Manifestations au Soudan: les soutiens au pouvoir civil manifestent en masse et crient leur impatience

Des centaines de milliers de manifestants ont défilé jeudi dans les rues du pays pour crier leur rejet des militaires toujours au pouvoir deux après la chute d’Omar el-Béchir. Les pro-militaires n’ont pas été en reste non plus. Les partisans d’un gouvernement civil ont réussi une démonstration de force au moment où le pays connaît « sa pire crise depuis deux ans » de l’aveu même du chef du gouvernement.

Des centaines de milliers de manifestants ont défilé au Soudan

Avec cette mobilisation conséquente, le Premier ministre civil Abdallah Hamdok a renforcé sa position. Dans la soirée, il s’est exprimé dans une courte vidéo. « Je salue les millions de personnes qui sont sorties dans les villes et les campagnes du pays pour affirmer leur attachement à la transformation démocratique civile et aux slogans de la révolution : Liberté, Paix et Justice. Votre voix a été entendue. Il n’y aura pas de recul sur les objectifs de la révolution. »

La crise politique n’est pas résolue pour autant. La coalition de partis civils est toujours divisée et le sit-in qui réclame la chute du gouvernement et le retour des militaires au pouvoir, et campe devant le palais présidentiel depuis le 16 octobre est toujours en place.

Les militaires semblent bien déterminés à ne pas céder leur siège si facilement, et l’impatience monte, comme nous l’explique Sumaya Ishag, qui exerce en tant qu’avocate. « Le tribunal constitutionnel n’a pas encore été formé. Le Parlement transitionnel non plus. Pourquoi ce retard ? Pourquoi n’avons-nous pas encore extradé el-Béchir à La Haye ? Pourquoi n’y-a-t-il toujours pas de justice pour les martyrs qui sont tombés pendant la révolution ? Et pour les filles violées le 3 juin 2019 ? Nous attendons des réponses. Tous ces retards sont dans l’intérêt de ceux qui ont participé à ces crimes et qui sont toujours au pouvoir. » 

Ce sont justement ces dossiers de justice transitionnelle qui sont au cœur de la discorde entre civils et militaires, en plus du poids de l’armée dans l’économie. Si ces derniers transfèrent le pouvoir aux civils, ils deviendraient de simples justiciables. Le bras de fer est loin d’être terminé.

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