Côte d’Ivoire / PDCI RDA: Thiam serait-il le bienvenu ?

Le nom de Thiam revient dans le débat nonchalant et dormant du PDCI RDA. Et s’il s’avérait qu’il était vraiment du ressort du président Bédié de vouloir faire de lui son dauphin, quels seront les risques ? Des milliers de cadres ont bravé toutes les difficultés pour tenir ce parti sur pied dans les hameaux, villages et villes avec le risque que cela leur a été imposés. C’est le parachutage de Thiam qui revient pour les narguer. C’est une volonté de la France ou du voulu du président Bédié, cette pilule ne passera pas, rechignent certains cadres. Le nom de Thiam divise et risque de faire l’effet de la désobéissance au sein même du PDCI RDA.

Thiam en remplacement de Bédié ?

Qui fait ressortir le nom de Thiam dans le débat politique au PDCI RDA ? Nous allons analyser quelques handicaps de ce cadre qui défraie la chronique dans ce parti politique.

On lui attribue la paternité des douze grands chantiers de l’éléphant d’Afrique sous le président Bédié, il y a plus de 20 ans de cela certes, mais ces travaux ont été quasiment réalisé en grande partie par le président Ouattara. Si c’est pour s’appuyer sur cet argument pour le promouvoir, ça ne tient plus la route. Ensuite, si c’est pour faire revenir un autre cadre économiste ou financier à la tête de ce pays, les ivoiriens sont servis par le président Ouattara.

Cependant, la réalité que ceux qui le réclament refusent d’admettre, ce sont les problèmes auxquels les ivoiriens sont confrontés qui sont de deux ordres : politique et la répartition des richesses engendrées par les ressources. Politique parce qu’à la suite des différentes crises militaro-politiques, la cohésion sociale a été mortellement défragmentée, défigurée et voilà qu’il y a plus de 20 ans, M. Thiam n’a jamais mis les pieds en terre ivoirienne, en tout cas pas officiellement. Qu’est-ce qu’il pourra face à ces crises qui ont du mal à se faire résorber ?  

Il peut être à jour de ses cotisations au PDCI RDA, là n’est pas le problème puisqu’il existe aujourd’hui autant de moyens de transfert d’argent. A quel moment a-t-il pris part à une activité de son parti ?

Enfin, le PDCI RDA n’étant qu’une affaire de baoulé, inutile de pousser le président Bédié à commettre cette erreur. Il en a trop à faire ces temps-ci. Il y a un congrès qui se prépare, mais bien avant, il faut aussi intégrer les suspendus, les radiés et les mis à l’écart parce que frustrés par certains comportements du secrétariat exécutif.

M. Thiam ne peut pas être le salvateur ou le messie en ce moment où les partis politiques s’organisent dans leurs différents QG de campagne pour les élections présidentielles qui s’annoncent déjà ardues et inquiétantes pour la stabilité du pays.

« Si le président Bédié se trompe à nous imposer Thiam comme son dauphin, il nous trouvera sur son chemin » dixit, un élu du PDCI RDA qui voudrait garder pour le moment l’anonymat.   

Comme on le voit, au PDCI RDA, les dents deviennent de plus en plus longues et sciées pour attendre les décisions qui seront prises par le président Bédié. Certains disent que le PDCI RDA ne doit pas s’interpréter comme un héritage des baoulés majoritaires et que c’est une affaire nationale.

Si le président Bédié ne prend pas ses dispositions, l’éclatement de son patrimoine politique en petits morceaux se fera; les bétés prendront le leur, les ébriés pareil, les autres cadres des autres régions, tireront leur fruit et la fin, la catastrophe.

Pour terminer, il faut dire que Thiam n’est pas le bienvenu pour assumer des fonctions de haut niveau dans ce parti politique dont son grand-père, le président Houphouët Boigny en est le fondateur. Aussi, disons-le tout net qu’on ne se bat pas aux chevets d’une mère malade.

                                                                Joël ETTIEN

                    Directeur de publication : businessactuality.com  

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