Ethiopie / Abiy Ahmed: De prix Nobel de la paix à chef de guerre aujourd’hui

Abiy Ahmed Ali, dit Abiy Ahmed, né le 15 août 1976 à Agaro, dans la région d’Oromia en Éthiopie, est un homme d’État éthiopien, Premier ministre depuis le 2 avril 2018. Il est lauréat du prix Nobel de la paix 2019, en particulier pour ses actions ayant conduit à la résolution du conflit entre l’Éthiopie et l’Érythrée.

Obtention du prix Nobel de la paix en octobre 2019 par Abiy Ahmed

Abiy Ahmed, a été largement salué en-dehors du pays pour son zèle réformateur, mais cette image a été brisée dans les mois qui ont précédé son premier test électoral. Le parcours d’Abiy a connu une évolution rapide, vanté par la communauté internationale avant de se condamner lui-même.

Né à Beshaha, un district caféier du sud-ouest de l’Éthiopie, de parents chrétiens et musulmans, il est rapidement perçu comme la personne idéale pour unir un pays de plus en plus divisé.

En Octobre 2019, Abiy Ahmed est récompensé pour ses actions ayant mis fin à la crise de vingt ans avec l’Érythrée. Mais la guerre dans la région du Tigré, dans le nord de l’Éthiopie, a entraîné un revirement rapide.

Il est devenu Premier ministre en 2018, à l’âge de 41 ans, prenant ses fonctions sur fond de manifestations antigouvernementales. Son énergie juvénile et son sourire rayonnant offraient de l’espoir.

Revirement drastique

Le couronnement de la politique de M. Abiy a été l’accord de paix signé avec l’Érythrée et la réouverture de la frontière de l’Éthiopie avec ce pays voisin.

Abiy Ahmed a fait le tour du pays et a encouragé le rassemblement au sein d’un pays multiethnique. Il mit en place une nouvelle philosophie politique visant à favoriser un sentiment d’unité nationale pour vaincre les divisions ethniques.

Abiy Ahmed avait promis un nouveau départ pour l’Ethiopie, le deuxième le plus peuplé d’Afrique, lorsqu’il fut désigné Premier ministre en 2018 à la suite d’un vaste mouvement de contestation antigouvernementale.

Depuis, le pays a connu d’importants changements mais il est aussi le théâtre d’une guerre et de violences politico-ethniques dévastatrices.

Guerre au Tigré

Fin 2019, Abiy Ahmed démantèle la coalition de partis qui dirige le pays depuis 1991 – l’EPRDF – pour la fondre dans une formation unifiée, le Parti de la Prospérité. Le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui a dominé la coalition avant Abiy Ahmed, refuse de rejoindre le nouveau parti.

Le TPLF accuse le Premier ministre de l’avoir marginalisé, en écartant ses membres de postes à responsabilité ou en suscitant des enquêtes pour malversations.

En septembre 2020, le TPLF, qui s’est replié dans son fief de la région du Tigré, défie le pouvoir central en organisant des élections régionales malgré le report édicté par Addis Abeba à l’échelle nationale pour cause de pandémie.

Le 4 novembre 2020, M. Abiy lance une opération militaire d’envergure au Tigré pour renverser le TPLF qu’il accuse d’avoir attaqué deux bases de l’armée fédérale.

Sept mois plus tard, le conflit se poursuit, doublé d’une crise humanitaire majeure avec 350.000 personnes menacées par la famine. La guerre a été marquée par des massacres de populations civiles et le recours massif au viol.

Nouvelle facette

Aujourd’hui, en quête d’une légitimité populaire pour asseoir son pouvoir et poursuivre ses réformes, M. Abiy a promis d’organiser les élections les plus démocratiques que l’Ethiopie ait connues.

Toutefois, la guerre au Tigré et les nombreuses violences ailleurs font que le scrutin n’aura pas lieu dans près d’un cinquième des 547 circonscriptions que compte ce pays de quelque 110 millions d’habitants.

King 3A.N

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