Editorial: Si la haine continue de surplanter le cœur, la vie devient mélancolique.

Ce n’est pas par la force des armes ni par la haine que la paix sera instaurée dans les cœurs.

La haine favorise encore plus la haine…

La haine engendre la haine et la guerre engendre la guerre. Qui combat par l’épée perit par l’épée.

L’observation élémentaire de la nature nous enseigne que jamais on n’a vu de pompiers apporter le feu pour combattre un incendie. C’est l’eau qui peut éteindre le feu. Les cœurs des ivoiriens étaient bondés de haine mais au fur et à mesure, ils ont compris que rien ne les oppose si ce n’est les politiciens qui se battent pour la sauvegarde de leurs intérêts.

On ne se construit pas sur le sang de la vengeance, mais sur le rocher de la grâce du pardon et de l’amour. Je demande à tous de comprendre, afin de transcender nos divergences, nos querelles, nos blessures réciproques, pour nous asseoir autour d’une table pour jeter les vraies bases d’un nouveau mode et code de vie en nous servant du passé si lugubre et incompris. Si tous, reconnaissons que nous revenons de si loin, alors, posons-nous des questions sur l’avenir. Oui, cet avenir doit nous servir de sujet à débattre. L’avenir, n’en soyons pas si fermés pour obscurcir celui de nos enfants et du pays qui a maille à s’en sortir.

Des innocents en souffrent de cette haine…

Le peuple est innocent et pourtant, c’est lui paie toujours le lourd tribut. C’est toujours la vie de ce peuple que l’on vole et c’est toujours ce peuple qu’on sacrifie pour des intérêts personnels ou familiaux souvent religieux.

Si nous africains, nous n’avons pas le sens de la compréhension, ce n’est pas les autres qui le feront à notre place et eux qui profitent toujours de nos divergences et de nos clivages pour se servir de nos richesses pour se développer. Nous sommes responsables de nos situations à cause de nos mensonges et nos gourmandises. Tout gourmand, ne se soucie guère des autres. Dans ce qui est arrivé à notre pays, nous y avons tous contribué, sans avoir le plan B. Si nous ne sommes pas capables d’en tirer les causes en vue d’en dégager les causes profondes pour avancer, on se serait sacrifiés pour rien.

Arrêtons de nous accuser, maintenant que nous connaissons les causes, avançons avec les remèdes qui nous guériront pour toujours sinon, nous laisserons des ouvertures qui seront profitables aux autres. Il n’est pas tard de nous réorganiser, mais par contre il est trop tard de nous haïr et de laisser la haine germer dans nos cœurs.

Il faut changer de langage et de comportement

Je n’ai aucune prétention de donner des solutions miracles, mais au moins de poser les jalons de la profonde réflexion pour orienter ou faire démarrer nos obscurités. Si le pouvoir était libre comme on le pensait, il solutionnerait nos problèmes. Si quelque part, c’est le langage de la haine et des accusations que nous devons tenir sans cesse, regardons en arrière, cela fait combien d’années qu’on crie et qui n’a rien donné ?

J’entends toujours les mêmes cris de douleur, mais je n’entends jamais des consolations sincères pour essuyer les larmes de tristesse qui perlent sur nos joues. Cela fait combien de temps que nous crions, on ne nous entend plus, parce que nous sommes devenus tous aphones. Cela fait combien de temps que nos yeux rouges ne voient plus devant pour nous indiquer le vrai chemin.

Si, on ne s’en sort pas, la vie ne va plus nous accorder son crédit et nous lui resterons toujours redevables. Le temps passe et nous trépassons.  Que sont devenus les Blé, Koudou, Kouamé, Kouassi, Kouadio, Assoumou, pendant que les Ousmane, Diallo, Kéita, Fofana, Ouattara, Touré…. veulent venir nous croiser pour emprunter le chemin de la vie, ensemble ? La route des cimetières sont devenues lisses à force de les emprunter tous les weekends.

Méditons ! On ne peut pas vouloir garder de la glace dans la main, en étant dans la chaleur.

                                                                                        Joël ETTIEN

                    Directeur de publication : businessactuality.com

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