Tensions avec l’Azerbaïdjan: l’Arménie annonce une trêve après des tirs d’artillerie

Des tirs d’artillerie ont été échangés ce mardi 16 novembre sur le territoire arménien, dans la région du Siounik. Cette dernière jouxte la province séparatiste du Haut-Karabakh, qui a fait l’objet d’un conflit armé il y a un an, au terme duquel l’Azerbaïdjan a repris le contrôle des territoires autour du Karabakh. Il y aurait 15 morts, selon le Parlement arménien. Mais, signe d’espoir, l’Arménie a annoncé qu’une trêve avait pu être conclue.

C’est sur le territoire arménien que les échanges de tirs ont eu lieu, rapporte notre correspondant régional, Régis Genté. À Erevan, le ministère de la Défense affirmait ce mardi que les forces azerbaïdjanaises bombardaient ses positions dans la région du Siounik, avec de l’artillerie et des armes de différents calibres.

Mais selon l’Arménie, un accord a finalement été conclu avec l’aide de la Russie, qui n’a pas ménagé ses efforts pour y parvenir, explique Daniel Vallot, du service international de RFI. Et ce, en multipliant les entretiens avec l’Arménie et l’Azerbaïdjan.

Selon le Kremlin, Vladimir Poutine s’est entretenu au téléphone avec Nikol Pachinian, le Premier ministre arménien. Quant au ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou, il a eu des conversations avec ses homologues des deux pays, les incitant à « mettre fin à l’escalade des tensions ».

La Russie s’est impliquée avec d’autant plus d’empressement qu’elle est garante du cessez-le-feu conclu en novembre 2020, et que l’Arménie, inquiète de cette brusque montée de tensions, a demandé à son allié de lui venir en aide afin de protéger son intégrité territoriale.

De son côté, la diplomatie européenne s’est, elle aussi, mobilisée : le président du Conseil européen Charles Michel a multiplié les entretiens et lancé un appel au calme. La France a également fait part de son inquiétude sur « la dégradation de la situation sécuritaire à la frontière » et l’emploi d’armes lourdes « qui ont fait de nombreuses victimes », selon le communiqué du ministère français des Affaires étrangères.

Le Siounik est la région la plus au sud de l’Arménie, aux portes du Haut-Karabakh, à la frontière iranienne. L’accord de paix du 9 novembre 2020 prévoit le déblocage des voies de communication dans la région, notamment entre l’Azerbaïdjan et sa région enclavée du Nakhitchevan, à l’ouest, ce qui suppose l’ouverture d’une route traversant le Siounik.

Depuis un an, l’Azerbaïdjan, vainqueur de la guerre du Haut-Karabakh, s’impatiente de ne pas voir avancer ce dossier. C’est ce qui l’a poussé à s’emparer d’une quarantaine de positions en territoire arménien à partir de mai dernier pour faire pression sur Erevan. Et c’est cette question encore qui est à l’origine de la montée de tension de ce mardi, malgré la médiation russe intervenue dès ces derniers jours.

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