4 000 personnes début 2021, ce qui représente un taux d’occupation dépassant les 100%, selon les statistiques nationales. Pendant la même période, le nombre de surveillants a lui diminué de 18% dans le royaume scandinave de 5,8 millions d’habitants, connu pour ses prisons ouvertes réservées aux détenus qui purgent des peines de moins de cinq ans.

Concernant les prisonniers envoyés au Kosovo, il ne s’agira pas de terroristes, ni de prisonniers dangereux selon la ministre kosovare de la Justice. Reste que cette décision fait déjà polémique. Ce n’est pas la première fois qu’un pays procède de la sorte : la Norvège avait par exemple déjà envoyé des prisonniers purger leur peine aux Pays-Bas ou l’Australie parquait des migrants sur une île appartenant à la Papouasie Nouvelle-Guinée, mais c’est la première fois qu’un membre de l’Union européenne prend une telle décision.

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