Côte d’Ivoire: Le clientélisme et le tribalisme ont détruit le PDCI RDA,

Et c’est reparti! La période s’approche. On ne fait pas trop attention, mais ce sont les mêmes manèges. Les teeshirts à des effigies des grosses têtes au sourire narquois.

Les grands panneaux publicitaires aux slogans imbéciles vont pavoiser les coins et recoins des grandes villes malheureuses et pauvres du pays. Des casquettes sortiront de chez des imprimeurs étrangers avec des gros yeux pour apeurer les citoyens abrutis par les misères. Les affaires vont fleurir, juste pour le temps de la campagne et les gros marchés de ce délire à des parents pour narguer la population, qui se meurt avec des ordonnances de 500 frs CFA dans les poches.

Des femmes qui périssent en voulant donner simplement la vie. Des prisonniers politiques et des cadavres dans les placards de ses candidats. Ils arrivent. Les villes seront tellement animées pour le temps que va durer la campagne et hop, les entrées de ces cités se fermeront pour cinq ans encore. Ils arrivent avec les uniformes sataniques. Les mêmes membres de la CEI, seront là pour commettre les mêmes incongruités pour faire couler encore le sang des innocents. On en parle pas parce que plus d’opposants pour alerter.

Au FPI, ils se sont détournés du réel, du vrai combat pour devenir, des mannequins, des danseuses en foire, des vrais jouisseurs de circonstance en l’absence des vrais objectifs. Et ça danse et ça continue. En parler, est un crime et pourtant il faut en parler. Ils se regardent en chien de faïence et leurs militants, les observent dans leur foire des nouveaux riches. On ne sait plus où sont la tête et le corps de ce parti et ça danse. On s’échange plusieurs fois par jour, souvent en trois tons. Et ils dansent. Pendant que l’adversaire s’organise pour se maintenir durablement au pouvoir.

Au RDR, la peur du changement les hante, mais en même temps, cette peur, est là. D’élucubrations et d’hésitations des erreurs de vouloir changer, le grand manitou, va les pousser à ne voir que la hauteur de leur nombril et la vague, risque de passer par-là. De résistance en maintien, ça va exploser. Mais, ils sont sur le qui-vive. Ils font exprès, mais ils ont la peur au ventre. Leur pouvoir est frileux et ils font entrer doucement, les étrangers qui s’installent partout et se transforment en tyrans, pour dire qu’ils sont majoritaires, à la triche.

Maintenant le PDCI RDA. Des jeunes brillants, pleins de vie, d’innovations, de technologie, déterminés, rassurants, des vrais actifs, brûlent. Les vrais courageux qui en ont marre et qui ont pris la mesure de l’adversaire pour le vaincre, sont devant la porte. Ils languirent. Pour peu, ils sont prêts à se jeter à l’eau, mais pas de visibilité certaine et rassurante. Ils sont là.  En fait, les aînés, du moins, leurs grands-pères ou leurs pères, noircissent leurs attentes et leur avenir. Ils sont dans l’attente, mais pour combien de temps et jusqu’à quand ? Cheveux blancs peints en noirs et les barbes aussi, plus noires que le noir, luttent le temps avec le temps présent qui ne leur appartient plus. Ils s’y accrochent pour empêcher leurs enfants bardés de diplômes sans travail depuis des lustres de monter sur le trône du gouvernail. A 70 ou 90 ans, c’est là que commence leur jeunesse. Au PDCI RDA, il ne fera jamais jour et tout le monde attend dans l’ombre des aînés. Tout est peint en noir et le jour, ne verra jamais le jour. Il est aussi peint en noir. Hum. Ils ont tous peur de dire la vérité et de se dire cette vérité. Quel gâchis. Quelle hypocrisie. Ils observent comme assis à la plage espérant voir l’autre bout de la mer. On tourne cette jeunesse en bourrique avec la magie de l’hypnose et de l’endormissement. Pauvre jeunesse militante de tout parti politique ivoirien. Et si elle savait que le ventre mou des vieux n’était pas encore plein.

Comment un grand parti comme le PDCI RDA, qui a gouverné pendant plus d’un demi-siècle la Côte d’Ivoire, peut perdre les notions les plus élémentaires pour la reconquête de ce même pouvoir d’état, perdu par un coup d’état en 1999, sous le règne de celui qui le tient, M. Bédié ? C’est terrible ça. Aujourd’hui, il a même perdu son mode de fonctionnement, ses stratégies et plus lamentable encore la communication. Le parti n’a plus ses bonnes habitudes et son avenir semble serré entre les branches des intérêts des aînés.

