Soudan: des médecins s’alarment de l’usage de balles explosives dans la répression

Les comités de résistance soudanais appellent à une nouvelle mobilisation, mercredi 17 novembre, contre le coup d’État du 25 octobre. Depuis, au moins 23 Soudanais ont été tués au cours de plusieurs épisodes de répression. Dans les hôpitaux de Khartoum, plusieurs médecins s’inquiètent après avoir constaté des blessures inhabituelles et particulièrement sévères, qui semblent avoir été causées par des balles explosives, interdites au regard du droit international.

Les comités de résistance soudanais appellent à une nouvelle mobilisation

Le docteur Ali Saddiq était de permanence à l’hôpital Aliaa en banlieue de Khartoum le 25 octobre dernier, jour du coup d’État mené par le général Burhan au Soudan, lorsqu’il a dû prendre en charge un jeune soudanais gravement blessé lors des tirs qui ont retentit dans la capitale ce jour-là :

« C’était étrange. Il avait reçu une balle dans le dos, mais on n’a pu trouver par où la balle était sortie. On a fait une radio, mais on n’a pas vu de balle… Seulement tout un tas de petits points. Quand on l’a opéré, on aurait dit que ses poumons avaient été pulvérisés. Ce n’était pas une blessures normale. C’est comme si ça avait explosé. » Le patient est décédé une semaine plus tard.

Samedi 13 novembre, lors de la manifestation, même scénario dans plusieurs hôpitaux de Khartoum. Au Royal Care, quatre patients sur les 29 admis ce jour-là souffraient eux-aussi de ce type de blessures, s’étonne le docteur Salman Oussama :

« Je n’avais jamais vu ce type de blessure avant. L’un des patients avait reçu une balle dans le cou, et toutes les artères de son cou étaient atteintes. En l’opérant, on a été surpris par l’ampleur des dégâts. Une balle classique ne peut pas provoquer ça, à moins qu’elle explose à l’intérieur. On ne savait pas quoi faire. Il est impossible de retirer tous les éclats sans aggraver l’état du patient… »

Après cette manifestation, la police soudanaise a nié avoir tiré à balles réelles et a assuré s’être limitée à un « usage minimal » de la force contre les manifestants.

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