Togo: Pourquoi la CEDEAO ferme les yeux sur ce pays?

Dans la crise postélectorale togolaise, est-ce que la CEDEAO a-t-elle été impartiale ? Dans le séisme politique que le Togo a vécu, fin 2019, on a eu cette impression expéditive de la CEDEAO dans le règlement de la crise togolaise en février 2020, à la suite des élections présidentielles chaotiques qui ont accouché de deux présidents, Faure et Messan Kodjo. Depuis lors, silence radio et la crise perdure. Alors cette CEDEAO a-t-elle pris parti pour un camp ?

Le mutisme de la CEDEAO

Qui ne sait pas que ça ne va pas au Togo depuis plus de 37 mois ? Ça ne va pas politiquement au Togo et il ne faudrait pas que la CEDEAO ferme ses yeux sur cette division politique qui sévit dans ce pays qui lui a rendu d’énormes services politiques. Depuis février 2020, à ce jour rien ne va politiquement au Togo. Il y a deux gouvernements, celui du candidat Messan Kodjo qui se dit démocratiquement élu et le président sortant de cette époque, Faure. Beaucoup de togolais en ont pris parti et la vie devient morose, monotone, méfiante.

En quoi, le cas togolais est-il différent des autres plus lourds que la CEDEAO ne peut pas régler, ou bien, pense-t-elle que tout y va bien selon elle ? Comment peut-elle admettre que le Togo soit dans cet état où tout le monde se méfie de tout le monde ? Les togolais jouent le jeu, pour ceux qui y résident, de peur de tomber dans les mailles des filets du pouvoir qui devient de plus en plus, virulent, violent et insensible en traquant tous ceux qui lèvent la voix. Ce sont des arrestations arbitraires, des intimidations, des emprisonnements et se taire sur ces dérives, tout laisse à croire que la CEDEAO a pris position pour le camp du président Faure.

En Côte d’Ivoire, tout semble rentrer dans l’ordre. L’opposition a signé une charte de décrispation qui va permettre au pouvoir d’organiser toutes les élections locales. En la matière, c’est le Togo qui était le premier à organiser ses élections présidentielles, pourquoi, traine-t-il le pas pendant que beaucoup de togolais fuient leur pays de peur de se faire arrêter et que la CEDEAO ne puisse pas dire mot ? C’est cette politique de deux poids deux mesures qui fragilise le fonctionnement politique du continent africain parti francophone, dont la CEDEAO est supposée jouée, l’arbitre et dont on ne la sent pas.

Février 2020, février 2021, cela va bientôt faire, 1 an que le Togo est sur brancard politique dans une ambulance, cherchant un hôpital pour ses soins politiques et aucun organisme sous-régional ni international, ne semble daigné le recevoir, pour des soins. Il faut combien de morts, d’emprisonnés ou fuite de personnalités pour que le cas du Togo soit remis sur la table de réflexion de la direction de la CEDEAO ?                

                                                              Joël ETTIEN

         Directeur de publication : businessactuality.com

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