 Tous les anciens journaux du parti, ont été volés en éclat par le coup d’état de 1999. La communication du parti est aux abonnés absents et ils en sont conscients, mais comme ils ne veulent plus la survie de ce parti, ils laissent mourir le temps du passé sans conjuguer celui du présent. Les autres avancent et le parti est assis là où, le coup d’état l’a chassé. De 1999 à nos jours, il est statique, vieillissant, sans aucune vraie vision du présent et du futur. Tout y est sclérosé. C’est du chantage. C’est du mensonge. C’est le clientélisme. C’est du tribalisme pur et dur et le parti est bloqué. Mais au fait, c’est écrit où que le PDCI RDA serait la propriété privée, d’une seule tribu pour qu’il ne veille plus céder la place aux vaillants et actifs militants qui ne sont pas de cette tribu ? L’hebdomadaire jeune afrique, vient de publier que Bédié va se faire remplacer par M. Ahoussou Jeannot, un baoulé. A la présidence du conseil économique et social, se trouve encore un baoulé, Charles Koffi Diby. Depuis la création du parti, il n’y avait jamais eu un président d’une autre tribu. Je ne suis pas contre les cadres baoulé, mais le PDCI RDA est majoritaire et je ne comprends pas les raisons de ce tribalisme en son sein, ce parti qui a gouverné durant plus d’un demi-siècle. Et pourtant, il aurait tout à gagner, en changeant de stratégie pour diversifier. Si Ouattara fait du tribalisme, le PDCI RDA aussi fait son tribalisme politique.

Il y a des valables dans ce parti, mais, les tenants de ce petit pouvoir, cherchent à savoir leurs origines avant de leur confier des postes. Je sais combien de fois les Maurice Kakou Guikahué, dont le nom prête à confusion, souffrent. Chacun est assis sur la protection de son héritage et souvent de ses acquis à l’interrogation. Ils font croire qu’ils s’en soucient. Certains s’en réjouissent et beaucoup en rêvent. La majorité les regarde prendre leur plaisir. La vérité est absente et le mensonge règne en roi absolu. On fait croire que seuls les vieux ont le remède du pouvoir, enfermant complètement, les jeunes cadres qui, eux aussi, ont fait les grandes universités.

Ces cadres servent de cadre pour leur portrait, suspendus sur le long mur du siège. La maison du parti ne sait plus, le portrait de qui mettre, tantôt, c’est Ouattara, tantôt RHDP, l’esprit est troublé. L’ancien ministre Jean Louis Billon, celui-là qui est pressenti par les jeunes militants, ne peut jamais avoir l’aval du parti, parce que justement, il ne s’appelle pas Konan, Kouassi, Kouadio. PDCI RDA doit changer de stratégie pour reprendre ce pouvoir. Mais M. Bédié cherche un Konan ou Kouadio pour lui confier les rênes du pouvoir. Il en a trouvé enfin selon jeune Afrique, Ahoussou Jeannot, un autre baoulé comme lui que la base ne considère pas comme un militant actif. Toutes les grandes périodes électorales passent et le PDCI RDA est là.

Le pouvoir, lui, se promène de parti en parti. Il fait pitié ce pouvoir ivoirien. Il est contraint de rester encore là pour s’étouffer. Il voulait pourtant atterrir ailleurs. Le jour avance. Quand est-ce  que les militants du PDCI RDA comprendront que la vie évolue à un tel rythme avec ses contraintes dans tous les sens du terme et qu’il faut arrêter de jouer à des farces, c’est-à-dire, faire reculer la Côte d’Ivoire, comme si elle n’était pas assez en retard. Qui me disait que, quand le PDCI RDA val mal, la Côte d’Ivoire va mal ?

Le PDCI RDA le sait très bien, c’est pourquoi, il ferme ses yeux et sa bouche sur toutes les atrocités du pouvoir qui le mène en bateau, parce que ce PDCI RDA là trouve ses comptes. Tant que Ouattara est là, le PDCI RDA ne se portera jamais bien. Il le tient trop. Qui pour me dire le contraire pour qu’on avance ? Tout ce qui se passe dans les couloirs de ce parti, n’est que diversion car le parti unifié, l’a déjà avalé et je ne m’en réjouis pas mais j’en pleure. Comment vouloir mettre l’eau et l’huile ensemble dans l’espoir d’une mule. Ils n’ont rien en commun, mais ils forcent pour être un.

Est-ce que ça passera cette fois-ci ? Dernier virage dangereux pour un parti dont le président ne maîtrise plus l’appareil. Pourtant, si près du but. Eh président Bédié !! Je passais par là.

Joël ETTIEN

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.