Élections en Bulgarie: un mouvement anti-corruption passe devant les conservateurs

En Bulgarie, les troisièmes élections législatives de l’année se sont tenues, ce dimanche 14 novembre, en même temps que la présidentielle. Avec une chute considérable du taux de participation à 38,9%. 

Le renversement de situation est devenu chose courante lors des élections en Bulgarie. Le parti Gerb de l’ancien Premier ministre Boïko Borissov, d’abord en tête en début de soirée, a dû céder la place à un parti qui n’existe que depuis quelques mois. Borissov, aux rênes du pays pendant une décennie, s’est dit victime de représailles : « Pour un politique, le vote de ses électeurs est la mesure de son succès. Et regardez notre succès, trois fois de suite. Avec les représailles, en suivant leurs règles de vote… Comme on dit, les représailles étaient telles qu’on est content d’être en vie ! »

Avec un score surprise de 26% des suffrages, selon les derniers décomptes des instituts de sondage, le parti Prodŭlzhavame promyanata (« Nous continuons le changement », en français) devance le parti de Boïko Borissov crédité de 23% des voix lors de ces élections législatives, les troisièmes en sept mois. Le chanteur anti-système Slavi Trifonov, qui avait arraché une victoire au précédent scrutin avant d’échouer à former un gouvernement, a dégringolé de 24% à moins de 10% des voix.

Des négociations pour former un gouvernement

Quoi qu’il en soit, le paysage politique dépendra des pourparlers, indique notre correspondant à SofiaDamian Vodenicharov. Le système électoral en Bulgarie est de type proportionnel, ce qui signifie qu’une coalition est nécessaire pour former un gouvernement. Les trois partis réformateurs et anti-système se disent prêts à s’unir, alors que le parti Gerb de Boyko Borissov est isolé depuis les manifestations anti-gouvernementales de l’été 2020.

Le parti Prodŭlzhavame promyanata doit maintenant former une coalition puis un gouvernement. Une étape difficile, mais nécessaire, explique Kiril Petkov, co-fondateur du parti. « Résoudre les problèmes n’est possible qu’avec un gouvernement élu. Il faut donc ouvrir le dialogue, faire des compromis. Nous sommes prêts à le faire, mais pas en ce qui concerne la réforme du système judiciaire ou la corruption. » 

Le dialogue s’annonce ardu, avec sept partis représentés au Parlement. La coalition entre les partis dits « protestataires » ne  suffira pas pour obtenir un nombre suffisant de sièges. Il faudra donc négocier avec le PS ou l’extrême droite. 

Pour l’élection présidentielle, pas de surprise. Roumen Radev, candidat à sa succession, fait la course en tête à l’issue du premier tour avec 49% des suffrages, contre 25% pour son plus proche concurrent, le recteur de l’université de Sofia Anastas Gerdjikov, appuyé par Gerb. Le chef d’État, devenu populaire en soutenant les rassemblements anti-corruption de l’été 2020, devrait donc facilement s’imposer le 21 novembre.

Ces nouvelles élections se sont déroulées en pleine quatrième vague de Covid-19, dans le pays le moins vacciné de l’Union européenne. Les hôpitaux sont débordés par les cas de coronavirus et près de 200 personnes succombent chaque jour, dans ce pays des Balkans où moins d’un quart des 6,9 millions d’habitants est complètement vacciné.

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