Côte d’Ivoire: Bouaké, la ville qui garde les stigmates des crises militaro-politiques.

Bouaké, la ville qui se remet difficilement des traces des crises politico-militaires dont on s’est servi d’elle comme bastion et qui garde encore les stigmates de ces seigneurs de guerre. La ville de Bouaké autrefois la deuxième capitale de la Côte d’Ivoire, aujourd’hui, elle est balafrée par les multiples motos qui peuplent ses rues.

Bouaké la ville qui garde les stigmates

Quand on s’y promène pour quelqu’un qui l’a connue pendant les années sans souci et qui s’y retrouve, il y a de quoi à retenir le regard. Les baoulés qui étaient autrefois les plus visibles, ne le sont plus et on a l’impression qu’ils ont abandonné leur capitale ou fui les contingences pour laisser leur ville aux autres.

Le constat est patent et visible. Les baoulé n’existent plus dans Bouaké et le peu qu’on rencontre dans les rues, ne veulent pas parler et pourtant, ils ont le visage fermé de nostalgie, de rancœur et de douleur. Il est donc impérieux d’oxygéner la vie ivoirienne. Ce n’est pas parce que les gens ne disent rien qu’ils n’ont pas mal, ils étouffent, à les voir déambuler. Il faut passer à la réconciliation pour panser toutes ces plaies endémiques.

Les motos ont rempli les rues de la ville de Bouaké, mais on y retrouve toujours quelques vestiges qui fondent son histoire: la cathédrale, l’émetteur. Quant au grand marché, il a été démoli pour le reconstruire et les abords de la voirie au centre-ville, sont pris par les commerçants dont la grande majorité ne parlent pas le baoulé. On nous dit que beaucoup sont venus de la sous-région qui donnent une ambiance d’une ville qui sort de son profond sommeil.

Quelques voies principales comme la voie qui mène au centre-ville, Nimbo, est quasi impraticable et c’est la lutte entre les taxis rouges et les motos-taxis qui ne font pas porter de casque à leurs clients.

La ville bouge et on le sent. Le soleil de Bouaké n’a pas varié, qui se lève tôt avec sa chaleur aimable, mais la piscine qui faisait la fierté de la ville, n’existe plus. On nous informe que le popo-carnaval a été repositionné, mais on n’en a pas la preuve.

Les cars et autres camions venants des pays voisins, continuent de ronronner dans les rues de Bouaké. Bouaké semble revenir pour occuper sa place de deuxième grande ville ivoirienne, mais il faut qu’elle soit partagée par l’ensemble de ceux qui désirent y vivre, sans exception.

Les séquelles des crises militaro-politiques sont visibles même si les passants, habitués à les regarder, ne daignent pas leur accorder du crédit, mais elles existent. Les grandes rues bien éclairées le sont toujours, mais ce sont les militaires qui sont devenus bizarres.

Bouaké retient l’attention du pouvoir qui la surveille comme de l’huile sur le feu, car à force de faire d’elle la passoire des crises, elle pourra servir à d’autres, donc sur le sujet, le pourvoir ne badine pas sur la sécurité.

Nous sommes passés par là et voilà ce que nous avons observé à tort ou à raison, mais la vie y est belle. On se souvient de la belle chanson « Bouaké et sa piscine, ses rues bien éclairées. » La chanson me revient en sourdine. Au revoir Bouaké !

                                                      Joël ETTIEN

                           Directeur de publication : businessactuality.com

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